Méthodique ascension de François Compaoré

Publié le mercredi 4 avril 2012

Il a franchi un nouveau palier dans son
ascension vers le pouvoir suprême. De façon
méthodique, il avance ses pions. Rien pour l’instant
ne semble l’arrêter. Avec le dernier congrès,
il a définitivement fait le ménage au sein
du CDP. La FEDAP/BC a pris les commandes du parti pour servir
les ambitions de la famille.

Le dire peut prêter à sourire.
Sauf que les Compaoré sont au sérieux. Blaise
et François voudraient s’inspirer de Poutine, le
Russe. Si en 2015, Blaise Compaoré était acculé
au respect de la constitution, François pourrait
bien garder au chaud Kosyam pour cinq ans. En 2020, Blaise
n’aura toujours pas été frappé par
la limite d’âge, 75 ans (une des mesures consensuelles
du CCRP) et pourrait donc revenir encore pour deux mandats
à la tête du pays.
Le scénario n’était pas écrit tout
à fait comme ça au début de la création
de la FEDAP/BC, les circonstances ont obligé à
l’adapter. La création du " machin " avait
été pensée pour contourner et asphyxier
le CDP en le privant progressivement d’argent, tous les
gros financiers du CDP ont rejoint la FEDAP/BC et ensuite
des cadres. Les ressources humaines, notamment ceux en vue,
ont été alléchées par les postes
et les promotions. Si les premiers, les opérateurs
économiques ont été faciles à
débaucher, la tâche a été, curieusement,
plus difficile avec les ressources humaines. La migration
massive espérée ne s’est pas produite. La
FEDAP/BC qui était bien en mal de pouvoir décliner
ouvertement le dessein de sa création n’a pas eu
un discours suffisamment clair. Elle n’a pas dit qu’elle
venait remplacer et supprimer le CDP. Elle est venue en
soutien à Blaise Compaoré, un job que le CDP
faisait déjà extraordinairement bien. Alors
soutien pour soutien, les cadres ont préféré
rester dans leur structure originelle. Pour compliquer encore
plus la tâche de la FEDAP/BC, les responsables du
CDP étaient quand même des gens costauds. Un
Roch, un Salif et un Simon, c’est pas du n’importe quoi,
pour parler comme les gens de la rue. Avec eux à
la tête du parti, le dessein ne pouvait pas se réaliser.

Premier acte : débouler les monuments
L’approche par l’asphyxie n’ayant pas marché, il
a fallu réfléchir à une nouvelle stratégie.
Débouler progressivement les ténors du CDP
en occupant les places fortes. Le premier assaut a été
lancé contre la mairie de Ouagadougou, donc contre
Simon Compaoré, en 2006, après les municipales.
Le poulain de François Compaoré, un certain
Jean Christophe Ilboudo, devenu entretemps secrétaire
permanent des Engagements nationaux et maintenant membre
du bureau exécutif du CDP (secrétaire à
l’organisation chargé de la mobilisation des cadres,
comme par hasard) devait bouter Simon dehors. La pugnacité
d’un certain Salif Diallo a sauvé Simon Compaoré.
Puis en 2007, c’était Roch Marc Christian Kaboré
qu’on devait " scalper " après les législatives.
Autour de lui et avec l’entregent du même Salif Diallo,
les cadres du CDP font bloc. Il est reconduit à la
tête de l’assemblée nationale. L’animosité
entre Salif et François prend alors une tournure
mortelle. Interviewé par un confrère français,
dont L’Evénement a eu la primeur, le " petit
président " a des mots durs contre Salif Diallo.
" Salif, avait-il dit, pense que mes arguments ne sont
pas les siens. Je suis borné. Je n’aime pas que les
projets soient faits sans dossiers d’étude…
Lui fonctionne avec des projets spectaculaires et de propagande
". Le puissant Salif Diallo devient désormais
l’homme à abattre. L’année 2008 voit le début
de sa chute. Il est débarqué sans ménagement
du gouvernement et envoyé en " exil " à
Vienne (l’expression est de notre confrère L’Observateur
Paalga). Avec l’écartement de Salif, le CDP devient
plus fragile. Roch et Simon ont le courage de saluer les
mérites du camarade Salif Diallo, mais s’en éloignent
progressivement. En juillet 2009, ils s’en démarquent
complètement, quand celui-ci s’élève
contre la velléité de supprimer la limitation
du mandat présidentiel par une nouvelle révision
constitutionnelle. Abandonné et même rudoyé
par ses camarades, Salif Diallo est alors définitivement
mis hors jeu. Roch et Simon en se faisant les zélés
matadors de cette "mise à mort politique"
se sont quelque peu fait harakiri. Leur tour devait venir
et il ne tarda pas. La crise politique et sociale de 2011
a quelque peu contrarié les plans, mais pas le dessein.
Les proches de la famille présidentielle ont commencé,
dès le mois de juillet 2011, une fois le retour à
la normale assurée, à charger Roch Kaboré
de tous les péchés du Faso (Lire l’article
de Germain Nama dans L’Evénement du 25 janvier 2012
 : Ils ont réclamé sa tête, Roch la leur
offre sans résistance). Seul et vulnérable,
il ne pouvait rien. Sauf à sauver l’honneur, et c’est
ce qu’il a fait, en annonçant son départ,
avant le congédiement. Dans la foulée, Simon
Compaoré lui a emboité le pas. Le boulevard
était désormais ouvert. Le CDP en déshérence
était à investir. Il fallait organiser l’OPA.

Deuxième acte : ne pas réinventer
la roue !

En arithmétique, on dit que la ligne droite est le
plus court chemin pour aller d’un point à un autre.
C’est cette maxime que les créateurs de la FEDAP/BC
ont appliqué à l’occasion du dernier congrès
du CDP. Pour aller vite au pouvoir, mieux vaut une machine
déjà rodée, plutôt que de perdre
son énergie à en fabriquer une autre. C’est
une nouvelle phase de la vie de ce parti qui est ainsi ouverte
et qui va s’écrire sous l’égide de François
Compaoré. A ce stade, on est obligé de constater
qu’il a méthodiquement écarté tous
ceux qui pouvaient être un obstacle à son ascension
politique. Il hérite du CDP dont il est désormais
la principale personnalité influente. Assimi Kouanda
est en réalité un gestionnaire du parti et
non le patron. Un secrétaire exécutif a toujours
un supérieur au dessus de lui. En général,
ce supérieur en est le propriétaire. En l’occurrence
ici, ce sont les Compaoré et l’administrateur représentant
la famille, c’est François Compaoré. Il a
investi le parti avec ses lieutenants de la FEDAP/BC. Trois
postes stratégiques sont entre leurs mains :
Jean Christophe Ilboudo s’occupe des " structures "
du parti et du recrutement des cadres. Il s’agira d’assurer
la prise en main complète du parti avant les scrutins
à venir.
Gaston Soubéiga, jusque là patron de la FEDAP/BC
va prendre en charge l’aspect administratif et François
Compaoré lui-même se réserve la gestion
des associations. Un poste stratégique sans doute
pour se faire une assise populaire.
On ne peut pas imaginer tout cela pour rien. Ceux qui croient
que Blaise Compaoré a renoncé à 2015
peuvent commencer à s’interroger. Peut-on faire une
telle purge juste pour rien ? C’est improbable. Les Compaoré
pourraient donc réussir là où Wade
a échoué au Sénégal. Une succession
dynastique, les Burkinabè pourraient bien s’en accommoder.
En tout cas, François Compaoré n’a jamais
été aussi bien positionné pour succéder
à son frère.

Par Newton Ahmed
Barry

La composition
du bureau exécutif :

01 Secrétaire Exécutif National : KOUANDA
Assimi

02 Secrétaire Exécutif National Adjoint
chargé de l’Orientation Politique : NABOHO
Kanidoua

03 Secrétaire Exécutif National Adjoint
chargé des Relations avec les partis et formations
politiques à l’intérieur : YODA Bédouma
Alain

04 Secrétaire Exécutif National Adjoint
chargé des Relations Extérieures :TAMINI/BIHOUN
Pascaline

05 Secrétaire à l’Organisation POODA
 : Ollo Anicet

06 Premier Secrétaire Adjoint à l’Organisation
chargé des structures du Parti à l’intérieur
et de la mobilisation des cadres : ILBOUDO Jean Christophe

07 Deuxième Secrétaire Adjoint à
l’Organisation chargé des structures du Parti
à l’extérieur :SAWADOGO Salifou

08 Troisième Secrétaire Adjoint à
l’Organisation chargé des secteurs structurés
et des marchés et yaars : TIEMTORE Salifo

09 Secrétaire aux Affaires Juridiques et aux
Droits Humains :BOUGOUMA Jérôme

10 Secrétaire Adjoint aux Affaires Juridiques
et aux Droits Humains : KABORE/KABORE Eliane

11 Secrétaire chargé du Mouvement Associatif
 : COMPAORE François

12 Secrétaire Adjoint chargé du Mouvement
Associatif :YAGO Alpha

13 Secrétaire à la Communication :
TAPSOBA Achille Marie Joseph

14 Secrétaire Adjoint à la Communication
 : VOKOUMA/BOUSSARI Jocelyne

15 Secrétaire Administratif du Parti : SAWADOGO
Blaise

16 Secrétaire Administratif Adjoint du Parti
 : SOUBEIGA Gaston

17 Secrétaire chargé du Contrôle
et de la Vérification : BARRY Yacouba

18 Secrétaire Adjoint chargé du Contrôle
et de la Vérification : HAMA Baba

19 Secrétaire chargé des Organisations
de la Société Civile :OUATTARA Soungalo

20 Secrétaire Adjoint chargé des Organisations
de la Société Civile : DIENDERE/DIALLO
Fatoumata

21 Secrétaire à la Trésorerie
:SAWADOGO Zambendé Théodore

22 Secrétaire Adjoint à la Trésorerie
 : KONE Léonce

23 Secrétaire à la Formation Politique
et Civique : TRAORE-NIGNAN André Moïse

24 Secrétaire Adjoint à la Formation
Politique et Civique :OUEDRAOGO Michel

25 Secrétaire aux Relations avec le Groupe
Parlementaire et au Suivi des Elus Nationaux : SAWADOGO
Mahama

26 Secrétaire Adjoint aux Relations avec le
Groupe Parlementaire et au Suivi des Elus Nationaux
 : SERE/SREME Saran

27 Secrétaire aux Grandes Consultations Electorales
 : COMPAORE Jean-Léonard

28 Secrétaire Adjoint aux Grandes Consultations
Electorales : OUEDRAOGO Cathérine

29 Secrétaire à la Décentralisation
et aux Relations avec les Elus Locaux : ILBOUDO Marin

30 Secrétaire Adjoint à la Décentralisation
et aux Relations avec les Elus Locaux : GUIGMA/DIASSO
Mariam Marie Gisèle

31 Secrétaire au Développement Economique
et à la Prospective : DABIRE Bonoudaba

32 Secrétaire Adjoint au Développement
Economique et à la Prospective : SAWADOGO/
THIOMBIANO Fati

33 Secrétaire chargée de la Mobilisation
des Femmes :TRAORE-NIGNAN/YAGO Pauline

34 Secrétaire Adjointe
chargée de la Mobilisation des Femmes : TRAORE/SANOU
Hélène

35 Secrétaire chargé de la Mobilisation
des Jeunes :DERME Salam

36 Secrétaire Adjoint chargé de la
Mobilisation des Jeunes KOURAOGO Marcel

37 Secrétaire chargé de la Mobilisation
des Anciens :OUEDRAOGO Salifou

38 Secrétaire Adjoint chargé de la
Mobilisation des Anciens : SOME Sally

Liste des conseillers politiques nationaux du CDP

01 TIAO Béyon Luc Adolphe
02 KABORE Roch Marc Christian
03 YONLI Paramanga Ernest
04 COMPAORE Simon
05 YE Bongnéssan Arsène
06 TRAORE Mélégué
07 DIALLO Salifou
08 GUISSOU Laetare Basile
09 DICKO/AGALEOUE Adoua Maria Goretti
10 BELOUM/OUEDRAOGO Cécile
11 BONKOUNGOU Juliette
12 YAMEOGO Tandaogo Jean Hubert
13 SAWADOGO Dimfangodo Salifou
14 PALM Domba Jean Marc
15 CISSE Abdoulaye Abdoulkader
16 SAWADOGO Pengdwendé Clément
17 OUEDRAOGO Jean Bertin
18 OUATTARA Benoît
19 SANON Thomas
20 KORSAGA/KEITA Kadiatou
21 KYELEM Blaise Lambert
22 OUEDRAOGO Norbert
23 SEDOGO Laurent
24 BASSOLE Djibril

 


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