Pourparlers de paix au Mali : Gouvernement et groupes armés autour de Blaise Compaoré

Publié le lundi 17 juin 2013

Malgré le bouleversement de l’agenda des négociations du aux prétentions nouvelles du gouvernement malien, les discussions ont repris samedi matin à Kosyam.

Du côté des groupes armés, il y avait le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA). Les négociations qui devaient démarrer vendredi ont du être ajournées en raison de l’absence du chef de la délégation gouvernementale, une absence qui s’explique par la volonté de ce dernier d’élargir le cadre de négociation. Tiébilé Dramé a en effet souhaité un dialogue inclusif associant les représentants de tous les groupes armés des territoires du nord. Si Blaise Compaoré ne s’est pas opposé à ces nouvelles exigences, il a par contre changé le scénario des négociations en recevant séparément les différentes délégations. L’ordre du jour qui a été rendu public se déroule en quatre points : 

1- La cessation des hostilités qui créera les conditions de sécurité indispensables à la tenue d’élections libres et transparentes tout en favorisant le retour des réfugiés et des personnes déplacées.
2-
 Le redéploiement de l’administration générale, des services sociaux de base, des forces de défense et de sécurité au Nord du Mali et en particulier à Kidal selon des modalités pacifiques qui seront négociées.
3-
 La création de mécanismes de suivi et d’évaluation comme mesure d’accompagnement composés des pays et organisations partenaires techniques et financiers du Mali.
4
- La poursuite des pourparlers de paix après l’élection présidentielle en vue de l’établissement d’une paix définitive et d’un développement durable et inclusif dans le nord du Mali.

C’est donc autour de ces quatre points qu’ont débuté samedi les discussions inter-maliennes. De toute évidence, la priorité dans ces négociations semble être la cessation des hostilités dans les environs de Kidal pour permettre le déroulement des élections dont la date du premier tour a été fixée le 28 juillet prochain. Kidal où sont cantonnées les forces du MNLA est la principale pomme de discorde entre le MLNA et le gouvernement malien. Si le groupe rebelle ne s’oppose pas au redéploiement de l’administration malienne, par contre celui de l’armée pose problème. Le MLNA qui s’oppose à l’entrée de l’armée malienne dans ce qu’il considère être son fief demande que les troupes onusiennes prennent en charge la sécurisation de la ville, en attendant qu’un accord soit trouvé en ce qui concerne le statut de cette région voire de l’Azawad. Quels sont les moyens dont dispose ce groupe pour peser dans la balance ? Sa capacité de nuisance. S’il ne peut empêcher l’armée malienne de prendre la ville, il peut en revanche perturber voire empêcher le processus électoral de se dérouler. A en juger par les discours, les parties semblent être animées par la volonté de parvenir à un accord. Les deux parties ont le même parapluie, la France. Or celle-ci par la bouche de François Hollande se veut intransigeante sur la question de l’agenda électoral. Aucune partie ne veut fâcher cet allié important. L’accord de Ouagadougou aura donc bien lieu. Il faut cependant attendre la fin des pourparlers pour en connaître les contours précis.

GBN 


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