Lucarne citoyenne N°257

Publié le lundi 17 juin 2013

Que f ont les journalistes qui couvrent les sorties du chef de l’Etat ?

Quand Blaise Compaoré est en déplacement, c’est tout un monde qui le suit, en particulier les journalistes afin que les Burkinabè ne manquent rien du voyage du chef de l’Etat. Oh bien sûr ! Ce n’est pas une exclusivité de notre chef de l’Etat. Tous ses pairs font la même chose. Mais les journalistes qui font partie du voyage doivent savoir qu’on ne leur demande pas de faire du journalisme mais de la communication. Il faut suivre scrupuleusement l’agenda du chef de l’Etat, afin de ne rien manquer des audiences qu’il accorde généralement à son hôtel. A Addis Abeba, l’hôtel préféré de Blaise c’est le Hilton. Il semble que les suites y sont assez spacieuses et offrent des commodités que des hôtels flambant neufs n’ont pas. Mais à Addis, les activités liées au cinquantenaire ne se déroulaient pas au Hilton mais au nouveau siège de l’UA et dans les sites retenus pour les activités du cinquantenaire. Si par bonheur les activités du chef de l’Etat coïncident avec celles de l’UA, les journalistes qui le suivent peuvent profiter comme on le dit de l’huile du haricot. Malheureusement ce n’est pas toujours le cas. Au millenium hall où se déroulait l’activité phare, il n’y avait pas de Blaise Compaoré. Comment alors couvrir cet événement de si grande importance autrement peut-être que de le faire à travers le petit écran ? Et même là ça dépend de ce que fait le chef de l’Etat. Alors que le sommet qui s’est ouvert le 26 devait clôturer dans l’après midi du 27, notre président a repris la route du Faso dès le 26 soir avec naturellement ses journalistes. C’est une situation très peu commode pour ces journalistes mais comment le faire savoir sans entraîner des conséquences ? Ils sont quand même bienheureux de sortir avec le boss surtout qu’il y a des v’lopes. Le travail professionnel peut attendre aussi longtemps que les organes dont ils dépendent n’accepteront pas de sortir l’argent pour ça

· La conscience panafricaniste ne se décrète pas

Pour notre compatriote Jean Baptiste Natama, directeur de cabinet de la présidente de la commission de l’Union africaine, le panafricanisme est un impératif de développement pour l’Afrique. Malheureusement les chefs d’Etat africains ont pas la même approche. Plutôt que de s’épuiser en querelles idéologiques, Jean Baptiste Natama pense que ceux qui croient réellement aux Etats-Unis d’Afrique doivent se donner les moyens politiques pour y parvenir. Cette lutte croit-il ne pourra être gagnée qu’en se ralliant les opinions publiques africaines. Cela exige un véritable travail de terrain au sein des organisations de masse de la société civile, au sein des partis politiques, de la jeunesse et des femmes sans lesquelles rien ne peut prospérer. C’est un travail certes difficile mais nécessaire. Pensez-vous qu’au sein même de la commission de l’Union africaine tous les commissaires savent ce que c’est que le panafricanisme ? Non répond-il. La culture politique africaine n’est pas la mieux partagée au sein de la commission. Il en résulte nécessairement qu’il y a quelque chose à faire afin que ceux qui sont chargés d’animer les institutions de l’union soient au diapason des défis auxquels l’Afrique se trouve confrontée. Nos responsables politiques doivent arrêter de considérer l’institution panafricaine comme une boîte dans laquelle ils vont caser leurs protégés. A l’occasion du cinquantenaire, Jean Baptiste Natama s’est fendu d’un message dans lequel il livre sa vision de l’Afrique de demain. Il en a dans la tête ce monsieur ! Mais attention ! Les présidents fondateurs pourraient considérer qu’il leur fait de l’ombre. Au Gondwana, les choses ne sont jamais simples.

 Affaire Aline Yogo contre BICIAB


La décision du tribunal dans l’affaire Aline Yogo contre la BICIAB est tombée comme prévu le 27 mai dernier. Contre toute attente, les juges du TGI ont estimé, quant à l’infraction de harcèlement sexuel, que les preuves n’étaient pas suffisantes pour établir la culpabilité du sieur Ibrahim Traoré. Pour ce qui concerne la dénonciation calomnieuse, il a tranché en la forme en déclarant les délais prescrits. Le tribunal a visiblement choisi de fermer les yeux sur cette affaire. Pour une fois que dans une affaire de harcèlement sexuel il existe des indices concordants qui accablent le harceleur, difficile de comprendre cette attitude du tribunal que d’aucuns qualifieront de machiste. L’exhumation d’un dossier classé et son exploitation à des fins sexuelles, les témoignages de victimes dans le rapport de gendarmerie établissant la réputation de harceleur du sieur Traoré, la production de faux pour mettre en cause la victime, tout cela ne compte que pour du beurre pour le tribunal. Même là où la chose était indiscutable notamment sur la dénonciation calomnieuse, les juges, tels des mules n’ont rien voulu voir. C’est un véritable scandale. Faut-il que les femmes de la BICIA descendent dans l’arène pour que la justice ait un sentiment pour les faibles ? L’affaire ira probablement en appel et il faut espérer que les juges d’appel sauront mieux traquer la vérité.

 


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