François Compaoré:Le « dieu » qui prend les handicapés pour des mendiants

Publié le lundi 17 juin 2013

Le samedi 25 mai 2013, le CDP/Kadiogo a animé un meeting sur la place de la Nation/Ouagadougou, pour remercier ses militants et électeurs pour le soutien lors des couplées de décembre 2012. Au-delà de toute politique politicienne, certains ont tenu des propos « inciviques » dont les conséquences peuvent s’apparenter à celles d’une arme de destruction massive pour la cohésion nationale. Si François Compaoré a été considéré comme un « dieu », ce dernier n’a pas moins hésité à qualifier les « handicapés » de « mendiants ». L’occasion a été donnée de désillusionner les jeunes quant à vouloir une place au futur sénat et d’afficher clairement l’ambition de modifier la Constitution en son article 37.

« Ceux qui détruisent et cassent ce sont les enfants de l’opposition et non du CDP » Ce sont là les propos d’Ambroise Tapsoba tenus lors du meeting. Pour tout Burkinabè conscient, quelles peuvent être les conséquences de telles paroles ? Monsieur Tapsoba veut dire que les casses survenues en 1998 suite à l’assassinat de Norbert Zongo, celles des militaires en 2011 et toutes les autres sont à imputer aux enfants de « l’opposition ». De tels propos sont à ranger au chapitre de « l’incivisme moral ». Tout simplement parce qu’ils n’incitent pas à la paix. .

Ces invectives de Tapsoba sont apparemment partagées par les ténors du parti, comme Arthur Kafando. Seul le Larlé Naba est revenu sur ces propos pour les atténuer. « Ceux qui détruisent et cassent ne sont pas les enfants des autres mais les nôtres » a-t-il dit.

Handicapé égal mendiant

François Compaoré, celui qui est supputé remplacer le grand frère à Kosyam, fait preuve de maladresses. Pour lui, les « handicapés » sont des « mendiants ». Lors du meeting, en saluant les personnes en situation de handicap, il dit : « Boânsa » qui signifie en mooré mendiants. Cette bourde a certainement mis mal à l’aise le directeur provincial du CDP, Arthur Kafando qui s’est senti obligé de rectifier le tir lors de son intervention, à cette nuance près que ces arguments ne tenaient pas la route eux aussi. Il a en effet excusé ce dernier en disant que ce n’est pas ce que François Compaoré voulait dire mais plutôt « Koamsa » équivalent de « handicapé » en mooré. Pour lui, le « futur président » ne « maîtrise » pas bien le mooré sa langue maternelle. 

François Compaoré comparé à Dieu

Dans les tribunes, ça murmurait. François Compaoré est un musulman. Il faut qu’il assume le nom qu’il porte. Quand le Larlé Naba a pris la parole, il est revenu sur cet aspect. Même les coutumiers aimeraient le garder avec eux dira-t-il. Pour lui, tout compte fait, il est préférable que François Compaoré garde son nom catholique. Pour s’expliquer à ce sujet, il fait référence au pape François. Si le chef de l’église catholique a pris ce nom c’est au regard des valeurs qu’a incarnées Saint François d’Assise. François Compaoré est donc un homme proche des pauvres, de la veuve et de l’orphelin selon le représentant des chefs coutumiers. Quand l’intéressé lui-même a pris la parole, il a accepté tous les noms avec leurs conséquences. Il (François Compaoré) a fait savoir qu’avoir plusieurs noms dénote de l’importance de la personne. Pour le prouver, il n’est pas allé loin. Le cas de Dieu est illustratif selon lui : on l’appelle Dieu, Allah, bouda, Yahvé et même Wende. 

Sa femme aussi, Salah Ouédraogo, a été élevée au rang de déesse. C’est Rose Ilboudo, parlant au nom des femmes, qui l’a ainsi déifiée. Selon Mme Ilboudo, avant il ne pleuvait pas, mais Salah Ouédraogo a fait venir la pluie (ces propos voilent quelque chose comme argent selon certaines personnes). Pour elle, finir son intervention sans remercier la bienfaitrice « c’est comme oublier Dieu ».

L’arrogance maladive

Rose Ilboudo s’est vraiment fait remarquer. Les évènements de 2011, elle s’en est lavé les mains. Avec un ton arrogant, elle martèle que le : « CDP se suffit à lui-même » et que « le sénat sera installé ». Elle va jusqu’à se libérer et dire : « Même la Constitution, on la révisera pour permettre à Blaise Compaoré une présidence à vie ». Si Arthur Kafando n’a prononcé aucun mot sur ce sujet, il n’a cependant pas manqué l’occasion d’invectiver implicitement l’ADF/RDA qu’il qualifie d’ « allié de circonstance » à cause de son vote contre le Sénat. « Certains qui ont participé à tout le processus d’adoption de cette loi se déclarent aujourd’hui contre l’instauration d’un sénat. Ces alliés de circonstance, voguant au gré de leurs intérêts, viennent de perdre le peu de crédit dont ils pouvaient se prévaloir. Il faut arrêter de penser que les Burkinabè sont atteints de nanisme politique en voulant faire passer des vessies pour des lanternes ». Sans passer par quatre chemins, Arthur Kafando a confirmé leur position « anti-jeunes » dans la composition du sénat. « Répondant à l’ADF/RDA qui reproche au sénat de ne pas représenter les jeunes, Arthur Kafando dira net aux jeunes militants présents : « les jeunes, ce n’est pas votre endroit, c’est pour les vieux ! »  

Basidou  KINDA 

 


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