Le métèque Georges Moustaki n’est plus

Publié le mardi 18 juin 2013

  « Avec ma gueule de métèque/De Juif errant, de pâtre grec/Et mes cheveux aux quatre vents/Avec mes yeux tout délavés/Qui me donnent l´air de rêver/Moi qui ne rêve plus souvent/Avec mes mains de maraudeur/De musicien et de rôdeur/Qui ont pillé tant de jardins. » Cette poésie dont se souviennent beaucoup de soixante-huitard d’ici et d’ailleurs, est sorti pourtant une année après que dans les rues de Paris les étudiants aient crié, « Sous les pavés, la plage ! ». C’était l’époque ! Giuseppe Mustacchi à l’état civil, alias Georges Moustaki auteur-compositeur-interprète et instrumentiste est parti à jamais dans la nuit du 23 mai 2013, à l’âge de 79 ans. Il est né, de parents juifs, grecs, à Alexandrie (Egypte) le 3 mai 1934. Ce chanteur poète,
disait avoir beaucoup d’admiration pour un autre Georges (Brassens) d’où l’adoption de ce prénom comme nom d’artiste. En 1969 avec "Le Métèque" il fait un tabac dans le monde entier. Ce natif d’Afrique était au-delà de ses chansons sentimentales, fortement engagé. Certain le disait même trotskyste. Arrivé en France, adolescent, il a exercé mille métiers dont celui de journaliste, de peintre, d’écrivains, de musicien de film, etc. Le promoteur de la révolution permanente était un être plein de tendresse. Atteint d’un mal irréversible, il avait arrêté de chanter depuis 2009. Lors d’une de ses dernière interview, il déclarait par rapport aux avant dernières présidentielles françaises : « Le plus cabotin dans cette campagne, c’est Jean-Luc Mélenchon, qui est très bon. En 2007, j’avais soutenu Ségolène Royal. Je m’étais "mouillé". Je n’avais pas de sympathie pour ce que représente Sarkozy. Etais-je en accord avec toutes les idées de Ségolène ? Non. Pour la simple et bonne raison que je ne suis d’accord avec aucune idée politique de manière inconditionnelle. Ce n’est pas dans le monde que l’on propose, ce monde politique, des programmes électoraux, que j’aimerais vivre. J’ai des objectifs marginaux, alors tous les programmes électoraux ne me concernent pas. Je n’ai pas demandé de retraite, ni de sécurité sociale. Bien sûr, j’ai des sympathies de gauche, parce que c’est là que je rencontre les gens les plus proches de moi. Ma sensibilité se rapproche des libertaires, des grévistes. Pas d’une idéologie ni d’une mouvance. Je n’ai   ni pour vocation ni pour mission d’imposer mes idées. » Chantre de la diversité culturelle, Moustaki a fait rêver de nombreux mélomanes africains. Il avait un guitariste brésilien (Tonino) depuis 1997, avec lequel il a joué en France et à l’étranger notamment au, Sénégal, Nigéria, Afrique du Sud. C’est au célèbre Cimetière de l’Est parisien, du Père Lachaise qu’il a été inhumé le lundi 27 mai 2013, à quelques mètres d’une de ses ex…la non moins célèbre Edith Piaf, pour qui il avait composé Milord en 1958. Adieu artiste !    

 Ludovic O KIBORA


 

 

 

 


Commenter l'article (1)