CERESSE : Le football, une idée de Zaïdi Compaoré pour promouvoir les droits de l’enfant

Publié le mercredi 4 avril 2012

Le Promoteur, Zaïdi Compaoré en Interview

Le Centre d’Education et de Réinsertion Sociale (CERESSE) est un centre dont les objectifs touchent plusieurs secteurs de la vie. Son promoteur et fondateur Zaïdi Compaoré, ancien international de football burkinabè, veut faire de la promotion des droits de l’enfant à travers ce qu’il a le plus adoré et pratiqué lui-même : le football.

Le CEREESE a ainsi été fondé en 1999 d’abord sous l’appellation très sportive de Centre Jeunesse Football du Burkina (CJF). C’est en 2002 que le centre a pris le nom de CERESSE en intégrant très activement l’aspect éducation, prise en charge et réinsertion sociales. Derrière l’idée de création du centre de football, c’est plus l’épanouissement des enfants (en difficultés) qui inspirait l’ancien international burkinabè à s’investir dans le bien être des enfants. A la création du CJF en 1999, une équipe technique du centre était chargé de recruter des enfants scolarisés ou non et qui s’intéressaient au football. Le Centre se met aussitôt en place et les premiers recrutements eurent lieu dans la même année 1999. C’est au cours des visites de terrain lors de matchs d’entrainement ou de compétition dans les quartiers que l’équipe technique du CJF procédait à la détection de jeunes talents du football. La démarché consistait à aborder les enfants immédiatement après les matchs. Le contact avec les enfants apparait être un exercice facile pour l’ancien footballeur bien connu des jeunes fans du ballon rond. Ces visites avaient lieu dans les quartiers populaires de Ouagadougou tels Larlé, Zangoetin ou encore Samandin (au terrain du Mogho Naaba). Le recrutement se faisait aussi simplement sans aucun protocole. Parmi les enfants recrutés, on dénombre des scolaires, des enfants non scolarisés et des déscolarisés. Mais aux yeux du promoteur du Centre, il n’y a pas de différence de classe ou de statut entre ses recrues. Pour lui donc, « le football permet de gommer les différences sociales ». Dans le souci de réunir tout le monde, les entrainements se font les weekends et les après midis sans classes. Les périodes comme les congés et les vacances annuelles sont des moments propices aux grands entrainements. Le Centre jeunesse football en profitait pour prendre part aux compétitions des vacances telles vacance en foot lancée à partir de 1998. Cette compétition réunissait plus de 400 jeunes joueurs et le CJF se compte parmi les pionniers de cette compétition. Les enfants recrutés par le CJF ont une moyenne d’âge de 12 ans et la formation d’une promotion a une durée normale de 4 ans. Dans cette écurie, on a eu des joueurs qui montent comme Boubacar Ouédraogo (international espoir cadet et junior), Abass Compaoré qui joue actuellement au Nigéria, Ouédraogo Aziz actuellement au club de Lens en France. En 13 ans d’existence, plus de cents jeunes ont été formés par le CJF devenu CERESSE et au moins une trentaine a une carrière de footballeur, selon le promoteur du Centre.

 

Un programme de scolarisation et de football

 

Le fondateur du CERESSE est un homme à la tête bien faite. Si Zaidi Compaoré a été révélé au public par le football, on peut rappeler que le footballeur a aussi un brillant cursus scolaire et universitaire. Du lycée Philippe Zinda Kaboré où il a fait ses études secondaires, il est ensuite entré à l’Université de Ouagadougou où il a obtenu en 1994 le DEUG 2 de sociologie. Aujourd’hui encore il poursuit des études en MASTER. S’inspirant de son exemple, il veut aider les enfants à concilier les études et le sport notamment le football. A partir d’octobre prochain, le CERESSE accueillera des élèves footballeurs pour la classe de 6ème. Ces élèves poursuivront leur cursus scolaire normal en même temps qu’ils seront encadrés dans une formation de football. Le 16 février passé, le CERESSE a procédé au lancement officiel de son programme régional de scolarisation et d’élèves footballeurs. Ce lancement qui a eu lieu dans la salle de conférence de la Fédération Burkinabè de Football est une nouvelle aventure qui s’ouvre au CERESSE dont le programme était jusqu’ici basé sur la formation sportive.

Le programme dénommé « Aider les futurs footballeurs africains dans leur réinsertion sociale » vise à préparer en amont de la carrière footballistique des jeunes, leur future reconversion. Pour cela, il faut assurer aux futurs footballeurs, une formation académique dont ils pourront se servir après l’arrêt de leur carrière sportive. Selon Zaïdi Comporé, « la carrière d’un joueur dure une douzaine d’années » et l’après carrière ne doit pas être envisagée seulement après que le joueur a cessé d’être en activité. C’est là tout le sens de l’Institut qui se met en place. L’Institut Planète international Wend-Solom (du CERESSE) qui va accueillir ses premiers pensionnaires dès la rentrée d’octobre, est en construction au quartier Ouaga 2000. A partir de la troisième année du programme, l’Institut se déportera à Loumbila.

Le CERESSE dispose dans cette commune située à une dizaine de Kilomètres de Ouagadougou, d’un terrain de plus de 31 800 m² où seront érigées les installations définitives du Centre.

Le programme prévoit chaque année recruter trente élèves âgés de10 à 14 ans qui seront admis à l’Institut à l’issue d’une sélection qui sera faite par un jury pluridisciplinaire. Sont éligibles les élèves des classes de CMII, de 6ème et de 5ème et ils bénéficieront de bourses d’études. Sur dix années, ce sont en tout 300 bourses d’études que le CERESSE mettra à la disposition des pensionnaires de son Institut, à raison de 30 bourses par an. Dans le rêve qu’il est sur le point de réaliser, le CERESSSE n’est pas seul. Il a le soutien d’importants partenaires que sont Future’s World Fondation, donatrice des bourses et Proconsult Afrique qui appuie le CERESSE pour la mise en œuvre du programme au niveau national et régional. Au niveau national, le projet a déjà enregistré le soutien de cinq ministères dont les premiers responsables ont eu à adresser des messages de soutien à l’occasion du lancement du programme en février. Ce sont par exemple le ministère de l’enseignement de nationale, le ministère des sports et des loisirs, le ministère de l’action sociale. En sa qualité d’ancien ministre de la promotion des droits humains, Salamata Sawadogo (désormais ministre de la Justice depuis le 13 février) avait assisté au lancement du programme en février et avait laissé ce message « Le CERESSE/Burkina était l’un des partenaires les plus dynamiques du ministère que j’ai eu l’honneur de diriger. Il a honoré avec sérieux et compétence toutes les activités pour lesquelles sa participation active était requise. ». À terme, l’objectif que vise le programme est de « former 300 pensionnaires dont 80% d’intellectuels de haut niveau et 20% de footballeurs professionnels ». Ces intellectuels et sportifs seront en mesure de « créer des entreprises et de participer ainsi à réduire la pauvreté, le chômage et le banditisme dans les milieux jeunes ». Pour ses objectifs et ses actifs, le CERESSE a déjà reçu en 2006, une distinction dans l’ordre du mérité burkinabè. En 2009, lors du 20ème anniversaire de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, organisé par l’Unicef, les enfants du CERESSE avaient remporté le premier prix de l’atelier photos et dessins. L’Unicef qui est également un partenaire du CERESSE a soutenu entre 2002 et 2008, une initiative du CERESSE qui consistait à offrir à des enfants en difficulté, des tickets d’entrée lors des grands rendez-vous culturels tels que le FESPACO et le SIAO. Les enfants étaient guidés dans les salles de ciné ou dans les stands d’exposition par le CERESSE. Selon Zaïdi Compaoré, cet accompagnement a permis de réinsérer beaucoup d’enfants socialement, « certains se sont découvert une passion pour l’art » et y sont restés. 

 

Les forces Armées, un soutien indéfectible du CERESSE

  Colonel Georges Compaoré, Directeur central des sports des armées, en compagnie des epnsionnaires du CARESSE

L’homme qui a fondé le CJF devenu le CERESSE est un footballeur. Ancien joueur de l’équipe nationale de football, Zaïdi a prit part à la CAN 98. Il a joué dans les clubs sportifs comme le SANTOS et l’Union sportive des Forces Armées (USFA). Zaidi n’a pas appris qu’à tirer le ballon. Footballeur depuis son jeune âge, il devient fonctionnaire des Forces Armée Nationale en 1994. C’est un sous officier de l’Armée et il est toujours en fonction. Il pense que le succès du CERESSE, il le doit en grande partie aux Officiers supérieur des Forces Armées qui le soutiennent depuis sa carrière personnelle jusqu’à la création du CJF. Ces soutiens se poursuivent encore sous diverses formes, notamment à travers les encouragements de ses supérieurs et des dons de ballons à son Centre. L’Etat Major des Forces Armées est présent lors des cérémonies et autres manifestations publiques organisées par le CERESSE.

Par Boukari Ouoba


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