Responsabilité sociale et implication du genre:Le NDI encourage les journalistes à plus de persévérance

Publié le vendredi 31 mai 2013

« On n’obtient rien les bras croisés, il faut oser aller au bout de ses engagements au prix parfois de sa vie pour bénéficier des fruits de ses luttes » : cette déclaration de la journaliste indépendante égyptienne, Shahira Amin est pleine de sens. Elle exhorte les journalistes burkinabè à affronter la peur dans l’exercice de leur métier tout en rappelant la responsabilité sociale qui entoure la pratique du journalisme. Femme battante, elle ouvre la voie à l’implication du genre dans tout ce que les humains font afin de lever les verrous des stigmatisations dont les femmes en font les frais dans le monde. Ces propos viennent dans un contexte où le National Democratic Institute (NDI) a estimé qu’il faut renforcer les capacités des journalistes burkinabè sur leur responsabilité sociale et sur l’implication du genre dans le traitement de l’information. Cette idée épousée par le global center for journalism and democracy basé aux Etats Unis, s’est concrétisée au Burkina à travers un séminaire de formation à Azalaï hôtel les 14, 15 et 16 mai derniers au profit d’une cinquantaine de journalistes. Sous la conduite du principal formateur venu des Etats Unis, les échanges ont porté sur journalisme et responsabilité social, genre et média, recherche objectifs basée sur la réalité des faits,analyse genre pour une recherche complète, analyse genre pour un bon reportage, genre et politique. L’approche utilisée était basée sur le témoignage. Ainsi, Shahira Amin s’est appesantie sur le printemps arabe en évoquant son combat en tant que femme lors des manifestations à la place tahrir. Elle a affirmé avoir subit toutes les pressions en vue de l’intimider dans sa volonté de dénoncer les actions politiciennes du pouvoir à l’encontre des populations. Elle a tenu bon jusqu’à renoncer à son poste de responsable adjointe de la télévision d’Etat en démissionnant. Elle affirme s’être guidée par un journalisme responsable en prenant le temps de vérifier ses sources d’informations avant de publier ses révélations. Toute chose qui doit selon elle figurer en bonne position dans l’exercice du métier du journaliste. En tant que femme, elle a mis l’accent sur les capacités réelles de la femme à travailler et à être l’égale de l’homme. Et, pour ce faire elle a, tout au long de la formation réaffirmé son intention de voir les journalistes burkinabè tenir compte de la femme dans les différents articles. Elle affirme que les femmes souvent réussissent mieux les combats que les hommes. C’est pourquoi elle demande aux hommes de prendre l’exemple de certaines femmes pour mieux réussir leurs missions. Surtout que selon elle le journalisme n’est pas un métier facile, elle souhaite voir émerger plus de femmes. La deuxième communicatrice, Sonja Lokar est aussi revenue sur la comparaison du nombre de femmes à exercer le métier du journalisme et a surtout mis l’accent sur le courage que tout journaliste doit avoir dans sa fonction. Elle avoue que ce n’est pas facile pour les journalistes d’entraîner un changement démocratique mais c’est possible. Quel que soit le type de régime d’un pays, le journaliste peut toujours mener son combat pour le changement et aboutir à un résultat concluant car le journalisme est le 4epouvoir et c’est normal donc que celui-ci arrache sa liberté. Elle va au-delà en affirmant que les journalistes ont un moral très élevé par rapport aux politiciens parce qu’ils disent la vérité contrairement à ces derniers. Néanmoins elle invite à obliger les politiciens à rendre compte mais de façon courtoise. Enfin elle précise que dans cette quête de liberté, les femmes peuvent y contribuer et exhorte les hommes de média à rechercher certaines informations auprès de ces dernières parce qu’elles détiennent le plus souvent les vraies informations. C’est pourquoi selon elle les hommes courageux doivent parler pour les femmes courageuses car c’est justement aussi le rôle du journaliste qui est de défendre les causes des femmes vulnérables. Pour que donc les révolutions des femmes soient celles des hommes, les média ont beaucoup à faire et c’est maintenant qu’il faut se lever, journalistes burkinabè.
Michaël Pacodi
pacomik@yahoo.fr


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