Sport pour tous : Le Ouagalais n’a plus vraiment le choix

Publié le mercredi 4 avril 2012

Le ministère des Sports et des Loisirs a eu raison de sonner le réveil de la pratique populaire du sport. Le jeudi soir, les citoyens de Ouagadougou ont été rassemblés au ministère des Sports pour le lancement du programme « sport pour tous ». Au menu, un cross dans les rues de la capitale. Vieux, jeunes, chômeurs et travailleurs, handicapés et valides, ministres et citoyens ordinaires, bref tous sont vraiment sortis pour tenter de retrouver le goût de la pratique du sport. Car aujourd’hui, plus besoin de longs discours pour convaincre de la nécessité de bouger son corps pour espérer une meilleure qualité de vie. Un tour à l’hôpital et on réalise combien la sédentarisation se pose en question de santé publique au Burkina Faso. Plus qu’une simple recommandation, le sport est un remède que les médecins prescrivent à tout vent pour aider les malades à guérir. Combien de fois a-t-on dit à un patient « faites du sport et ça ira mieux » ou « vous devez absolument faire du sport » ? Mieux, le manque de sport perturbe la quiétude de notre société. Des époux boudent leurs femmes qu’ils jugent disproportionnées ou vice versa.

La mobilisation d’un soir est belle. Il en faut plus

Ce n’est pas étonnant de voir des femmes fortes marcher ou courir car il y a un mari à garder. Des hommes se mettent au régime sport depuis que le médecin leur a donné peu de temps à vivre sans le sport. Ah, nous revoilà au sport de masse sous la contrainte ! La révolution, on s’en souvient, avait imposé la pratique du sport à tous. A l’époque, l’idée géniale a fait effet inverse. Traumatisée, la génération de l’époque ne voudrait plus avoir à faire à ce maudit sport. Mais que pouvons-nous ? Plus qu’un mal nécessaire, le Burkinabè qui ne dispose pas d’une excellente couverture sanitaire doit, plus que quiconque, se mettre au sport. Mais il est sûr que les premiers pas sont difficiles. En cela, nous apprécions que la rentrée des classes ait été sifflée par le ministère des Sports. Maintenant, il faut que le département aille au-delà. Une messe sportive organisée un jour de l’an, ce n’est pas suffisant. Le département se doit d’inventer une formule pour que le reflex du sport soit progressivement intégré chez le Burkinabè. Des pistes existent. Il suffit d’y penser et sérieusement !

J.J. Traoré


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