Assassinat de Dabo Boukari : Il y a 23 ans

Publié le vendredi 31 mai 2013

19 mai 1990- 19 mai 2013, il y a 23 ans que Dabo Boukari disparaissait. Le lundi 20 mai dernier, l’ANEB a organisé un meeting à l’Université de Ouagadougou pour lui rendre hommage. Vérité et justice ont été les maîtres mots.
« Personne ne sait où est enterré Dabo Boukari » a dit le président de l’ANEB/ Ouaga, Patrice Zohtenga. Pour ce dernier, commémorer la disparition « sans trace » de Dabo Boukari c’est lui rendre hommage et se rappeler que le regretté « s’est battu pour de meilleures conditions d’études et de vie » des étudiants. Des conditions que le président de l’ANEB/ Ouaga estime « plus dégradées » aujourd’hui. Pour Mahamoudou Fayama, président de l’UGEB, les problèmes pour lesquels Dabo Boukari se battait « existent toujours et se posent avec plus d’acuité » Ils en veulent pour preuve le nombre « exorbitant » des étudiants au delà des places disponibles. « 50.000 étudiants pour 16 000 place ». Il y a le LMD qui est un système exigent en termes d’infrastructures, d’enseignants, de bonnes conditions des étudiants. Mais, dans le contexte burkinabè, il est appliqué de « façon mécanique ». Conséquence : « moins de 2% d’admis » en première année de Sciences et technologies (ST). Selon Zohtenga, ils ne sont pas anti-LMD, mais son application ne les arrange pas. « On n’est pas contre le LMD, mais de son application » Le président de l’ANEB/Ouaga estime que le Foner à 150. 000f annuel est largement en déca des problèmes des étudiants, il faut donc le relever à « 250 000f » Pour la restauration, à partir de 9h, la moitié de la salle se retrouve au restaurant universitaire (RU) pour espérer avoir à manger. Pire, les autorités veulent augmenter le prix du ticket de 100f à 250f. « Hey ! » a donc réagit l’assemblée face à cette perspective. Zohtenga a appelé les étudiants à la mobilisation. « On a intérêt à nous organiser dans le sens de la lutte » a-t-il dit.
Des étudiants en sursis
Se prononçant sur le blanchiment technique, Patrice Zohtenga a dit que « ce n’est pas la solution aux problèmes » Selon Fayama, c’est une « imagination foncièrement anti-étudiants » Pour le président de l’UGEB, « plus que jamais Dabo Boukari doit être pour nous (étudiants) un exemple de courage » Car, comme l’a dit le président de l’ANEB/ Ouaga « nous sommes tous des étudiants en sursis. Le fait de manifester aujourd’hui fait qu’il n’y a pas cours. On peut venir nous exclure tous du jour au lendemain pour avoir perturbé les activités académiques sur le campus » En parlant ainsi, il fait référence au décret n°2012-646/PRES/PM/MESS du 24 juillet 2012 portant régime disciplinaire applicable aux étudiants et aux candidats aux examens et concours organisés par les Universités publiques du Burkina Faso et qui semble être « anti-démocratique » pour les étudiants.
Pour la petite histoire, les intervenants tirent la conclusion selon laquelle, les évènements de mai 1990 ne sont que le résultat du fait que « les autorités ont mis en place leurs machines répressives pour liquider le comité exécutif (CE) de l’ANEB » à l’époque. Dabo Boukari est donc décédé à un moment où « les libertés (…) étaient très verrouillées sur le campus »
Basidou KINDA



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