Staff technique des Etalons : Un réel risque de bicéphalisme

Publié le mercredi 4 avril 2012

 

Sidi Napon va composer un duo inédit avec le Belge Paul Put

Finalement, dame rumeur n’a pas eu tort. Paul Put est le nouvel entraîneur des Etalons du Burkina Faso. La FBF a néanmoins fait son petit coup en sortant une combinaison qui avait échappé à plus d’un. Le Belge Put sera secondé par Sidi Napon, lui qui convoitait le rôle plein de coach titulaire au même poste. Le couple peut réussir mais attention, des risques existent.

 

A nouvelle fédération, nouvel entraîneur. Exit Duarté, le Portugais. Vive le Belge ! Le débat peut être désormais officiellement ouvert. Cette information de l’enrôlement d’un Belge suscitait beaucoup de commentaires. La question récurrente, sommes-nous allés à la bonne école ? En clair, en passant de l’école portugaise à l’école belge, a-t-on marqué un recul ou un progrès ? Nous voilà de plain pied dans la guerre des écoles. La Belgique ne serait pas réputé disposer d’une école de renom au point de passer entre les mains expertes portugaises, un compatriote de Mourinho à celles d’un Belge ! Autant le dire tout net, c’est un faux débat. Un entraîneur est un homme qui doit se juger à travers ses valeurs intrinsèques et personnelles. Il ne s’apprécie pas en fonction de son pays d’origine. Autrement dit, le Burkina et sa Fédé peuvent pêcher l’oiseau rare, l’unique pièce. Put, bien que portant un nom qui prête à équivoque (lisez le T ou pas, il y a problème) peut-être une lumière d’un pays que nombre de personnes pensent ne pas avoir l’habitude de grands techniciens du ballon. Le Belge Paul Put va donc présider aux destinées des Etalons avec pour objectif immédiat la qualification à la CAN 2013. Ce n’est pas forcément un cadeau, tant l’échéance est proche. Et la tâche se complique du fait que de la nécessité de remotiver, voire reconstruire le onze national déstabilisé par une CAN chaotique. La Fédération, au regard de l’immensité de la tâche, a tenté un coup. Le Belge pourra s’appuyer sur les compétences d’un digne fils des Etalons, Sidi Napon devenu aujourd’hui entraîneur. Selon nos informations, il y a eu un choix à faire sur une short-list de trois noms. Paul Put, le Belge, Sidi Napon, le Burkinabè et le Français, Bernard Philippe Troussier alias le Sorcier Blanc. Des trois noms, « Le Sorcier Blanc » incarnait le super favori. Normal. C’est lui qui a écrit les plus belles pages de l’histoire de notre football. Mais le retour de Troussier a été assorti d’une condition que la FBF n’a pas accepté. En effet, sous contrat en Chine pour un projet de construction sur la durée du foot national, le Français qui est payé comme un prince n’a pas souhaité interrompre pour le Burkina. Il a voulu jouer sur les deux tableaux. La carte a été grillée. Il y avait donc finalement un choix à faire entre deux dossiers. La Fédé du colonel Sangaré a décidé de ne pas faire de choix. Juste a-t-il établi un ordre entre les deux techniciens après les avoir tous deux enrôlés. C’est une première ! D’ordinaire, il engage un coach et on lui flanque un local ou on lui admet de venir avec son équipe. Mais là, c’est différent. Napon est un local singulier. Déjà il vivait en France. En plus, il avait des ambitions clairement affichées pour endosser le costume de titulaire chez les Etalons. C’est Firmin Sanou qui devait être son adjoint. Et le voilà lui-même adjoint. La formule, il fallait y penser. Mais l’euphorie se doit d’être mesurée. Le risque d’avoir à la tête des Etalons un staff technique bicéphale est réel. Les deux techniciens, c’est certain, n’avaient pas la même vision. Chacun avait la sienne. Du coup, il faut se mettre ensemble. Ce n’est pas évident. Pour tout départ, on peut taire les divergences. Mais chacun finit par retrouver son identité. En principe l’ordre étant établi dès le départ, les vaches devraient être bien gardées. Les choses ne sont pas si simples. Prenez deux personnes qui pensent avoir la capacité chacun de son côté d’assumer une tâche et tentez une fusion, l’entente peut se révéler la mer à boire. En général, le local qu’on flanque au titulaire est une caisse de résonnance. Cela l’est encore plus si le coach lui-même arrive avec son adjoint dans ses valises. Le duo Put-Napon peut néanmoins réussir un bon ménage. Le Belge à lui seul nous paraissait une option pas trop complète. C’est le même technicien qui a conduit la Gambie dans les éliminatoires de la CAN 2012, adversaires du Burkina. Ironie du sort, le Burkina a tourné dos à son coach qui l’a conduit victorieusement dans la double

confrontation pour engager le coach qui a conduit la sélection défaite ! Le Belge Put a un passé de trucage de match qui, tel un fantôme, le hante. Et que dire de son introduction chez nous. C’est un ancien Etalon, Boureima Maïga qui l’a présenté aux autorités burkinabè. En soi, il n’y a rien à redire. Duarté, qu’on a vite fait d’élever aux rangs, n’a-t-il pas été lui aussi recommandé au Burkina par Ousséni Zongo, lui aussi un pro ? Pourquoi Put et Maïga échoueront-ils là où Zongo et Duarté ont réussi ? La grande inconnue sera la réaction des Etalons. Depuis Malabo, la rumeur circulait que Maïga a envoyé un coach pour succéder à Duarté. Réplique, certains joueurs (montés ou d’eux-mêmes) disaient à qui voulaient l’entendre que le Portugais ne devait pas partir. Quel accueil réserveront-ils au nouvel homme fort des Etalons ? Tous les Etalons voudront-ils donner sa chance au nouveau coach ? Autant d’interrogations qui interpellent le coach adjoint. Sidi Napon doit être là où Put est faible. Nous défonçons une porte ouverte en l’affirmant. Mais là, l’adjoint doit incarner vraiment son rôle. Du coup, il faut même se demander si Napon sera à la hauteur, tant la tâche est immense. Lui tout comme Put ont tout à prouver. Il ne sera pas facile de succéder à Duarté. Ceux qui en doutent doivent le prendre pour dit .

Par J J Traoré


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