Gourga : Risque grave de trouble à l’ordre public

Publié le jeudi 16 mai 2013

Gourga est symptomatique des situations d’injustice qui peuvent se créer autour des dignitaires de notre république.

Un certain Ali Gourga, père du richissime Kadhafi « burkinabè », l’homme qui avait, il n’y a pas longtemps fait réveillonner chez lui la république pour pendre la crémaillère de son château à plusieurs dizaines de fenêtres, aurait inspiré le lotissement en 2006, d’une partie du village de Gourga. Le village de Gourga est en réalité le secteur 15 de Ouahigouya. C’est de ce lotissement que les problèmes sont partis et ne cessent de s’envenimer.

Le lotissement de 2006 qui a concerné la partie sud du village/secteur 15 a consisté, selon plusieurs témoignages en une spoliation des villageois. Beaucoup de paysans qui ont vu leurs champs « mangés » par le lotissement n’ont pas reçu en retour la moindre parcelle pour se construire une habitation. Le lotissement aurait dit-on profité à la seule personne de Ali Gourga. Celui -ci s’en défend et argue qu’il a acheté les parcelles qu’il détient. C’est ce qu’il a dit à notre confrère Le Pays : « je n’ai jamais été attributaire de parcelle tant à Ouahigouya qu’à Gourga. J’ai toujours payé » (In Le Pays n° 5282 du 22 janvier 2013). Curieux tout de même qu’un seul individu se retrouve à acheter la presque totalité des parcelles d’un lotissement entier. Sauf à accréditer la thèse selon laquelle le fameux lotissement a été en vérité fait sur mesure. Ce que nie, sans convaincre le richard Ali Gourga.

Après le père, c’est autour du fils, Kadhafi lui-même qui convoiterait actuellement une partie du village, pour y construire une école Franco-arabe, dite Medersa. Cette convoitise fera main basse sur le champ d’un pauvre paysan, Sawadogo Saïbou. Le pauvre a décidé donc de livrer la bataille de sa vie. Mais comme on dit, la raison du plus fort est toujours la meilleure. Le 5 janvier, Saïbou Sawadogo a eu la désagréable surprise de voir débarquer des géomètres pour borner son champ, le dernier qui lui reste, au profit de Kadhafi, qui disposerait par ailleurs de plusieurs autres terrains bornés dans le village en son nom. Pour Saïbou Sawadogo, c’en était trop. Dans un premier temps, il décide de saisir les institutions habilitées. Il est allé porter plainte contre trois individus, ceux-là qui sont venus frauduleusement borner son terrain. La plainte a été déposée le 7 janvier 2013 à la justice de Ouahigouya. Cette action n’a pas eu d’effets sur la continuation du processus d’expropriation. Saïbou Sawadogo va s’entendre dire que le terrain n’est plus sa propriété. Il a été borné au profit de Kadhafi qui dispose désormais du droit de propriété sur le terrain qui constituait les champs de Saïbou Sawadogo.

Il ne baisse pas les bras pour autant. Saïbou se dit décidé à défendre ce qui lui reste de champ au prix de sa vie. C’est dans cette volonté farouche de ne pas se laisser déposséder, qu’il sera le 17 avril dernier battu et ligoté avec des menaces de mort sur sa personne. Il a fallu l’intervention de la gendarmerie pour lui sauver la vie.

Le tort de Saïbou est aussi politique !

Il semble que le crime de Saïbou Sawadogo c’est d’avoir battu aux municipales du 2 décembre 2012, le parti soutenu par le richard Ali Gourga, père de Kadhafi, alias Sawadogo Mahamady. Saïbou Sawadogo a pu se faire élire conseiller municipal sur la liste de l’ADF/RDA au détriment du candidat de Ali Gourga qui conduisait la liste du CDP. Il semble que le richard du village n’a pas digéré, ce qu’il considère comme une humiliation personnelle.

Le 17 avril dernier quand Saïbou Sawadogo a été battu et laissé pour mort, il semble que Gilbert Ouédraogo, le patron de l’ADF/RDA a envoyé une ambassade s’enquérir de son état, avant que lui-même ne fasse le déplacement quelques jours après. Mais rien ne semble pouvoir arrêter la détermination de Kadhafi. Il a fait déposer sur le terrain litigieux des agrégats pour commencer la construction. Saïbou Sawadogo ne veut pas non plus se laisser dépouiller. Dans le village de Gourga, l’atmosphère est entrain de devenir invivable et conflictuelle. Beaucoup de villageois auraient pris fait et cause pour Saïbou Sawadogo. Si rien n’est fait, il n’est pas impossible qu’un drame humain se produise dans ce village de Ouahigouya. 

Newton Ahmed Barry 


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