Femme et Rap : Besko, une jeune artiste qui a foi en son art

Publié le jeudi 16 mai 2013

Besko de son nom à l’état civil Bertille S. Koeta, est une nouvelle venue sur la scène musicale Burkinabè. Elle trouve le sérail assez compliqué non pas du fait du travail, mais de celui de la production et des archétypes. Malgré cela, elle entend travailler davantage pour se trouver un chemin dans le Rap, ce genre musical que même les hommes fuient.

Besko, qu’est ce qui t’amène dans la musique et particulièrement dans le Rap, ce genre musical compliqué ?

Bèh au tout début la musique, c’était une passion pour moi et c’est resté. Je suis arrivée dans le Rap sans le vouloir. C’est mon message qui a choisi le Rap comme support pour me faire comprendre. En un mot je suis obligée de le faire.

Ton message ressemble à de la revendication. Je vois sur le premier album (Reviens maman) des titres comme « respecte la femme », « conflit de génération », « tu me fais souffrir » etc., c’est quoi en réalité la teinture de tes messages ?

Mon inspiration m’a guidée vers la lutte contre les violences faites aux femmes, précisément à travers des thèmes comme l’excision, conflit de génération qui en réalité est un texte contre le mariage forcé. Un titre comme respecte la femme fait un hommage aux femmes et compte tenu des difficultés, j’ai décidé aussi de leur joindre mon combat

Est-ce que le combat dans la musique nourrit l’artiste en réalité ? Tes thèmes ne font pas de cadeau et ton caractère aussi ne sont pas pour favoriser les choses ?

Pour un début, il y a problème, mais j’ai foi qu’un jour ça ira. Déjà j’arrive à m’en sortir, ça me nourrit en partie (je ne vais pas mentir), et j’espère qu’un jour ça pourra me nourrir totalement. C’est toujours un combat de longue haleine. J’ai commencé la musique en 2002 et c’est en 2012 que l’album est sorti. C’est grâce au courage que j’ai eu en moi.

Sachant que vous êtes femme et que le Rap est déjà vu au départ comme une musique des gens de la rue, est ce que vous en tant que femme cela ne vous dérange pas un peu ? Si oui, est ce que cela ne vous pénalise pas dans certains milieux ?

Moi personnellement ça ne me dérange pas. La preuve, j’ai parlé de ça dans un de mes titres, « le rap c’est ma vie ». Là, je fais savoir aux parents et tous ceux qui le prennent dans le mauvais sens que c’est un mouvement de délinquants comme ils le pensent, non, c’est un genre musical comme les autres qui permet de mieux transmettre mon message. Je crois que c’est toujours mal perçu, mais tôt ou tard, j’ai vraiment foi que ça change et un jour les gens vont l’accepter. Nos devanciers ont trouvé que le rap a de l’avenir. Il y a Smokey, Faso Kombat et pas mal d’artistes qui font du rap et qui s’en sortent

Quel est votre modèle dans le Rap ?

Mon modèle ? Moi j’écoute presque tout le monde. Le Rap français, le Rap Burkinabè, le Rap malien, un peu du tout quoi. Mais j’ai pas vraiment envie de ressembler à quelqu’un typiquement. Je peux bien dire que je veux être comme Djam’s, Keni Arkana, mais au Burkina Faso j’ai envie de rester moi-même…

Mais est ce que Djam’s et Keni Arkana ne t’inspirent pas ?

Bèh.. si par leurs textes et leurs flow, je les écoute, j’essaie au maximum de rester moi-même. C’est seulement dans cette lancée-là que je peux me frayer un chemin à moi.

Des projets ?

Oui ! Je compte rentrer en studio bientôt. Je suis à la recherche de manager, mais je n’en trouve pas et comme moi j’ai confiance à ce que je fais, je vais y aller doucement jusqu’à ce que ça aboutisse. Je m’accroche toujours et souhaite que l’album commence en juillet. Je suis encore sur les bancs. Mon souhait est que ça sorte en cette année 2013, mais l’homme proposant et Dieu disposant, je travaille et on verra le reste

Interview réalisée par Wilfried BAKOUAN


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