Tunisie is back !

Publié le jeudi 16 mai 2013

L’intermède de la révolution du « Jasmin  » est peut-être terminé. Du moins pour les affaires. Ce grand pays africain, pour la vitalité de son économie particulièrement, revient sur la scène du continent dans les ailes de sa compagnie nationale Tunisair.

Pourquoi commencer par le transport pour traduire son come back au Faso ? Parce que selon la bonne formule du ministre tunisien des Transports :« Quand le transport va, tout va ». L’ouverture de la ligne Ouagadougou-Tunis peut-être un apport à la concurrence dans les cieux de Ouagadougou où volent de nombreux engins, dont chacun a sa particularité. Pour Tunisair qui fait son entrée, c’est une société appartenant à l’Etat tunisien dont les ambitions sont placées à la hauteur du mouvement social qui a balayé le régime de Ben Ali. « C’est une compagnie qui a beaucoup souffert de la mainmise de la dictature », a confié le ministre des transports, présent à la conférence de presse donnée à Ouagadougou le lundi 15 avril dernier. A la table, on a noté la présence de Mme Winkoun Somé, ambassadrice du Burkina à Tunis, Guissou Nana, représentante du ministre des transports du Burkina. Pourquoi pour un redressement, le Burkina est choisi comme destination ? C’est un pays qui offre des garanties de sécurité et de stabilité politique.

Le vol inaugural vers le Burkina Faso est un départ. Un nouveau départ après le printemps, qui a réformé même le transport, pour un pays qui se veut au « centre » du continent, pas par sa position septentrionale, mais par « son ouverture vers les autres ».

Cette révolution dans le secteur se traduit, selon les responsables tunisiens présents à la conférence de presse, par un changement à la tête de Tunisair, une réforme de son plan d’affaire qui lui a donné de nouvelles ambitions dont la conquête de l’Afrique et du reste du monde.

Dynamiser la diplomatie

Les mots du politique lèvent le voile sur les ambitions du pays : « faire avancer la Tunisie vers l’Afrique et faire avancer l’Afrique vers la Tunisie », rien que cela !

L’arrivée de la compagnie tunisienne devra accélérer l’implantation d’une Ambassade tunisienne au Burkina, avec comme corollaire, un meilleur traitement et la résolution des problèmes secondaires comme les demandes de visas pour la Tunisie.

L’économie conditionne les autres secteurs peut-on affirmer. Le Burkina est inscrit dans la short list du centre de promotion et d’exploitation (CEPEX) des pays avec qui la Tunisie devra développer la coopération économique.

La Tunisie, souhaitant la relecture de l’accord aérien conclu entre elle et le Burkina Faso en 1992, encore sous le régime de Ben Ali demande l’application de la décision de Yamousoukro qui institue la liberté de transport dans les différents pays. Ce sont des choix diplomatiques qui entrent dans le cadre de « l’Open sky » tunisien pour générer des « échanges durables et rentables avec pour support le transport » qui a souffert des mois de révolution pour chasser Ben Ali du pouvoir.

La délégation des hommes d’affaire tunisiens, des journalistes et hommes politiques venus par un vol inaugural a voulu faire comprendre à leurs homologues Burkinabè que la destination Tunisie est une bonne. Quand au Burkina, est-il un bon investissement pour la compagnie Tunisair ? « Sans risque il n’y a rien ! ». La stabilité politique est le ciment des investissements. En investissant au Burkina Faso, la Tunisie prend aussi un risque car, entre la Tunisie de Ben Ali et le Burkina Faso de Blaise Compaoré, il y a des similitudes en matière de stabilité. Là-bas comme au Burkina la stabilité peut réserver des surprises.

Wilfried BAKOUAN


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