Litige à la Fédération burkinabè de football : Deux poids deux mesures !

Publié le mercredi 1er mai 2013

Un litige embarrasse le championnat national de foot. C’est celui qui implique, Anicent Atagana encore un Camerounais, un joueur de l’AS-SONABEL. Joueur utilisé alors que sa licence n’était pas encore prête, la réserve formulée contre l’AS-SONABEL a été tranchée avec à la clé des sanctions sauf que tous les fautifs n’ont pas payés.

L’AS-SONABEL ne croyait pas être en tort en alignant sa nouvelle recrue, Anicet Atagana, un Camerounais transfuge de Canon du Sud du Burkina. Effectivement, ce n’est pas de la faute des Electriciens si la Ligue professionnelle de football qui devait finaliser le traitement de la licence n’a pas pu fournir le fameux papillon au joueur. La SONABEL non plus n’est pas responsable si l’encre de l’imprimante est finie au moment juste où la licence de joueur devait être imprimée ! Car c’est bien l’explication fournie par la commission chargée d’établir les licences. En effet, le vendredi 8 mars quand l’AS-SONABEL s’est présentée à la Commission d’établissement des licences de la FBF pour le retrait de ses licences, une seule licence n’a pas été remise. C’est celle de Anicet Atagna. La raison, juste un problème d’impression, l’encre étant finie juste au tour de la licence du joueur en question. Les Electriciens, tenant à utiliser leur joueur ont exploité un dispositif du règlement intérieur de la compétition, à son article 13 qui autorise un club dont un joueur viendrait à ne pas avoir sur lui sa licence (perte ou oubli) à prendre néanmoins part à la compétition. Toutefois, le joueur doit avoir l’avis préalable du commissaire du match, il doit présenter sa pièce d’identité et doit faire une photographie en compagnie de l’arbitre du match ou du commissaire qui servira de preuve pour vérification plus tard. Les Electriciens ont exploité ce dispositif. L’adversaire du jour, l’’ASFA-Y avait le doit de formuler une réserve. Le champion sortant qui a été contraint au partage des points n’a pas manqué l’occasion de formuler sa réserve contre le club adverse et son joueur. Traitant la réserve, la Ligue professionnelle de football prononce une sanction contre SONABEL (gain du match à l’ASFA-Y). A priori les textes ont été appliqués. Car le règlement stipule dispose que le club qui alignerait un joueur sans la licence perd le gain du match. La Ligue professionnelle aurait pu juger la réserve non fondée dans son fond si l’AS-SONABEL avait présenté la licence du joueur après le match. Mais le jour de récupération du document, les Electriciens découvrent que la date de signature du document en question n’est pas antérieure au match (avant le 9 mars) mais après le match (le 12 mars). De ce fait le joueur a joué sans sa licence et non pas qu’il a joué n’ayant pas sa licence à portée de main. On comprend la sanction que lui a infligée la Ligue professionnelle de football. Sauf qu’une grande interrogation existe. Comment une licence qui n’a pas pu être imprimée le 8 par manque d’encre est remise plus tard avec comme date de signature le 12 mars ? Quelle est la part de responsabilité de la Ligue professionnelle de football ? Si l’AS-SONABEL est sanctionnée que réserve-t-on à la commission ? Dans le même championnat de foot deux cas similaires ont été enregistrés. Le RCB, l’ASFB ont utilisé des joueurs dans les mêmes conditions (licence non disponible donc photographies préalables à côté du commissaire du match). Des réserves ont été formulées. Mais les sanctions n’ont pas été les mêmes. Pour le cas des deux clubs bobolais, c’est une sanction pécuniaire (amende de 100 000 F CFA) qui a été prononcée contre les deux clubs. Evidemment, les gens ont crié à un jugement du genre deux poids, deux mesures. Renseignements pris, la Ligue professionnelle s’est retrouvé face à un dilemme, un cas non prévu par les textes. En effet, les deux formations ont joué l’une contre l’autre. Le RCB a donc formulé sa réserve contre l’ASFB et vice versa. La réserve appelle à un retrait de point d’une équipe pour l’autre. Les deux étant coupables que fallait-il faire ?

L’amende infligée n’est pas la sanction prévue par les textes. Mais le cas a fait une jurisprudence. Il appartient donc à la fédération de codifier en s’appuyant sur cet exemple. Une action doit être faite aussi concernant la commission d’établissement des licences. Si un délai est imposé au club pour l’établissement des licences, la commission, elle n’est pas tenue de délivrer dans un délai donné la licence à un club demandeur. Ce qui est peu défendable. Une licence peut donc traîner le temps qu’il faut, elle ne sera remise aux demandeurs que le jour voulu par les membres de la commission. Les joueurs étant recrutés pour jouer, on comprend que les clubs veillent les utiliser rapidement. Quand une commission dispose de droit de bloquer ou ralentir le processus, un recadrage s’impose. En attendant, dans l’affaire Anicet Atagana qui semble tant embarrasser, de nouvelles sanctions méritent d’être prises. L’ironie du sort, c’est encore un Camerounais qui est au centre. Exactement, comme Hérvé Zengue a plongé le football burkinabè dans un grand désarroi. Il n’y a jamais un sans deux

J.J.TRAORE


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