Lutte anti-tabac : Un lobby menace Fasozine

Publié le mercredi 1er mai 2013

Il a pensé bien jouer son rôle. Après un séminaire de formation sur le tabac à Ziniaré, Fasozine a initié un dossier sur la question. Grande a été la surprise de voir un lobby anti-tabac fondre sur lui, pour délit de« copinage » avec les vendeurs de tabac.

« Fasozine nous provoque (interview à problème) » C’est l’objet d’un message qu’un confrère du journal mis en cause a reçu le lundi 15 avril 2013 à 8h12 dans sa boîte mail. Le contenu de ce message, le voici : « Bonjour. C’est hier dimanche que quelqu’un m’a aussi parlé du “dossier spécial’’ que ce journal (Fasozine : ndlr) a accordé à la question du tabac dans son dernier numéro du mois d’avril 2013. Ce n’est pas la première fois que notre confrère de FASOZINE s’illustre de la sorte. Récemment, il avait publié un article sur la remise d’un forage par la MABUCIG aux habitants d’un village. Dans cette interview, le DG de la MABUCIG insulte l’intelligence des autorités burkinabè en affirmant « …les preuves scientifiques restent insuffisantes pour affirmer que la fumée des autres peut provoquer des maladies. (…) Par conséquent, les restrictions ou interdictions de fumer dans l’espace public sont disproportionnées, inutiles et injustifiées en terme de santé publique ». En clair, le décret qui interdit de fumer en public est une bêtise Si cette interview n’est pas une injure, ça y ressemble fortement. FASOZINE nous aura sur son dos.

C’est pourquoi, je suggère que nous nous mobilisions pour dénoncer le dangereux copinage de ce journal avec les vendeurs de tabac. Ce que le journal ignore, c’est qu’il se met ainsi à dos les acteurs de la lutte. Cette énième action ne va pas en rester là. Les actions vont suivre très bientôt…. » N’est-ce pas là une menace ?

De la mauvaise volonté ?

En effet, pour un dossier de 5 pages, les détracteurs du confrère ont extirpé uniquement l’interview (une page) du DG de la MABUCIG pour dire qu’il insulte l’intelligence des autorités burkinabè (é). Alors que pour ce travail, des personnes bien avisées ont été touchées pour donner de plus amples informations. On peut citer en la matière, Dr Narcisse Naré, « point focal de la lutte anti-tabac au ministère de la santé burkinabè », le ministère du commerce, Dr Georges Ouédraogo, tabacologue à l’hôpital Yalgado, un ancien fumeur confirmé, la liste est longue. Chacun d’eux a réagi soit en dénonçant les méfaits assortis de messages sensibilisant et/ou en exposant les dispositions légales qui encadrent l’activité commerciale du Tabac au Burkina. Pour faire concis, on apprend plus de ces personnes sur le tabac, en lisant le dossier, que les propos du DG de la MABUCIG.

Dans les interventions, des propos ont mis en cause la MABUCIG. Fallait-il lui donner la parole ou pas ? Bien évidemment oui pour le souci de l’équilibre de l’information. Sauf s’il y a des gens qui transgressent cela ou qui ignorent l’abécédaire en la matière. En matière de professionnalisme, journalistiquement parlant, que reproche-t-on à notre confrère qui a appliqué les règles de la profession ? A un moment où on exige du journaliste le sens du professionnalisme, il n’y a pas lieu de blâmer un confrère qui mérite plutôt félicitations ! 

D’autre part, ce qui énerve les plaignants, c’est le fait que Fasozine ait couvert une activité de MABUCIG qui a consisté en une remise de forages à des populations d’un village. Mais où se trouve le problème ? Parce qu’on pense que c’est de l’argent sale ? Le devoir du confrère c’est de couvrir l’événement et rendre compte au public qu’il ne faut en aucun cas infantiliser. 

On n’a plus le droit de parler de cigarette dans les colonnes de nos journaux 

On se rappelle, pour avoir publié une interview sur ce sujet en août 2012, L’Evénement avait essuyé un droit de réponse qui le couvrait d’opprobre. Les confrères de L’Observateur Paalga et Le Pays qui avaient aussi publié la même interview en avaient eu pour leur grade. Nul ne doit être blâmé pour avoir parlé. C’est à chacun de savoir en faire son profit. S’il faut se réjouir qu’il y ait un réseau de journalistes qui s’intéresse à la question et en fait son ‘’sacerdoce’’, il faut aussi dénoncer l’atmosphère de goulag qu’ils tentent d’imposer dans la presse. Dans un univers de démons, au lieu de s’épuiser en vaines querelles, il vaut mieux éduquer les anges afin qu’ils ne succombent pas à la tentation des démons. On n’y parviendra pas par le terrorisme intellectuel. Aux dernières nouvelles, les plaignants auraient leur tort et le calumet de la paix a été fumé entre les deux parties.

Basidou KINDA


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