Avril Torride à Ouaga au rythme du Kunde et du Jazz

Publié le mercredi 1er mai 2013

C’est désormais une tradition Ouagalaise que de vivre pendant la dernière semaine du mois d’Avril deux événements musicaux majeurs : la cérémonie de distinction de la musique burkinabè les Kunde et le Festival Jazz à Ouaga. La première se déroule uniquement le jour de la cérémonie d’ouverture de la seconde. Coïncidence ! Les publics ont à priori les mêmes sensibilités musicales. En tout cas pour ceux qui aiment la musique pour la musique et non les champs des cameras de la télé nationale, comme pour dire « j’y étais, donc je ne suis pas n’importe qui ». En effet pour jouir des commodités des Kunde, il faut délier les cordons de la bourse. Les smicards sont priés de s’abstenir. Vive la télé ! Comme une disposition non écrite, les ministres de la culture ont toujours participé à la cérémonie des Kundé et à celle de clôture de Jazz à Ouaga. Il n’est pas exclu que pendant le Festival, ils choisissent de venir un soir où l’autre, voir des artistes. Des voix s’étaient élevées pour demander un léger décalage entre le lancement des deux manifestations musicales. Les organisateurs ont dit niet en opposant des arguments en béton. Ouagadougou, c’est tout de même plus du million d’habitants avec des milliers de mélomanes capables de s’offrir la salle des Banquets de Ouaga 2000 (je n’exagère pas !?) ou les gradins du Grand Méliès à l’Institut Français du Burkina (là je suis prêt à parier ma dernière chemise) pour se faire plaisir. Au Kundé il est question de « mode et de Glamour » (yes Papus !). Comme quoi il faut être tiré à quatre épingles. D’ailleurs, c’est pourquoi il y a deux fois plus de femmes que d’hommes. Normal, c’est un gala et ça passe à la télé. Des épisodes du Festival Jazz à Ouaga aussi passent sur le petit écran national, mais en différé. Là-bas, que vous soyez en jeans et baskets ça ne pose pas problème. Autre lieu, autre monde. Poursuivons la comparaison : sur la scène des Kundé le playback est de mise. Normal, on suppose que les rythmes et les artistes sont déjà connus, c’est juste un rappel. Le plus important c’est les prix (à tous les niveaux… du mot). A jazz à Ouaga, c’est le live sinon rien. Cela a un coût, que supportent les sponsors essentiellement étrangers. Pour terminer dans la comparaison disons que les Kunde se déroulent toujours dans une salle couverte et climatisée et Jazz à Ouaga se déguste en plein air. Lorsque le changement climatique s’invite à la fête, il y a un qui gagne plus que l’autre. Ce petit jeu de comparaison entre une nuit et une semaine de plaisir musical, a juste pour but de féliciter les promoteurs de ces deux manifs culturelles d’avoir tenu dans la persévérance (13ème édition pour les Kunde et 21ème pour Jazz à Ouaga) du style et de la régularité. Tous ces deux événements musicaux sont le fait d’associations, donc d’initiatives privées. Chapeau bas ! Les organisateurs de ces deux expressions culturelles confirment par là qu’il faut du tout pour faire un monde…musical. Et dans ce domaine, Ouaga est assez grand pour donner l’embarras du choix à ses habitants en termes de fêtes et loisirs. Alors, à chacun son choix. D’ailleurs, certains artistes récompensés par les Kundé sont des habitués de Jazz à Ouaga. N’est-ce pas Bil et Kounker ? D’autres nominés à Ouaga 2000 étaient programmés à prester (le mot préféré du milieu) au même moment sur la scène de la Maison du peuple ou de l’ex-CCF GM. Suivez mon regard ! Dans certaines villes moins peuplées que Ouaga, en Occident, le printemps et l’été sont les moments des festivals culturels tous azimuts. A chacun son public et ça marche ! Avant de décrocher la daba pour nous rendre au champ (je parle pour mon oncle resté au village) nous aurions voulu qu’en plus des Kundé et de Jazz à Ouaga on nous offre un festival de Djongo, de Balafon, de Tarkaye, de Ruudga, de reggae, etc., rien qu’à Ouaga et dans le même mois. Avec la canicule qui nous oblige à veiller dehors, c’est avec plaisir que mon ami Goama amènera Kekeli prendre de l’air dans la bonne ambiance. En attendant, bon vent aux Kunde et au Festival Jazz à Ouaga et courage aux organisateurs ! 

Ludovic O Kibora


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