CHU Yalgado : Un jour de grève dans le première hôpital du Burkina

Publié le mercredi 17 avril 2013

Le principal syndicat de la santé le SYNTSHA a déclenché une grève de 96 heures. Au deuxième jour nous sommes allés voir comment elle se vit au CHU de Yalgado. Le plus grand hôpital du Burkina était entre les mains des internes et des infirmiers stagiaires de l’ENSP. Jours de grève, jours de calvaire pour les malades qui s’y aventurent malgré tout.

Le Centre hospitalier universitaire Yalgado n’a pas connu l’affluence légendaire qu’on lui connaît ce mercredi 03 avril 2013. Deuxième jour de la grève de 96 heures lancée par le Syndicat des travailleurs de la santé humaine et animale (SYNTSHA). Pour cause, le syndicat proteste contre le licenciement de l’agent de santé du Centre médical avec antenne chirurgicale (CMA) de Séguénéga et l’affectation d’un délégué syndical de l’hôpital de Gaoua.

Au service des urgences de l’hôpital Yalgado, une ambulance fait son entrée à une allure relativement vive et s’immobilise devant ledit service. La patiente est aussitôt transportée à l’intérieur. Nous y pénétrons également pour mieux nous enquérir du fonctionnement du service minimum. Dans notre ligne de mire, nous visons un interne (terme dans le jargon du corps des médecins désignant les étudiants stagiaires) pour lui arracher quelques mots. C’est quasi impossible car il est visiblement très occupé. Une fois dans son bureau, nous en profitons pour lui parler. « Ah je veux bien, mais nous sommes seulement deux à nous occuper de tous ces malades en situation critique » nous confie-t-il en ressortant. Le service des urgences compte vraisemblablement selon une source sur place de 20 à 30 chambres pour malades. Tout d’un coup, retentit un cri qui sera presque immédiatement suivi de pleurs. Une dame qui était là depuis 6h du matin vient de rendre l’âme.

L’interne revient et nous recommande un de ses collègues. Ce dernier affirme qu’il est de passage mais a volontairement décidé de venir à la rescousse de ses confrères qui sont débordés par le grand nombre de patients. Aucun médecin n’est présent ce qui fait qu’aucun patient ne peut être transféré.

En d’autres termes, une personne qui souffre par exemple de problème de cœur, pour être transférée en cardiologie, il faut qu’un médecin soit là et avise. La même source souligne que tout est bloqué. Nous attirons son attention sur le nombre tout de même élevé de personnes en blouse blanche dans la salle. Ce sont des élèves de l’ENSP (Ecole Nationale de Santé Publique) qui ont été réquisitionnés, rétorque-t-elle.

Nous continuons notre reportage dans le principal bâtiment de l’hôpital. Dans les halls, des personnes sont couchées, d’autres assises. Idem sous les arbres. En arpentant un couloir, nous rencontrons un homme en blouse. Tous ceux qui travaillent actuellement sont les internes et les contractuels, les médecins et les infirmières d’Etat sont tous en grève. Je suis le seul à m’occuper de tout ce couloir. Alors qu’en temps normal nous sommes vingt. Nous confesse-t-il. Certaines personnes venues tenir compagnie à leur proche malade, nous apprennent que tout se passe bien. Elles soulignent que les internes s’occupent bien de leurs malades. Et dans la foulée, un homme laisse entendre que certains parents ont préféré fuir avec leurs malades. Le peu d’affluence, selon un homme en blouse, est dû au fait que lorsque les citoyens apprennent que le personnel de la santé est en grève, ils s’abstiennent d’évacuer leurs malades à l’hôpital.L’impact de la grève ne se jauge pas seulement dans les différents services sanitaires de la médecine humaine. Même les animaux sont touchés par la grève

Hamidou TRAORE


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