Campagne africaine des clubs : Ambition zéro de l’ASFA-Y et du RCK

Publié le mercredi 17 avril 2013

L’ASFA-Y, en ligue africaine des clubs champions et le RCK en Coupe de la Confédération sont tombés. En principe, ce n’est pas une nouveauté tant l’élimination prématurée de nos club en campagne africaine est matinalement programmée chaque année ! Alors, la chute de l’ASFA-Y face au Entente sportif Sétif d’Algérie, le renvoie à ses chères études du RCK face à l’ASEC d’Abidjan devaient donc être rangées dans le chapitre des chiens écrasés tant la récurrence devient « flippant ». Sauf que cette fois-ci, on a une très bonne raison de se mordre les lèvres. Le RCK est sorti de la compétition après avoir fait trembler l’ASEC à un moment où personne ne s’y attendait encore. Suite à sa défaite, 1-2 à Ouaga à l’aller, le voyage sur Abidjan était pour beaucoup, une formalité voire périlleux tous redoutant le carton plein. Le match retour a finalement été loin d’être joué à l’avance. Le RCK n’était pas loin de l’exploit. Le nul (1-1) à Abidjan n’est pas un mauvais résultat même si à l’arrivée, les Faucons tombent. Le RCK n’a pas été éliminé parce que ne disposant pas d’arguments mais par manque de confiance en lui-même. A preuve, une fois libéré, presque certain de son renvoie de la compétition, c’est une autre équipe qu’on a vu jouer. L’ASFA-Y, vainqueur du Entente sportif Sétif d’Algérie à Ouaga (2-1) perdra (4-2) au retour. Là aussi, on souligne avec gros trait l’offensive de l’ASFA-Y qui, malgré la pluie de buts sur elle en Algérie lors du match retour, a pu en marquer 2 ! Du coup, le champion sortant était à un doigt du miracle. L’ASFA-Y a trouvé des ressources nécessaires pour revenir en toute fin de match. C’est un bon signe. Le 3e but, selon les témoins n’était pas loin si la fin du match n’était pas intervenue entre temps. Ce ne sont pas des excuses que nous cherchons. D’ailleurs, l’ASFA-Y elle-même habituée à s’inventer des excuses du genre « trop froid, effet de l’altitude, voyage trop mouvement, accueil … » n’a pas joué ce refrain cette fois-ci. Manifestement, le champion en titre vit dans les regrets tant il a laissé passer sa chance.

En fait, l’exploit des Etalons en Afrique du Sud n’a pas inspiré nos deux équipes qui n’y ont pas cru. En recevant le club algérien, l’ASFA-Y semblait jouer pour sauver la face ou son honneur. Il s’agissait pour eux de ne pas perdre lourdement à défaut de gagner au moins à domicile. Aucun club burkinabè ne va en campagne avec le rêve de passer devant son adversaire. C’est tout comme un général qui monte au front avec ses troupes où la préoccupation est plutôt comment mourir mais non pas comment triompher de la bataille ! L’ASFA-Y lors du match aller au stade Municipal a révolté plus d’un supporter. Menant 2-1, le champion en titre a opté de conserver son acquis plutôt que de rechercher à corser l’addition. Des tribunes, on a eu cette sensation très désagréable. Peut-être avions-nous surestimé nos garçons pensant que l’effet de la chaleur était à leur avantage. Mais pour nous, il y avait place pour un but. Le RCK aussi peut bien se mordre les doigts. Il a hérité d’une équipe de l’ASEC plus que grabataire. Mais les Faucons étaient timorés devant leur public à Ouaga. En fait, le vainqueur de la Coupe du Faso n’a pas cru que l’ASEC Mimosas, le club qui a fait trembler l’Afrique entière ne soit plus que l’ombre de lui-même. Le RCK aurait pu avoir toutes ses chances de qualification si le scénario de la double confrontation était resté le même. En effet, la première programmation sortie par la CAF indiquait que le match aller allait se jouer à Abidjan et le retour à Ouaga. Mais la faitière du foot continental va corriger le programme pour finalement inverser l’ordre des matchs. Le club Burkinabè a évidemment crié au scandale. Une correspondance a même été envoyée à la CAF en signe de protestation. Mais finalement, on comprendra que la CAF n’a fait que rattraper son erreur. Car, le règlement de la compétition indiquait que les équipes exemptées des matchs de barrages allaient recevoir lors du dernier match. Or, l’ASEC, contrairement au RCK n’a pas joué de barrages. Il n’y a donc pas eu un autre braquage du foot burkinabè comme certains l’ont pensé en se référant aux événements de Nelspruit. De toues les façons, le plus important à faire pour nos clubs, c’est d’avoir de l’appétit, de l’ambition. Le football africain semble en train de rechercher de nouveaux leaders. L’ordre d’hier est remis en cause à plusieurs niveaux. Les éternels et certains vainqueurs d’hier sont à la recherche de leur âme perdue. Maintenant dans la redistribution des cartes, les clubs burkinabè doivent savoir saisir leur chance. Il ne faut pas laisser partir le train de l’excellence. Mais apparemment, ce n’est pas bien compris de tous.

JJ.TRAORE


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