JAZZ A OUAGA 2013 : Geoffrey Oryema à l’affiche

Publié le mercredi 17 avril 2013

Contraint de quitter son Ouganda natal à cause de la dictature du tristement célèbre Idi Amin Dada, Geoffrey Oryema s’installe en France depuis 1977, à l’âge de 24 ans. Doté d’une voix originale et d’un talent certain dans le maniement des cordes de sa guitare, ce n’est pourtant qu’en 1990 qu’il enregistra son premier album, bien nommé Exil. Succès tardif ? Que Nenni ! Geoffrey fait d’un coup d’essai un coup de maître. Une chanson à succès sur cet album est d’ailleurs retenue pour servir de générique à une célèbre émission sur une chaîne de télé française (Ye Ye Ye, générique de l’émission de France 2, Le Cercle de minuit, bien connu des couche-tard des années 90).

Ce n’est pas courant. Le cocktail musical servi par cet artiste que le monde découvre sur le tard met en avant les instruments traditionnels africains du centre et de l’ouest. Accompagné par de grands musiciens français :Le guitariste Jean-Pierre Alarcen, Dominique Gastrein (claviers), Patrick Buchmann (batterie, percussions, chant), Loy Ehrlich (claviers) et Nicolas Fiszman (basse), etc. Oryema confirme son talent lors de concerts qui le conduisentsur des scènes des USA, du Japon, d’Europe…Brian Eno, le producteur et Peter Gabriel (l’éditeur) de son premier album, ne s’étaient donc pas trompés en misant sur cet étalon d’Afrique. En plus des collaborations réussies avec Lokua Kanza, Richard Bona, Tonton David, Manu Katché, Alain Souchon, Cathérine Lara, etc. Geoffrey, s’exprime en compagnie de son fils Oceng Oryema (batterie, percussions). Il chante en anglais, acholikiganda, lingala et français.

Loin de la mère patrie, il vit l’Afrique à plein régime. Une voix de bluesman sur une rythmique plutôt rock saupoudrée d’épices jazzy, alimente une discographie riche et variée (six albums de 1990 à 2010). C’est donc ce grand Monsieur que les mélomanes Burkinabè auront l’occasion d’apprécier sur les scènes du Festival Jazz à Ouaga 2013 (26 avril au 11 Mai 2013 à Ouaga et Bobo Dioulasso) pour célébrer le jazz et la musique, comme facteurs de rapprochement des peuples. En effet, selon la programmation initiale, le jour de la fête du travail la salle du grand Méliès de l’Institut français de Ouagadougou risque de refuser du monde, surtout que la première partie de ce spectacle sera assurée par le Nouss Nabil national, le maître du ruudga, qui, à plusieurs reprises, a émerveillé le public de cette salle.

Cette année encore des habitués du rendez-vous de Ouaga, côtoieront de nombreuses nouveautés. Le festival 2013 est articulé en Cinq étapes : Le Festival de jazz, des musiques associées et les rencontres musicales ; la Caravane du jazz ou la musique au cœur du Burkina (7ème Edition) ; la 6ème édition du concours de musique « Jazz-Performance » ; le projet « Dan-Faso Jazz- » : premières résidences de création entre des artistes burkinabè et danois ; l’organisation des concerts jazz pédagogiques ou le « Jazz à l’école ». Après avoir soufflé sur ses 20 bougies l’année dernière, le festival Jazz à Ouaga prend un nouvel envol en renouvelant le plaisir de faire voir aux personnes vivant au Burkina Faso, des artistes musiciens de grande renommée, à prix cadeau.Chapeau bas aux organisateurs !

Ludovic Kibora


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