Contre-jour de l’Evé 252

Publié le jeudi 4 avril 2013

Assemble General de la SEP : Imaginer une fiscalité adaptée à l’entreprise de presse

Le patronat de la presse privée s’est retrouvé ce samedi 23 mars à Léo pour réfléchir sur la viabilité des entreprises de presse. Ce conclave qui devait se terminer en une journée a enregistré la présence des membres du Conseil national du patronat burkinabè et de la Maison de l’entreprise. A l’issue des travaux, la SEP a procédé au renouvellement de son organe dirigeant. C’est Sheriff qui a été reconduit au poste de président. Ils étaient une trentaine de patrons de la presse privée ayant honoré le rendez-vous de Léo. Regroupé sous la coupole de la Société des Editeurs de la Presse Privée(SEP), ces propriétaires d’entreprise de presse privée ont tenu à travers cette rencontre, à attirer l’attention des pouvoirs publics sur le poids écrasant de la fiscalité sur leurs sociétés. Ils plaident ainsi en faveur d’une fiscalité adaptée à la nature de l’entreprise de presse. Cherif Sy, le président sortant qui a pris la parole en premier lieu, s’est alarmé d’une fiscalité plus avantageuse pour les débits de boisson ou une maison de jeu de hasard plutôt qu’une entreprise de presse. Il a par ailleurs rappelé que le droit à l’information est une liberté fondamentale de tout être humain, et nonobstant ses imperfections, la presse occupe une place de choix dans nos sociétés. Une information de qualité détermine la confiance du public et qualifie la valeur des médias qui les éditent. 

Par la suite monsieur Amadou YARO, Directeur Général de l’ENAREF a donné une communication dont la pierre angulaire portait sur l’allègement des charges fiscales des entreprises de presse. Il propose notamment qu’un statut spécial soit défini pour les entreprises de presse.

La cérémonie d’ouverture était présidée par le Ministre de la communication et porte-parole du Gouvernement, Alain Edouard. Il a représenté à l’occasion le premier ministre empêché à la dernière minute. Le ministre s’est engagé, malgré la modicité des moyens de son département, à explorer les voies et moyens de soutenir la presse privée. Des rencontres ont été programmées courant avril entre le gouvernement et les organisations de presse en vue d’examiner leurs requêtes. Cheriff Sy a saisi l’occasion pour engager un plaidoyer auprès du ministre en faveur de la libération de notre confrère de l’Ouragan. Après la cérémonie officielle, deux autres communications ont été présentées. Il s’agissait de présenter le Conseil National du Patronat et la Maison de l’Entreprise. Elles ont permis de connaître les activités des deux structures et d’échanger sur les avantages pour la SEP d’y adhérer.

Les patrons de presse, après avoir entendu le rapport moral et financier du bureau sortant, se sont ensuite penchés sur la relecture des textes organiques qui régissent la SEP. Le dernier acte a consisté en la mise en place d’un nouvel exécutif

Composition du bureau de la SEP

Président : Cheriff Sy  : Bendré

Secrétaire général : Issaka Lengani : L’Opinion

Trésorier : Boureima Ouédraogo : Le Reporter

Secrétaire chargé des relations avec la presse et de la liberté de la presse : Lookman Sawadogo : Le Soir

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Condition des enseignants : Il y a vingt ans OIT/UNESCO édictaient des normes

La journée mondiale de l’enseignant 2012 a été l’occas ion d’évaluer la mise en œuvre de la condition enseignante dans le système éducatif adopté par l’OIT/UNESCO en 1996. Les syndicats d’enseignants du Burkina n’ont pas vu de changement.

Environ vingt ans après, qu’en est-il de la réalité de « ces normes internationales applicables à la profession enseignante » dans la politique éducative du Burkina Faso ? C’est à cette question que l’atelier organisé à l’occasion de la journée a voulu répondre a voulu répondre. Le thème de la journée était : « Agissons pour les enseignant(e)s ! ».

Dans un contexte où les conditions de vie et de travail des enseignants ne sont pas reluisantes et où l’utilité et la pertinence des réformes sur l’éducation sont discutables, elle répond à un souci d’éviter « des atteintes supplémentaires ». Par rapport aux conditions de travail, le porte-parole des syndicats, Mamadou Barro, a évoqué les effectifs pléthoriques ainsi que l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements pédagogiques. S’agissant des conditions de vie, il a surtout déploré la modicité des indemnités de logement. Selon lui, elles s’élèvent à 30 000 FCFA pour les cadres et à 8 000 FCFA pour les autres.

L’évaluation prend en compte les quatre niveaux du système éducatif que sont le préscolaire, le primaire, le secondaire et le supérieur. Selon le porte-parole, les résultats constitueront « un document crédible et de qualité qui servira d’instrument de lutte pour un meilleur devenir de la profession enseignante ». Il va être présenté aux autorités du pays et autres acteurs de l’éducation n

Gaston Sawadogo

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GOUVERNEMENT/SYNDICATS : Revalorisation des retraites et adoption d’une loi contre la torture

La traditionnelle négociation annuelle entre l’Exécutif et les différents syndicats au titre de l’année 2012 a abouti à des engagements de la part du Gouvernement. C’était dans la nuit de ce jeudi 21 mars à l’immeuble Baoghin. Le gouvernement s’oblige à mettre en œuvre 24 points dont 5 complémentaires. Six anciens points de l’année 2011 arrondissent ces engagements à 30. Les retraités s’en sortent bien.

De prime abord, les engagements les plus concrets font une part belle aux retraités. En effet, le Gouvernement s’engage à adopter en Conseil des ministres, au plus tard le 30 avril 2013, un décret aux fins d’uniformiser le taux d’annuité à 2% pour tous retraités de la CNSS pour compter du 1er janvier 2011. Encore, les pensions inférieures à 50 000 FCFA seront revalorisées de 40%. En plus, le gouvernement s’oblige à supprimer l’IUTS sur les primes et les indemnités de départ à la retraite pour compter du 1er janvier 2007. Cependant, il va d’abord falloir que l’Assemblée nationale adopte le projet de loi de finances rectificatif que le Gouvernement entend lui soumettre au cours de sa première session ordinaire de 2013.

Ensuite, le secteur de l’économie informelle connaît aussi l’attention du Gouvernement. Ainsi, avant la fin de cette année il sera crée une structure spécifique centralisée d’accompagnement pour une organisation efficace de ce secteur. Pour joindre l’utile à l’agréable, les acteurs de ce secteur bénéficieront d’un assouplissement des conditions d’octroi de prêts en vue de mieux mener leurs activités.

Pour ce qui concerne l’éducation et la santé, la carrière des monitrices des garderies populaires sera reconstituée avant la fin de l’année 2013. L’Etat s’engage également à poursuivre et à renforcer la politique visant la prise en charge gratuite des urgences médicales, chirurgicales et obstétricales. Les établissements d’enseignement et les cliniques privées connaitront un contrôle constant pour s’assurer du respect des cahiers de charges.

Des textes et mesures d’application de la loi portant régime foncier rural seront pris afin d’éviter les expropriations abusives des paysans de leurs terres.

Sur le plan des libertés démocratiques et syndicales, le Gouvernement entend régler de façon définitive les droits sociaux dus aux ex-travailleurs de l’ex-ONPF et des travailleurs de l’ex-FASO FANI bénéficiaires de décisions judiciaires individuelles avant le 30 avril 2013. Aussi la torture et autres actes dégradants seront réprimés, pour ce faire, le Gouvernement élabore un avant projet de loi portant définition et répression de la torture au Burkina Faso.

La question de l’impunité et l’assainissement de la gestion de la chose publique a été prise en compte. Ainsi donc, les auteurs de crime économique et de sang, les vices tels que la corruption, la fraude…seront énergiquement réprimés.

Au titre des engagements complémentaires, le pouvoir exécutif s’oblige entre autre à renforcer les actions de suivi et de contrôle de l’application de la législation du travail

Hamidou Traoré

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Griphon Minerals : « Licenciements et mise en chômage technique abusifs »

Les délégués du personnel de la société minière de recherche Griphon Minerals ont organisé, le 22 mars dernier, une conférence de presse à la Bourse du travail de Ouagadougou. L’objectif a été d’informer sur la crise sociale qui secoue la société depuis plus de trois mois. Les 10 et 13 novembre 2012, la direction de Gryphon Minerals a remis des lettres de licenciement à 15 employés. Dans le même temps, 14 autres ont reçu des notifications de mise en chômage technique. Les décisions devraient prendre effet à partir du 12 novembre 2012. Dès réception de la nouvelle, les délégués « ont dénoncé l’absence de critères de sélection objectifs et acceptables par tous ». Ils ont alors saisi la direction de la société afin de discuter des conditions de départ de leurs collègues. Ils ont réclamé pour les licenciés le paiement de leurs droits légaux et des mesures sociales d’accompagnement. Ils ont également demandé qu’on accorde une indemnité d’au moins 50% du salaire des trois derniers mois aux travailleurs mis au chômage technique. N’ayant pas obtenu gain de cause, les délégués ont fait recours à la direction régionale de travail de Banfora. Celle-ci après audition, a suspendu la décision de Griphon Minerals et renvoyé les deux parties autour de la table pour négocier. Les discutions n’ont hélas pas abouti. Suite à une plainte des délégués du personnel, la Direction générale du travail a joué la médiation entre les protagonistes. Nouvel échec puisqu’elle s’est soldée par un procès verbal de non conciliation référencée N°001/MFPTSS/SG/DGT/ DRPPDS du 31 janvier 2013. Toutefois, à en croire le syndicat, le dossier est toujours en cours de traitement.Gryphon Minerals est une société australienne. Présente au Burkina Faso depuis 2005, elle intervient surtout dans la province de la Léraba dans la région du Sud-ouest

Gaston Sawadogo


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