Chinua Achebe, une grande plume africaine se casse !

Publié le jeudi 4 avril 2013

« Okonkwo était bien connu à travers les neuf villages et même au -delà. Sa réputation reposait sur de solides réussites personnelles. Jeune homme de dix-huit ans, il avait apporté honneur et gloire à son village en terrassant Amalinze le Chat. Amalinze était ce grand lutteur qui, pendant sept ans, était resté invaincu d’Umuofia à Mbaino… » Ces premières phrases du célèbre roman le monde s’effondre (publié dès 1954 chez Heineman en anglais Things fall apart !) sont connues de tout bon lycéen africain. Le roman, à travers un point de vu africain, le colonialisme, à travers l’honneur et déshonneur d’un héros. Ecriture particulière par le style simple et accessible et l’intrigue peut commune voire originale. Cette œuvre fut un best seller au point d’être traduite dans plusieurs langues (50) à travers le monde, avec 12 millions d’exemplaires vendus en anglais seulement.. Chinua Achebe a ainsi, à l’image de son compatriote Wolé Soyinka, influencé la littérature écrite africaine. L’un de ses meilleurs lecteurs était le célèbre prisonnier de Robben Island, Nelson Mandela. Ce diplômé de l’université d’Ibadan est né en 1930, et a travaillé à la BBC et à la Nigérian Broad casting Corporation (NBC). Ibo, Chinua Achebe a soutenu la guerre de sécession biafraise (1967-1970) du colonel Chukwemeka Odumegwu Ojukwu, dont il sera l’ambassadeur, dit-il, pour dénoncer les discriminations subies par son peuple. En 2002, il avait reçu le prestigieux prix de la paix des libraires allemands. Il avait également été récompensé en 2007 par le Man Booker International Prize, émanation du Booker Prize, le grand prix littéraire britannique. Paralysé des membres inférieurs après un accident de voiture en 1990, il est mort aux Etats-Unis à l’âge de 82 ans, dans un hôpital de Boston le 21 mars 2013. Il avait longtemps été professeur à la Brown University. Très respecté au Nigeria pour sa lutte contre la corruption, Achebe avait publié en 1984 un pamphlet intitulé Le problème avec le Nigeria. En 2011, il avait dû refuser pour la seconde fois, d’être décoré par les autorités du Nigeria.
En plus du monde s’effondre et du Démagogue, bien connus des lecteurs burkinabè, l’écrivain a publié une vingtaine d’œuvres littéraires. « Obierika, qui avait gardé les yeux fixés sur le cadavre pendant de son ami, se tourna soudain vers le Commissaire de District et dit d’une voix furieuse : cet homme était un des plus grands hommes d’Umuofia. Vous l’avez poussé à se suicider : et maintenant on va l’enterrer comme un chien… » Ainsi s’achevait le monde s’effondre. Avec le départ d’Achebe, c’est l’un des grands noms de la plume africaine qui disparaît. Il laisse néanmoins derrière lui un héritage d’une importance capitale pour les générations futures. Adieu artiste !

Ludovic O Kibora


Commenter l'article (2)