Sarkozy aurait pu être un bon président africain !

Publié le jeudi 28 mars 2013

Depuis qu’il a été mis en examen par le juge dans l’affaire Bettencourt, Sarkozy et les siens n’ont plus de limite. On croirait entendre des africains. Or, justement le principe de base c’est que dans une démocratie, tout le monde est justiciable de la même façon. Il y a quelques années, au sommet de son pouvoir, Sarkozy s’amusait des démêlés judiciaires de son prédécesseur Jacques Chirac.

 

En son temps, on n’a pas entendu tout ce beau monde qui s’égosille, aujourd’hui, compatir pour Chirac. Or, ce qu’on lui reprochait était moins infâmant que les charges qui pèsent actuellement sur Sarkozy. Le juge accuse Sarkozy d’avoir profité de la faiblesse d’une vieille femme, pour lui extorquer des sous. L’abus de faiblesse fait de Sarkozy une personne sans morale. La charge est grave, mais elle est pour ainsi dire aggravée par l’attitude de Sarkozy et de ses lieutenants.

 

La mise en examen ne signifie pas « culpabilité ». Dans l’acte du juge, il est indiqué que cette mise en examen ne prive pas l’inculpé de la présomption d’innocence.

 

Ce statut, selon les procédures judiciaires, permet maintenant à Sarkozy d’avoir accès au dossier et donc de mieux préparer sa défense. Or, ce n’est pas cela qui semble intéresser l’ex président. Il veut jeter l’opprobre sur le juge et sur la justice. Une façon de détourner l’attention sur le problème.

 

Il y a donc une certaine indécence dans l’attitude de Sarkozy. Il est possible que le juge se soit trompé ou qu’il ait été instrumentalisé. L’attitude de Sarkozy, qui a été 5 ans durant le président du Conseil supérieur de la magistrature, aurait dû être tout autre. Il est possible que la stratégie ait été bien mûrie. Elle a consisté pour l’instant à déplacer le problème judiciaire sur le plan politique. Le temps de la justice étant suffisamment long, il fallait desserrer l’étau en déplaçant le problème.

 

Avec cette mise en examen, Sarkozy en a pour au moins trois ans à se débattre. Pendant ce temps, son rival Hollande gagne un peu de répit. C’est probablement cela qui enrage Sarkozy qui se voyait déjà revenir en 2017, dans une campagne électorale, écraser le « pingouin » - c’est le titre d’une chanson de sa femme aimablement dédiée à Hollande - et remporter une victoire écrasante, au premier tour. Mais voilà qu’une mise en accusation le fait exploser en plein vol. Exactement dans les termes que les vacheries qu’il aimait faire à ses concurrents.

 

Cette agitation ne peut plus produire les effets escomptés, parce que Sarkozy oublie qu’il n’est plus au pouvoir, qu’il n’a plus la machine de l’Etat. Quand on regarde la violence de sa réaction, on peut déduire, que tant qu’il était président, aucun juge n’aurait osé le maître en examen. Pour cela du reste, il s’était bien protégé. Les juges d’instruction avaient eu maille à partir avec le procureur général qu’il avait nommé à Nanterre. Quand une procédure commençait à trop l’embêter ce dernier se chargeait de ferrailler avec les juges.

 

C’est de cette même façon que le dossier Norbert Zongo a été traité chez nous. Les procureurs se sont chargés d’encadrer le juge. Ils ont orienté l’instruction jusque sur la voie du garage. Quand ils ont accompli leur mission, ils ont été récompensés par des nominations ou ils ont été mis en stand-by, attendant une éventuelle promotion. En la matière, le cursus est connu : conseiller, ambassadeur, ministre et probablement président d’institution pour boucler la boucle.

 

Deuxième handicap de Sarkozy, il est dans un pays démocratique où les institutions sont relativement solides. Il n’échappera à personne que cette mise en examen ouvre la voie à une série. Or, ce qui l’attend est encore plus grave que cette mise en accusation. Ses adversaires qui sont au pouvoir ont tous les leviers et donc savent ce qui l’attend. Ils ne se pressent pas donc et le laissent gigoter.

 

La stratégie de la victimisation ne pourra pas aller trop loin. Surtout pas pour lui Sarkozy qui n’a pas montré par le passé qu’il savait s’attendrir quand les autres étaient dans le pétrin. Les français n’ont pas de compassion pour lui. Un récent sondage montre que dans le classement des personnalités préférées des français, il est au 49e rang, juste derrière Hollande 48e. C’est tout dire


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