Affaire décoration des Etalons : Si tu gaffes, je gaffe !

Publié le dimanche 24 mars 2013

Affaire décoration des Etalons : Si tu gaffes, je gaffe !

Dans ce qui convient désormais d’être appelé « affaire décoration » tout porte à croire que la Fédération burkinabè de foot et son employer, Gualbert Kaboré ont chacun joué à rira bien qui gaffera le dernier. Et comme si cela ne suffi pas, le redéploiement de l’entraîneur adjoint, Sidi Napon suscite des interrogations. La seule certitude est qu’on n’avait pas besoin d’une telle situation.

Le Burkina Faso était en fête. Le pays a déroulé le tapis rouge pour accueillir ses héros, les Etalons finalistes de la CAN 2013. Le parcours des Etalons, le crédit que notre sport-roi s’est fait, le réveil du sentiment d’appartenance à une même Nation, les moments de folie…bref le tableau était magnifiquement beau. On en était à se demander comment s’effectuerai le retour sur terre. Pour nous, on mettrait en commun nos efforts pour que le football burkinabè puisse surfer sur cette performance exceptionnelle des Etalons pour enfin lancer le décollage du roi foot chez nous. Hélas, il a fallu que le désordre s’invite. Le drame est qu’il est venu des premiers responsables de la structure elle-même. C’est faire preuve de naïveté que de penser que le remue ménage né de l’après fête de la CAN n’est qu’une tempête dans un verre d’eau. C’est un coup de frein à un élan positif, à une dynamique de gagne. Aux yeux de l’opinion nationale, l’équipe fédérale du colonel Sita Sangaré qui avait réussi l’exploit et forcé respect et admiration n’a pas laissé le temps de bien profiter de cet état avant de donner des éléments de doute.

Les deux hommes ont réellement collaboré en Afrique du Sud. C’était à Nelspruit qu’on les a vus se parler, s’asseoir l’un à côté de l’autre.

L’avis de certains Burkinabè exprimé à travers les émissions participatives des radios de proximités en est le baromètre. La gestion faite par la fédération quant à la non décoration de Gualbert Kaboré mais aussi d’autres acteurs est en cause. Disons-le net. Le manager général des Etalons méritait bien sa médaille. Nous ne sommes pas de l’avis de ceux qui défendent le contraire en soulignant que « ce n’est pas Kaboré qui a joué en Afrique du Sud », ou qu’il devait attendre le 11 décembre pour une autre série de décoration. Pourquoi, c’est le manager général qui doit attendre et pas les autres ? Le lui a-t-on dit préalablement ? Selon nos informations, en allant au stade, la liste des personnes à décorer n’avait pas été rendue publique. Tous s’étaient « mis sur leur 31 » attendant qu’on leur épingle la fameuse médaille sur la poitrine. Le manager général des Etalons était donc dans cette disposition. Partant, la frustration ne peut qu’être grande. Passe que Gualbert Kaboré soit privé de la médaille ce jour-là. Mais au moins, on aurait pu appeler son nom comme les autres pour qu’il soit ovationné. Le manager général « a été oublié » dans les vestiaires lui et 7 ou 8 autres personnes ! Nous battons en brèche également l’argumentaire avancé selon lequel « c’est l’Etat qui décore et donne la médaille à qui il veut » en ce sens que le pouvoir de l’Etat est exercé par des humains qui sont susceptibles de se tromper. Quand on veut défendre la cause non fondée, les arguments sont tirés par les chevaux. Les mêmes qui disent que la médaille de Gualbert Kaboré viendra le 11 décembre avancent aussi que le manager général des Etalons n’était pas qualifié pour en recevoir car la dernière médaille ne date pas de plus de 3 ans comme le disent les règlements en la matière. Dites-nous finalement en aura-t-il droit ou pas ? C’est contradictoire.

Gualbert Kaboré en déroute !

Il est clair que la première erreur a été commise par la FBF. Le manager général des Etalons n’a pas été le seul à se voir refusé la médaille. L’équipe de Sita Sangaré a oublié d’autres acteurs majeurs sur sa liste des décorés. L’un des cas les plus patents est celui du vice-président chargé des équipes nationales, Vincent Kambiré. Cet homme qui a été la cheville ouvrière, celui-là qui a organisé avec le manager général le séjour des Etalons en Afrique du Sud n’a pas été reconnu méritant pour être dans le premier wagon (si un autre wagon il y a) des décorés de la CAN ! En lieu et place, c’est Mathias Tias qui lui n’est arrivé qu’avec les supporters 11 jours après celle des Etalons et qui n’a pas géré directement le onze national qui a reçu la médaille. Là nous ne comprenons plus rien. Selon nos informations, le ministre Yacouba Ouédraogo aurait même soufflé mot à Vincent Kambiré qu’il aurait été proposé pour recevoir la médaille. Que s’est-il passé entre temps ? Selon nos sources, sur la liste proposée, le nom de Vincent Kambiré y figurait. Mais on a mis en face la mention « premier vice- président ». Qui l’a mis ? Mystère. Car tout tient de là. Kambiré n’est pas le premier vice-président. Et ça tout le monde le sait, surtout les responsables de la fédération qui ont proposé la liste. L’a-ton mis par erreur ou intentionnellement ? Ce qui est sûr, c’est qu’entre-temps, l’erreur a été corrigée mais pas dans le bon sens. Le nom de Kambiré a été rayé par la suite et remplacé par le nom du vrai « premier vice-président », Mathias Tias. Du coup, il a pris la place de Kambiré. Mais malgré cette injustice, Vincent Kambiré et les 6 autres oubliés de la décoration eux ont avalé la couleuvre. Ce ne fut pas le cas du manager général des Etalons, Kaboré. Il a séché le rendez-vous de Kosyam. C’est là où il a fait sa sortie de route. C’est vrai que Kosyam est une destination qu’on ne peut pas bouder comme on le veut. Après tout, le chef de l’Etat, l’institution qu’il incarne méritent bien plus quel que soit son bord politique, son état d’âme. Mais Gualbert Kaboré aurait pu éviter de tomber dans le piège. Nous comprenons qu’il soit meurtri dans sa chair, révolté. C’est humain. Mais la réponse adaptée eut été sa démission. « J’ai ressenti, Mr le président mon oubli sur la liste de décoration comme une évaluation négative du travail que j’ai abattu pourtant avec abnégation et dévouement pendant cette CAN. Je ne suis pas du genre à jouer les rôles de figurants. Partant, je rends ma démission tout en vous souhaitant bonne chance pour la suite » aurait-on pu lire sur cette lettre de démission. A partir de ce moment, le rendez-vous de Kosyam ne l’engagerait plus. Car la relation employer-employeur serait levée. En plus, un départ prématuré du manager général allait interpeller la Fédé qui aurait été obligée de se justifier. Mais dans ce jeu aux erreurs, on ne s’arrête pas. La FBF a décidé de reprendre l’avantage des erreurs ! Nous ne sommes pas gênés qu’elle ait décidé de se séparer de son manager général. C’est le droit le plus absolu du Colonel-Président Sangaré. C’est également dans l’ordre normal des choses que d’organiser une conférence de presse pour apporter les explications qu’il faut. Le problème se trouve au niveau du continu. Que dire dans pareille circonstances pour ne pas inverser l’ordre de la raison ? Il n’est pas facile de se défendre contre un adversaire absent. En plus, le colonel Sangaré a mal choisi ses mots. La majorité des intervenants sur les radios FM se sont indignés contre le fait que le président Sangaré ait qualifié le comportement se son employer « d’acte d’indiscipline ». A écouter « le feedback » la conférence de presse qui devait servir à éclairer l’opinion n’a été qu’un fiasco. Aux yeux de nombre de Burkinabè, Gualbert Kaboré n’est plus qu’une victime. Nous ne pensons pas que la FBF s’attendait à une telle finalité.

La CAF au moins ne l’a pas oublié. Gualbert Kaboré a eu sa médaille en Afrique du Sud.

Attention Put prend trop de pouvoir !

La FBF a géré concomitamment et l’affaire des décorations et le divorce entre le coach titulaire Paul Put et son adjoint. Avant le départ pour l’Afrique du Sud, tous savaient que les deux hommes étaient incompatibles. Ils ne s’aimaient pas ; mieux, ils n’arrivaient pas à travailler ensemble. Nous faisons partie de ceux qui pensaient que l’un était de trop à ce poste. Mais à l’époque, la FBF a estimé qu’il ne fallait pas toucher à cet attelage de peur de perturber le groupe. Pour nous, le duo Put-Napon allait nous faire couler en Afrique du Sud. Mais à la sortie de la CAN, nous avons dû faire notre mea culpa. Pour nous, les deux hommes ne sont pas si incompatibles que cela semble. Des images de Nelspruit les ont montrés en plein échanges. Pour nous, la formule a été trouvée. Nous étions loin de nous imaginer qu’un rapport du coach titulaire allait charger à la fin l’adjoint. Un 2e rapport, celui de l’officier de sécurité n’aurait pas été à la faveur de Sidi Napon. La FBF a donc décidé de redéployer le coach adjoint qui va désormais être un titulaire mais à la tête des Etalons juniors. Elle l’a fait car le coach titulaire a clairement fait savoir qu’il ne pouvait plus collaborer avec Napon. La question que nous nous posons est de savoir si nous ne sommes pas en train de céder trop de terrain au coach Paul Put ? Ce n’est pas aujourd’hui que le Belge ne voulait pas de Napon à ses côtés. Avant la CAN plusieurs fois, il a écrit pour souhaiter qu’on renvoie son adjoint. A l’époque, les deux hommes ne se parlaient même pas. Mais le duo a été maintenu. Finalement Paul Put a-t-il eu raison parce qu’il a été finaliste de la CAN ? N’a-t-il pas affirmé avec maladresse dans les colonnes de Sidwaya « qu’il ferme la bouche des gens avec les résultats » ? Evidemment, on sait que le Belge a pris plus d’importance depuis l’exploit de son équipe. Désormais, il doit être plus écouté. C’est normal. Mais l’histoire de notre sélection nationale nous recommande de la prudence à ce niveau. Souvenez-vous que Bernard Philippe Troussier avait pleins pouvoirs. La gestion du football burkinabè, malgré le rang 4e a été des plus calamiteuses. Nous vous passons des détails. Plus près de nous, Duarté est arrivé sur la pointe des pieds. Il était un technicien sans problème qui devait aider les Etalons à renouer avec la victoire. Dès qu’il a commencé à gagner, on lui a donné « les clés du camion », on connaît la suite. Paul Put doit être maintenu à sa place. Nous en sommes à nous demander si les performances des Etalons de viennent pas du fait que Napon ait joué le rôle du contre poids près de Put ? Dans ce cas, ce sera une erreur que de laisser Put seul aux commandes. En plus, il semble que Napon a été auteur de comportements déviants. Là nous ne comprenons plus rien. Il est jugé indigne pour être un adjoint des Etalons seniors mais il est qualifié pour être titulaire des Etalons juniors ! Messieurs, il y a un pan de l’histoire que nous ne comprenons pas. Expliquez-nous !

J J Traoré


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