FESPACO:Des lendemains meilleurs pour le cinéma africain

Publié le dimanche 24 mars 2013

Le 7ème art du continent cherche à se refaire une santé. C’est dans ce sens que la fédération africaine des cinéastes a adopté, du 27 février au 1er mars 2013 à Ouagadougou, les textes réglementaires de l’association du Fonds Panafricain du Cinéma et de l’Audiovisuel (FPCA).

Le FPCA est une démarche de solidarité interafricaine ouverte à tous les créateurs mais il concentre son attention sur la jeunesse et l’équilibre du genre. Son champ d’application s’étend à toutes les régions d’Afrique et à leurs diasporas. C’est un outil que les professionnels africains du cinéma attendaient depuis longtemps pour montrer les réalités et richesses culturelles du continent au reste du monde. Il est né de la volonté de ces derniers de permettre au cinéma africain de voler de ses propres ailes. Le Fonds vise à développer, au même moment, la production de films et les structures nationales pouvant rendre cette production viable. Il appuie prioritairement la réalisation de films de qualité par un soutien financier, et l’envoi d’experts auprès des Etats pour la mise en place de structures nationales de viabilisation de leur cinéma, en étroite collaboration avec la Commission africaine du film de l’Union africaine. Favoriser l’émergence de films africains et séries « panafricaines » compétitifs au plan international fait également partie des priorités. En outre, il va travailler à la relève des talents, à la promotion de la coopération Sud/Sud et la dynamisation des capacités de production endogène en vue d’asseoir des industries nationales du cinéma et de l’audiovisuel sur le continent et contribuer à sa renaissance culturelle.

 

Le fonds est soutenu, dans sa mise en œuvre, par l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Afin de permettre au cinéma africain de compter réellement sur ses propres forces, les professionnels ont appelé les différents Etats et l’Union Africaine à soutenir l’initiative du FPCA. Sollicité pour plaider en leur faveur, le président du Faso, Blaise Compaoré, s’est dit favorable. « Je m’engage à être votre porte-parole auprès de mes pairs et des hautes instances africaines afin que vos recommandations soient examinées avec toute l’attention requise. A ce titre, je prendrai l’initiative d’organiser, dans les mois à venir, une plate-forme d’échanges entre les chefs d’Etats du continent et des professionnels du cinéma, sur les rôles des pouvoirs publics dans la promotion de cet important levier de consolidation de nos valeurs fondamentales et de notre identité culturelle ». Ainsi a-t-il déclaré lors du dîner qu’il a offert, à son palais de Kosyam, aux hommes du 7ème art à la veille de la clôture du Fespaco.

 

Gaston SAWADOGO (Stagiaire)

LE PRIX DE L’EFFORT UN FILM DU MALGACHE
NANTENAINA RAKOTONDRANIVO

C’est l’histoire d’Hervé Adrien, un
jeune adulte de 42 ans qui refuse la facilité et la fatalité. Ce père de famille
ayant perdu son emploi suite à des différends autour de questions politiques
avec son patron, décide de trouver sa voie en touchant à tout. Pour cela, il se
cultive par la lecture et le cinéma, tout en transformant sa maison en véritable
laboratoire. Il n’accable personne comme étant responsable de sa situation. Même
vis-à-vis du patron, il reconnaît avoir été licencié avec des indemnités
conséquentes. Pour revivre, il choisi finalement de transformer les déchets
plastiques en goudron pour assurer le revêtement des voies de son quartier et de
sa ville Tananarive. Ce film documentaire pose un problème d’assainissement
voire de gestion de l’environnement dans un contexte de développement durable à
première vue. Au delà de tout, c’est le courage et la passion d’un homme qui
dans la persévérance et la dignité est résolument tourné vers l’avenir. Il se
bat d’abord pour lui-même, sa famille, son pays avec le soutien courageux d’une
gente féminine exclusivement présente à ses côtés et qui croit en sa réussite.
C’est une autre idée du développement. Celle qui refuse la main tendue en
permanence. Une autre image de l’Afrique, celle qui lutte pour assurer sa place
dans le monde en mutation. Hervé Adrien est l’Homme africain, c’est aussi ce
continent qui se bat et évolue en dehors des clichés et autres considérations
afropessimistes. C’est l’exemple à suivre. Certainement que des Hervé Adrien, on
en trouve un peu partout sur le continent. Malheureusement, ce ne sont pas des
images qui font recette à l’extérieur. C’est pourquoi l’œuvre du réalisateur
Rakotondodranivo est positive à plus d’un titre. Il a su montrer en 27 minutes
avec des peintures justes une réalité sociale actuelle. Et tout cela se passe
dans une ville africaine résolument tournée vers le modernisme avec ses travers
divers. Le prix de l’effort, c’est l’éloquence des photographies, des gros plans
justes et des propos clairs dont l’élégance est assurée par une langue
chantante. Ce film est certes l’histoire d’un homme qui, avec ou sans les
soutiens attendus, ira de l’avant, il est aussi une interpellation a l’endroit
des pouvoirs publics qui devraient avoir l’oeil ouvert sur les initiatives
porteuses d’hommes et de femmes qui se battent au quotidien pour améliorer leur
condition de vie et leur environnement social et physique. Le documentaire est
un tout autre art filmique. Avec de la maîtrise, il fait rêver au même titre que
la fiction. Dans le cas présent, la symbiose entre le réalisateur et l’acteur
principal est si parfaite qu’elle a entraîné une confusion dans la programmation
du FESPACO, qui a attribué le produit à l’acteur plutôt qu’au cinéaste.
Rakotondodranivo ne faisait que sourire à chaque fois qu’on l’appelait Hervé
Adrien. En attendant la réaction de la municipalité de Antanananarivo, le film
quant à lui est reparti de la 23ème édition du FESPACO avec le prix de la
sécurité au travail et le tout nouveau prix Afrikénous offert par Mme Mariame Sy
Diawara, fondatrice de la maison de l’Afrique Mandingo de Montréal (Canada). Ce
prix qui vise à encourager la promotion d’images positives sur l’Afrique ne
pouvait pas mieux tomber. Hervé Adrien c’est aussi l’Afrique réelle !

Ludovic O Kibora



Wallonne-Bruxelles
Mettre en marche la
coopération cinématographique par formation !

La coopération Wallonne-Bruxelles Internationale était présente au FESPACO
2013. Elle a donné une conférence de presse sur ses activités de coopération
avec le Burkina Faso, notamment dans le domaine du cinéma. Christian Saelens
délégué Wallonie-Bruxelles a été le premier à prendre la parole parmi la
délégation de conférenciers. "Le cinéma africain est loin d’avoir sa place au
plan mondial", a-t-il fait savoir. C’est pour cela que sa structure de
coopération veut prendre aussi en compte la diversité culturelle. La culture en
tant que création est une valorisation humaine importante. C’est cela l’apport
de la WBI dans la promotion cultuelle avec le Burkina Faso. Son film "Bon
baisers de la colonie" dont l’essence par d’une histoire presque réelle. Un
colon parti du Rwanda pour la Belgique avec une fille métissée dont on ne dit
rien sur la mère noire.
Aurélien Baudinaux : Le film "A ton vieux culture de
nègre" c’est un film pour porter le poids de l’héritage coloniale de la
Belgique, son pays et de mieux la comprendre cette histoire..
Thierry Michel
a présenté son film : "L’affaire Chebeya : un crime d’Etat ?" est un grotesque
mise en scène de l’avis de l’auteur du film. "C’est l’assassinat d’un homme de
liberté". Le film a causé des difficultés au réalisateur.
"L’écho du film est
international. Il préserve la mémoire d’une affaire qui durera dans le temps.
Les aspects négatifs sont que les mesures de rétorsion congolaises ont limité un
peut les diffuseurs internationaux", s’est satisfait son auteur.
Puis ce fut
le tour des médias. Les journalistes ont posé leurs préoccupations sur la table
des conférenciers. Comment les journalistes Burkinabè peuvent eux-aussi
s’essayer à la réalisation quand on sait qu’ils ont certaines opportunités dans
le cadre de leur travail ? Il faut une formation complémentaire pour le passage
du journalisme au cinéma. Du reste, un master est ouvert à l’ISIS et tous les
universitaires y sont admis. Comment faire pour que l’ISIS ne tombe pas dans les
mêmes travers que l’INAFEC ? Là aussi, Rock Privat Tapsoba répond sans ambages :
" L’ISIS a ouvert sous la base du constat de l’échec de L’INAFEC, bien que cet
institut a formé la crème des cinéastes Burkinabè. Des grands noms sont associés
à cette école ". La collaboration entre Wallonne Bruxelles et l’ISIS devra donc
à terme permettre de combler un certain nombre de vides. Les diplômes sont
Burkinabè et ne sont pas co-signés. La coopération Wallonie-Bruxelles
n’apportant que ses assistances technique et financier a la formation. " Pendant
10 ans, un ou deux profs de l’IAD venaient à Ouagadougou pour apporter la
formation à l’ISIS ".

 


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