Napoussoum à Gourcy : Chorus pour la paix et la cohésion

Publié le dimanche 24 mars 2013

La cérémonie a été ponctuée par l’inauguration du musée Birgui. Né à Gourcy en 1926 et présenté comme un amoureux de la nature, Birgui Julien Ouédraogo, Le fondateur de l’encyclopédie du Burkina s’est évertué à collectionner les objets à travers lesquels il avait une « lecture différente de celle des profanes ». La descendance du défunt a assuré que l’œuvre du père ne disparaîtra pas.

La fille de Julien, Catherine Ouédraogo a aussi assuré que sa volonté sera perpétuée. Les œuvres du défunt seront exposées progressivement. L’homme dont les mains ont bâti et signé les armoiries de la commune de Gourcy, laisse dans ce musée une richesse immense et diversifiée. Tout le monde présent, la presse et invités sont restés sans commentaire, face à l’immensité de cette œuvre.

Naaba Baogo lors de la cérémonie du Napoussoum

Le maire de Gourcy, Dominique Ouédraogo, a pris la parole pour signifier que cette journée marque l’histoire de sa commune. La fierté de la commune. Un hommage a été rendu au disparu par une procession ayant conduit jusque sur sa tombe. Vinrent ensuite une visite guidée du musée et le lancement, du site web de Naaba Bongo de Gourcy. Ce musée rassemble les œuvres de l’artiste et la collection de celles découvertes sur son parcours burkinabè et africain. Des masques Gan, Bobo, Dagara, des sociétés ivoiriennes et maliennes. Un panorama culturel bien fourni qui s’est traduit par une collection de plus de 4000 objets dont certains sont déjà exposés, a assuré le conservateur Bambara, guide du jour. Les orateurs qui se sont succédé devant les populations et les autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses ont rappelé les hauts faits d’un homme présenté comme artiste, un homme de vision, un apôtre de la bonté et de la paix. Un mausolée aux lignes architecturales modernes érigé non loin du musée en son nom symbolise la présence de l’apôtre désormais. De même, l’inauguration de la place Naaba Warma, du mausolée et du baptême de rue au nom du même chef et la visite du bosquet de Naaba Baoogo de Gourcy ont rythmé la matinée.

Le soir, il est 15 heures 30minutes quand la mise en place de la population et des invités prend fin devant la cour royale. On attend le roi pour lui présenter les salutations. Il ne sort pas encore. Des artistes tiennent la foule en haleine par la musique traditionnelle. Pas question de jouer un rythme autre que celui du terroir. Le palais du Baogo naaba a commencé à refuser du monde à peine la cérémonie commencée. Toutes les couches socioprofessionnelles étaient présentes à la manifestation. Cela prouve à souhait que le chef a une autorité et qu’il peut compter sur ses sujets pour réaliser ses vœux. De son vrai nom Justin Ouédraogo, le Naaba Baongo doit aussi cette grande allégeance et cette grande courtoisie à son rang et son standing social. Des amis, et pas des moindres, ont fait le déplacement de Ouagadougou, Koudougou et Niamey au Niger, pour manifester, jusqu’aux portes du palais, leur amitié. Sa Majesté a certainement drainé ce monde fou grâce à sa fonction et sa popularité.

Un échantillon des oeuvres du musée Birgui

Le Napoussoum est une cérémonie qu’organise le chef après les récoltes afin de présenter aux mânes, la satisfaction de ses sujets pour la saison écoulée. Pour ce faire, les sujets apportent un peu de leurs récoltes au chef. Peu importe la quantité, c’est la symbolique qui compte. Le chef en profite à son tour pour demander aux mânes des ancêtres, leur intercession pour la réussite de la saison prochaine. Sous les rythmes des différentes communautés de Gourcy, le chef sort enfin de son palais accompagné des benda. Il reçoit les dons de ses sujets. Il retourne dans son palais et y ressort quelques minutes après. La cérémonie prend fin et place est laissée aux réjouissances populaires

 Sans doute que beaucoup et pas des moindres espèrent quelque chose en retour à travers cette démonstration de soumission et de solidarité au Naaba. La nature des cadeaux aussi laisse subodorer autre chose que le seul geste de saluer le chef pour la nouvelle saison. Pour ce Napoussoum, ce fut une grande fête, tellement l’engouement des populations a été grand, probablement du fait de la seule personnalité de Naaba Baogo. L’une des phases de la cérémonie, qui a émerveillé c’est cette énumération des chefs, généalogie que seuls connaissent quelques initiés qui détiennent jalousement leur secret. Avec une maîtrise totale des légendes, les chantres on fait une pure récitation des noms des différents nanamsés qui se sont succédé avant Naaba Baongo. Ce dernier a donc vu rappeler à son souvenir les autres rois qui l’ont précédé au trône avec une légende autour de chacun d’eux et tout cela dans la liesse et la ferveur populaires. De Naaba Sigri à Naaba Baogo en passant par le Naaba Kougri et le Naaba Wobgo, ces prédécesseurs ont été cités.

WB


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