Journées parlementaires de l’UPC dans la Sissili : Zoom sur la destruction des forêts

Publié le dimanche 24 mars 2013

Qui parle d’agro-business parle certainement de destruction de la forêt. Et la dévastation de cet environnement n’est pas sans conséquences sur la vie des êtres vivants. L’Union pour le Progrès et le Changement (UPC) veut faire de la question sa préoccupation. Elle en a discuté les 1ers et 2 mars derniers à Léo dans la Sissili lors de ses premières journées parlementaires.

« Destruction de la forêt et agro-business accentuant la précarité des exploitations agricoles familiales » C’est le thème mis sur le tapis pendant les 48 heures de réclusion dans la cité des ignames. Pour mieux cerner le sujet et trouver des solutions, trois sous-thèmes ont été traités : le déboisement, l’agro-business et le bio-digesteur. Sibiri Kaboré, le directeur régional de l’environnement et du développement durable du centre-ouest a présenté le 1er sous-thème. Et le constat est amer dans la mesure où plus les années passent plus on assiste à une réduction à l’hectare des forêts. Ainsi, dans l’intervalle 1992- 2000, on a constaté une destruction de 360.000 ha/ an. Entre 1983 et 1992, la destruction a été de 113.000 ha/ an alors que dans la période 1980-1983, la destruction était de 60.000 ha/an. Selon M. Kaboré, des efforts doivent être faits sinon le Burkina sera désertique d’ici à 2043. « Si le rythme de la destruction se poursuit, on n’aura plus de forêt au Burkina dans 30 ans » a-t-il dit. Et c’est dans ce sens que se fait le lien avec l’agro-business. Il ressort à ce niveau que les agro-business men ont monopolisé « plus de 40.000 ha » dans les provinces de la Sissili et du Ziro. La conséquence est que « des paysans se retrouvent avec moins d’un (1) ha de terre cultivable. Ils deviennent pour la plupart des ouvriers des agro-business men ».

 Auparavant, une visite de terrain a permis aux participants des journées parlementaires de toucher du doigt les réalités de la destruction de la forêt due à l’action des activités agro-business dans les environs de Léo.

Tous ces problèmes soulevés ont un lien étroit avec l’environnement. Et qui parle d’environnement parle d’énergies renouvelables. Et c’est là que le 3e sous-thème trouve sa légitimité. C’est Xavier Bambara, le coordonnateur national de bio-digesteur, qui a développé cette partie. Cette technologie, selon M. Bambara, permet de « préserver 4 ha de forêt » dans la mesure où elle réduit l’usage du bois dans la cuisine à travers la production du gaz. Le bio-digesteur produit également de l’électricité qui peut alimenter 9 heures de temps. D’où ces propos du député Bruno Kafando : « On se rend compte que nous aussi nous avons la possibilité d’imaginer notre propre développement. Ce sont des idées comme cela qu’il faut encourager. Et ceux qui ont trouvé ce processus méritent d’être encouragés. Nous ferons tout notre possible pour que cette idée soit effective au niveau de l’Assemblée nationale »

A l’issue des communications, les participants ont fait des recommandations qui sont entre autres : la mise en place d’une enquête parlementaire qui doit permettre de faire l’état des lieux de la pratique de l’agro-business ; l’application stricte du cahier des charges et enfin la possibilité d’expropriation pour non-exploitation ou sous-exploitation de l’espace agricole attribué aux fins d’agro-business. En ce qui concerne le bio-digesteur, ils recommandent le contrôle et la réglementation de l’exploitation des forêts à des fins de bois de chauffe ; la vulgarisation à large échelle du bio-digesteur de façon à couvrir le territoire national et la mise en place d’une subvention de l’Etat permettant aux populations rurales d’acquérir les bio-digesteurs à l’instar du gaz butane.

Basidou KINDA


Vu et entendu

Des questions
ethniques. Il ressort que les politiques divisent les gens. Et si on ne joue pas
balle à terre, la situation va empirer. Quand un Burkinabè est taxé d’étranger
dans son propre pays pour raison de politique, il y a un problème. Des propos du
genre : " tu es étranger, tu ne peux être élu maire ici " le confirment bien. Et
il faut arrêter avec cela. Du reste, " qu’est-ce que Salia Sanou a fait de mieux
que Koussoubé à la tête de la mairie de Bobo ? " La question de l’article 37
s’est invitée dans les causeries. " Le président même sait qu’il ne peut pas se
présenter en 2015. En tout cas avec sa mobilisation de la jeunesse, sa stratégie
d’approche des populations, l’UPC est bien positionnée. Aujourd’hui, même des
vieilles personnes disent qu’après 26 ans, il faut un changement. C’est donc à
vous les élus de consolider cette opportunité pour que les gens, surtout les
jeunes, chantent le changement jusqu’en 2015 " Cela est peut-être possible si
l’UPC se passe de certaines pratiques jusque là reprochées au parti au pouvoir.
Surtout qu’il y a des langues qui pensent que " d’un œuf de diable ne sort qu’un
petit diable ". Il s’agit de ne pas faire usage des biens publics à des fins
politiques. Or, lors de ces journées parlementaires, un élu a fait usage d’un
véhicule fond rouge dont on retient l’immatriculation.
Des élus craignent
pour leur sécurité. Le car qui a transporté les gens de Ouagadougou à Léo était
le symbole du " danger de la mort " Il avait en effet, un problème de freinage.
" Un car sans freins, c’est pour nous envoyer dans un trou et on va dire que les
députés de l’UPC sont tombés…Pour ces genres d’activités, c’est mieux qu’on vous
donne l’argent à louer le véhicule. Comme cela vous avez la maîtrise de la chose
" ont laissé entendre certains élus.
BK


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