La défiance des forces de sécurité est un jeu dangereux

Publié le jeudi 7 mars 2013

Par Newton Ahmed Barry

Peut-être sommes nous devant un désordre dont personne pour l’instant ne mesure la dangerosité. Dans une démocratie c’est le respect de la loi qui est le fondement de la société. Or respecter la loi, c’est donner la force aux institutions en charge de veiller sur l’ordre public et sur les libertés individuelles. Il se passe dans notre pays, que personne ne respecte plus les forces de sécurité.

 

On a vu, et cela est symptomatique de ce qui se passe sur l’ensemble du territoire, comment des individus, convoqués par la police et la gendarmerie, à Zabré, ont refusé de déferrer. Cette défiance continue toujours. Plusieurs personnes, continuent de ne pas déferrer aux convocations dans le cadre de l’enquête sur le drame du 31 décembre. Et sur qui croyez vous qu’ils s’appuient ? Sur des ressortissants du village à Ouagadougou, parfois des cadres de l’Administration, qui incitent leur parent à ne pas aller répondre.

 

 Il semble que ce sont les conséquences des actions du « Collectif ». Peut-être. Cependant, ceux de ces zélés qui poussent à la désobéissance aujourd’hui n’ont jamais participé à une seule marche du Collectif. Ils n’ont pas respiré les gaz lacrymogènes.

 

Parfois même, ils ont été les zélés détracteurs de ceux qui se sont sacrifiés pour que le Collectif obtienne les libertés individuelles, dont ils veulent aujourd’hui abuser. C’est vrai que les luttes sociales accouchent des avantages indiscriminés pour toute la société.

 

Ceux, (ils sont peu), qui ont tout sacrifié pour le résultat d’intérêt commun et ceux (plus nombreux très souvent) qui ont été indifférents ou ont combattu les intrépides lutteurs pour plus de liberté et de pain. Tous doivent jouir des droits obtenus. Mais une fois que la lutte a payé, les détracteurs sont les premiers à exiger la jouissance intégrale des avantages conquis.

 

Pour ce qui concerne les libertés que nous avons obtenues grâce à la lutte du collectif, certains voudraient aujourd’hui les travestir. La liberté sociale ne veut pas dire que chacun peut faire ce qu’il veut. Elle signifie que personne ne peut-être abusivement brimé par qui que ce soit. Mais cela se fait dans le cadre des procédures et dans le cadre des lois. Quand les forces de l’ordre vous convoquent vous devez impérativement déferrer qui que vous soyez. Vos droits doivent être garantis tout le long de la procédure. Si tel n’est pas le cas, ce n’est pas à vos parents ou proches, haut placés soient-ils, de vous rétablir dans vos droits, mais c’est en suivant les voies prévues à cet effet.

 

Si personne ne devrait plus déferrer à la convocation des forces de l’ordre et des institutions habilitées, dans quelle société serions-nous ? Dans les pays démocratiques, entraver pareilles actions est susceptible d’opprobre public. Un haut placé devrait donc user de sa position pour renforcer les institutions de la république et non les affaiblir.

 

Depuis des années, il est régulièrement fait état de la nécessité d’une instruction civique dans les écoles. Il est temps qu’elle commence. Le respect des lois et des institutions par tous, sans distinction, est le gage de la sécurité et de la liberté pour tous. C’est vrai que Blaise Compaoré, dans l’affaire Norbert Zongo, n’a pas montré le bon exemple.

 

Certains pensent même que c’est de là que date la dévalorisation de nos institutions. Cependant, devons-nous, sous ce prétexte fondé c’est vrai, détruire notre pays ? Si le Burkina devient invivable demain, Blaise et les siens trouveront à coup sûr, des horizons plus cléments, pour digérer ce qu’ils ont amassés. Depuis mars 2012, le Mali est dans la tourmente. ATT et les siens sont où ? Dans la paisible capitale Sénégalaise, le moral aux chaussettes, certes, mais ce n’est pas Lobo Touré, l’épouse de ATT, qui est obligée de porter le voile.

 

Il faut donc que nous sachions raison garder. Personne ne gagne dans ce processus de bafouement des institutions et des Forces de sécurité. Ce que l’on peut exiger, c’est que le gouvernement crée la police des polices. Que sur les manquements dénoncés, une telle structure entreprenne des enquêtes et que les fautifs soient punis.


Commenter l'article (0)