Mali:Les djihadistes du Mujao s’en fou la mort

Publié le mardi 5 mars 2013

Pendant deux jours, une vingtaine de djihadistes, membres du Mujao ont tenu tête aux militaires maliens et français, surarmés. Pour les anéantir, il a fallu tout détruire du palais de justice et de l’hôtel de ville. Par petits groupes, comme des éphémères attirés par la lumière, les djihadistes s’infiltreront dans les villes qu’ils ont contrôlées des mois durant, pour y mourir en faisant autant de dégâts possible. 

 

Les témoignages des militaires maliens, lors des combats de Konna en janvier sont complètement ahurissants. Un soldat malien explique : « un djihadiste avait été atteint gravement avec des intestins dehors. Mais il avançait quand même vers nous, son fusil au poing ». Un autre explique qu’un des djihadistes, gravement blessé, (il avait une grosse fracture ouverte) capturé avait été soumis à une séance de torture. « On a mis du piment et du sel sur sa plaie ouverte. Il nous regardait et s’en amusait ». Alors il se posait la question de savoir à quoi carburaient ces gens là ? L’endoctrinement seul peut-il suffire à fabriquer des monstres pareils ?

Avec la chute de Gao et les découvertes qui ont été faites dans les résidences qui les abritaient, le voile se lève un peu sur ce qui conditionne ces dijihadistes qui ne craignent pas la mort. Les découvertes montrent que les djihadistes se shootaient avec de la Kétamine, un puissant anesthésiant utilisé dans le traitement des animaux. Quand ils s’injectent cette substance, on peut les couper en petits morceaux, ils ne sentent pas la douleur. On peut même tirer sur eux, ils continuent d’avancer. Il y a quelques jours à Gao, les soldats maliens, à un check point, repèrent des éléments djihadistes. Ils se mettent à tirer pour les dissuader d’avancer. Peine perdue. Ils ont continué à avancer, parce qu’ils voulaient s’approcher le plus possible des soldats maliens avant de faire exploser les ceintures d’explosifs qu’ils portaient. Ils y sont parvenus en partie. En s’explosant au plus près des soldats, ils avaient réussi à en blesser certains.

Une autre technique imparable pour faire des victimes dans les rangs des militaires de la coalition, consisterait à piéger les cadavres des djihadistes morts pendant les combats. Quand un djihadiste tombe, son cadavre est piégé par ses camarades. Il explose et fait des dégâts, quand les vainqueurs, après des combats violents s’aventureront dans les décombres des édifices qui ont servi de théâtre au combat.

C’est donc une partie dangereuse qui se joue présentement après une première phase où l’armée française s’est baladée. Des groupes islamistes qui ont sévi dans le nord malien, le Mujao est présentement celui qui est le plus actif et qui est décidé à défendre son fief de Gao. L’organisation djihadiste semble s’être particulièrement bien préparée. En une semaine, il a réussi à installer la psychose dans cette importante ville du Nord Malien. Les constatations qui ont été faites après les combats violents du 22 et 23 février dernier, l’organisation utilise des enfants qu’elle envoie à la mort, après les avoir drogués à la Kétamine. C’est une vingtaine de ces combattants qui ont pu, avec des complicités dans la ville, s’infiltrer dans les édifices publics majeurs de Gao. Ils ont tenu leur position, jusqu’à la destruction presque totale des édifices. Les militaires maliens n’y sont pas parvenus seuls. Il a fallu les moyens aériens des français pour les neutraliser.

Les choses s’annoncent donc compliquées, pour les troupes de la MISMA qui devront assurer la sécurisation des villes. C’est sûrement en raison de ces difficultés, que seuls les tchadiens et les nigériens sont actuellement aux côtés des militaires français et des maliens, dans les grandes villes du nord. Les autres attendent loin derrière, dans des régions plus clémentes. Les troupes burkinabè, dont on ne parle presque plus, seraient toujours à Markala, affectés à la surveillance d’un pont stratégique. On l’a vu à Gao, peu de militaires africains peuvent faire face à la détermination de ces djihadistes. En petits groupes et d’une férocité inimaginable, ils peuvent mettre en déroute n’importe quel bataillon, moins bien équipé et pas assez préparé à cette forme de guerre que les spécialistes appellent la « guerre asymétrique ».

 Par Newton Ahmed BARRY

Bientôt les casques bleus

Les forces onusiennes devraient, à très court terme, remplacer la MISMA dont
le déploiement est en cours, laborieusement. Les maliens semblent maintenant se
résoudre à accepter les casques bleus qu’ils disaient ne pas désirer. L’argument
des « capricieux maliens » ou du moins de ceux qui ont un nationalisme de
mauvais aloie, chevillé au corps, les casques bleus dans un conflit, c’est
l’enlise assuré. Mais les jusqu’au boutistes semblent avoir ravalé leur fierté.
Le Mali dans sa situation actuelle, par leur faute certainement, n’est pas en
mesure de faire le difficile. Le premier ministre Diango Cissoko dans une
interview à France 24 a indiqué que le Mali avait saisi officiellement l’ONU
pour demander le déploiement des casques bleus. C’est donc l’ONU qui devrait
selon toute vraisemblance succéder à l’opération « Serval ». La traque contre
les islamistes dans les montagnes des Ifogas devrait prendre fin d’ici là. Du
moins l’espère-t-on. Le défaut des casques bleus, c’est qu’ils ne combattent
pas, ils s’interposent. Dans la situation du Mali, on ne voit comment une
pareille mission pourrait s’accomplir. Il faudra donc adapter le mandat et
envoyer les troupes qu’il faut et non les chasseurs de primes n

NAB


Les premières pertes militaires

En près d’un mois et demi d’engagement dans le nord malien, les premières
pertes de soldats sont enregistrées. Les français, qui sont obligés d’être
transparents ont indiqué avoir perdu deux militaires. Un officier aviateur, le
premier jour de l’engagement de la France à Konna et un légionnaire d’origine
belge, dans les combats dans les montagnes des Ifogas. Les français ont
enregistré aussi des blessés. Du côté malien les chiffres sont peu précis. Les
deux jours de combats violents à Gao, contre la vingtaine de djihadistes du
Mujao, n’auraient officiellement fait que des blessés.

Les tchadiens sont ceux qui ont payé le plus lourd tribut à cette guerre.
Dans un affrontement dans les montagnes des Ifogas, contre une brigade
djihadistes, les tchadiens auraient perdu une vingtaine de soldats (23
militaires plus précisément, pour qui Djamena se prépare à organiser des
funérailles nationales). Les communiqués de l’armée tchadienne indiquent que
l’affrontement a permis de tuer 93 djihadistes. Ces chiffres témoignent d’une
chose, les combats sont violents dans les montagnes, comme on le craignait du
reste. Les groupes islamistes qui connaissent mieux le terrain y sont
inatteignables. Après avoir pris Kidal, les français qui ont voulu s’appuyer sur
les touaregs du MNLA, avaient engagé leurs forces spéciales, des unités d’une
dizaine d’hommes, plus mobiles, qui devraient avec la connaissance du terrain,
des gens du MNLA organiser la traque des islamistes. Deux semaines après
l’opération, il apparaît de plus en plus évident que les combattants du MNLA
sont d’une utilité relative n

NAB


Commenter l'article (12)