Arrondissement 4 : Zakaria ou Anatole comme maire ?

Publié le mardi 5 mars 2013

Les clivages dans le parti peuvent maintenant renaître. Zakaria, opportuniste à souhait a rejoint le camp fedabéciste. Mais Anatole Bonkoungou ne veut pas se laisser coiffer par ce converti de la 25ème heure. La bataille est donc engagée. Chacun brandit sa fidélité à François Compaoré pour fonder ses prétentions.

 

Dans l’arrondissement 4, c’est le maire sortant Zakaria Sawadogo et Anatole Bonkoungou qui vont s’affronter. Anatole Bonkoungou a été candidat malheureux en 2006 et cette fois ci, il ne veut pas laisser sa chance passer. C’est un natif de l’arrondissement et son adversaire l’accuse d’user de cette corde pour justifier et légitimer sa candidature. Zakaria Sawadogo lui termine son deuxième mandat à la tête de la commune. Son adversaire voudrait donc lui appliquer « l’article 37 », même si par ailleurs en bon Fedabéciste Anatole est opposé à ce que cet article de la Constitution soit appliquée à Blaise Compaoré, son champion. Les deux prétendants se savent et se pratiquent depuis 2002. Anatole jusque là premier adjoint de Zakaria a commencé à lorgner le fauteuil du maire depuis 2006. Mais à cette date, Zakaria ancien de la CNPP, avait encore le vent en poupe. Depuis le congrès de mars 2012, Anatole est en pôle position. C’est en effet « le soleil » de la FEDAP/BC qui brille actuellement sur le CDP. Anatole est donc fondé de croire que son heure est arrivée. Anatole Bonkoungou est aujourd’hui le coordonnateur de la FEDAP/BC dans l’arrondissement 4. Une position qui l’a beaucoup avantagé pendant la confection des listes pour les municipales. La liste proposée par les structures de base du CDP a été modifiée à la dernière minute. Anatole a eu le privilège de proposer des candidats qui ont remplacé ceux concoctés par les structures de base du parti. La plupart des candidats favorables au maire sortant ont été écartés de la liste. De nouveaux noms ont été proposés à Salif Sawadogo, ancien ministre de l’environnement et considéré dans l’arrondissement comme celui qui a aidé Anatole Bonkoungou à changer la liste. A l’issue des élections, le CDP a remporté 14 des 20 sièges de conseillers de l’arrondissement.

Anatole Bonkoungou au milieu des CRS

La plupart des conseillers élus ont été proposés par Anatole Bonkoungou mais ils ne lui sont pas totalement acquis. Avec Zakaria Sawadogo tout peut arriver, commente un partisan de Anatole Bonkoungou. Le parti avait demandé aux deux prétendants de se calmer pour attendre des instructions. Lors d’une rencontre qui a réunit les responsables du parti et les partisans des deux clans à l’issue des élections, les supporters de Anatole ont même refusé que le maire prenne la parole parce qu’il aurait soutenu des candidats de partis adverses. La décision du parti est maintenant attendue pour mettre fin à la rivalité. Certains responsables du parti à la base ont déjà commencé le travail. Le représentant des anciens du secteur 20 a pris fait et cause pour Anatole Bonkoungou. Il a réuni les trois conseillers du secteur pour leur dire clairement qu’ils doivent voter Anatole Bonkoungou le jour de l’élection du maire. Pour être à l’abri de toute surprise, le clan Bonkoungou prépare son propre plan. Ses partisans ont déjà approché l’opposition. L’UPC a obtenu 3 conseillers, 1 pour Le Faso Autrement, 1 pour RFI et 1 pour le MPA. Les deux derniers cités sont considérés comme acquis à la cause de Zakaria. On les soupçonne même d’avoir incité et soutenu des candidatures dissidentes pour contrecarrer la mise à l’écart de ses partisans sur la liste du CDP. Il est considéré comme l’un des proches de Simon Compaoré et de Roch Marc Christian Kaboré. C’est un ancien militant de la CNPP. Les conseillers de l’UPC ont été contactés par les partisans de Anatole Bonkoungou. Ils n’ont pas encore donné leur réponse. Mais, ils ne devront pas tarder à le faire. Par contre, le candidat de Le Faso Autrement qui a aussi été contacté se dit disposé à soutenir la candidature de Anatole Bonkoungou. L’objectif pour eux, c’est de tout faire pour que Zakaria Sawadogo ne soit pas réélu pour un troisième mandat à la tête de l’arrondissement 4. Si Bonkoungou réussit à convaincre les 3 conseillers de l’UPC et de Le Faso Autrement même sans l’accord du parti, il pourrait tenter encore un passage individuel le jour du vote comme en 2006. Il est au moins sûr que parmi les 14 conseillers du CDP, il ne devrait pas avoir de difficultés à convaincre la plupart de ses partisans. Les partisans de Zakaria sont conscients des enjeux et sont au courant de tout ce qui se trame. L’homme a mis en place un système de mobilisation. De nombreuses associations féminines et de jeunesse lui font allégeance. Zakaria sait aussi qu’il devra se battre pour se maintenir. Son image a été fortement écornée avec ces élections. Il a été au centre des polémiques à l’issue des élections. Il est accusé d’être à la base des irrégularités constatées et qui ont conduit à la reprise des élections.

Tableau des résultats municipales comparés de l’UPC et du CDP (2 décembre et 17 février) dans le Kadiogo

A la reprise, tout n’a pas été clean non plus dans son arrondissement. C’est là bas encore qu’un des présidents de bureau de vote et son assesseur ont été surpris en train de parapher les bulletins de vote la veille de l’élection. Ces deux membres ont été relevés et remplacés. Un des électeurs a été pris également le jour du vote, le 17 février avec un bulletin de vote déjà paraphé. L’affaire a été confiée à la gendarmerie qui mène l’enquête. Mais on devrait s’attendre à ce que le conseil d’Etat valide les résultats de ces élections d’autant plus que la plupart des partis semblent avoir déjà tourné la page. Il n ya pas de recours. Le Faso Autrement qui a été au centre de la contestation des résultats avec leur candidat Omar Sawadogo semble accepter les résultats. Plus présent sur le terrain que les autres partis de l’opposition, Le Faso Autrement n’a pas pu améliorer ses résultats. L’UPC n’a pas vraiment battu campagne pendant ces reprises mais, ils ont malgré tout pu conserver les trois sièges de conseillers. Le grand perdant de cette élection demeure l’UNIR/PS dont le candidat qui était déjà conseiller n’a pas pu renouveler son mandat.

Par Moussa Zongo

 


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