Municipales, la reprise promet !

Publié le vendredi 1er février 2013

Par Newton Ahmed Barry

Dans le Kadiogo particulièrement, le duel CDP/UPC va être épique. Deux arrondissements seront entièrement repris et dans les dix autres, les bureaux de vote où il faut reprendre le vote sont conséquents. Il y a donc un réel enjeu.

 

Les premières déclarations de la CENI, laissent penser, que l’institution veut jouer réellement son rôle en se tenant à équidistance des compétiteurs. On attend de voir si les actes vont tenir les promesses des paroles.

On peut se douter que le combat sera très dur.

 

D’abord, parce qu’il faut que le CDP montre qu’il n’a pas volé ces quatre députés. Quatre députés, alors que toutes les estimations sérieuses, évaluent l’assise du CDP au Kadiogo entre 20 et 25% de l’électorat. Il faut confirmer en remportant les municipales.

Ensuite le CDP/ Kadiogo peut compter sur ses ministres, ses députés et ses traditionnels bailleurs de fonds. Les autres partis de l’opposition sont sur des rotules. Le nerf de la guerre va sérieusement faire défaut.

 

L’UPC peut-être, avec la mise à contribution de ses députés. Mais on peut imaginer que l’UPC qui a rué contre les résultats du premier tour, s’investisse pour se faire justice. Les autres de l’opposition par contre du point de vue logistique devraient tirer la langue. On ne reconstitue pas, en si peu de temps, un trésor qui n’a jamais existé.

 

Une semaine de campagne va être longue. Le débat politique sera-t-il au rendez vous ? Comment il va s’organiser et sur quel thème ? Les thèmes ! Ce n’est pas ce qui manque. Mais l’opposition a-t-elle jamais su en tirer profit ? C’est là où le bât blesse. Ce pouvoir fait tellement de gaffes, mais il a une chance inouïe, ses vis-à-vis sont inaptes dans la contradiction politique.

 

Ainsi, Luc Tiao, le premier ministre, peut dire aujourd’hui quelque chose et exiger demain, que personne ne lui demande des comptes. En septembre, sans que personne ne le lui demande, il avait déclaré la guerre aux corrompus de l’administration. Il s’est rétracté depuis, accusant les burkinabè d’être des « vampires » à la recherche de charognes. C’est quand même fort de café, non ?

 

Il faut cependant, provoquer le débat. Notre démocratie, contrairement au Sénégal et au Niger, souffre du manque d’espaces publics de débat. Les initiatives en matière de création de télévision sont rares. Or le débat moderne se déploie spécifiquement à la télévision.

 

Ensuite nous avons un Conseil supérieur de la communication qui est en retard d’une évolution. 23 ans après la Baule, l’institution de régulation des médias veut nous ramener en Albanie de Enver Hoxa. Le débat sur les médias audio visuel s’appauvrit, contraignant l’institution à en susciter.

 

En comparaison avec les années 90, nous avons reculé d’une vingtaine d’années. Tout ça parce que la parole doit « être tenue ». Peut-être faut-il rappeler aux chers conseillers du CSC, cette parole prophétique de Victor Hugo, défendant la liberté de la presse, à la constituante du 11 octobre 1848 : « faites attention à cette vérité que Cromwell n’ignorait pas, et que Bonaparte savait aussi : Le silence autour des assemblées, c’est bientôt le silence dans les assemblées ». 

 

On peut et comme s’est rare, se réjouir du courage du Conseil d’Etat. C’est à lui que nous devons la reprise du scrutin, surtout à l’arrondissement 4 de Ouagadougou. Le Conseil d’Etat sauve l’honneur de la justice. Le travail de contrôle et de compilation a été sérieux et méticuleux. La décision publiée sur le site web de l’institution est bien argumentée.

 

Le Conseil constitutionnel, à l’opposé, a fait le service minimum. Comme dit Beaumarchais « Sans la liberté de blâmer, il n’y pas point d’éloge flatteur ». Pour cette raison, reconnaissons le mérite de notre juge administratif. Depuis 2010 il a su se mettre à la hauteur de sa mission au service de la démocratie.

 


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