Contre-jour de l’Eve 248

Publié le vendredi 1er février 2013

Justice : Plainte contre le fils aîné
de feu Ouezzin Coulibaly

C’est une affaire qui fait grand bruit,
en raison de la qualité du mis en cause. Thomas Désiré Coulibaly, ancien cadre
d’Air Afrique, fils aîné de feu Ouezzin Coulibaly est l’objet d’une plainte de
la part de commerçants locataires d’un immeuble sis à Adjamé ayant appartenu à
son défunt père. L’affaire est en principe appelée ce jour même au tribunal de
première instance d’Abidjan

C’est en sa qualité de mandataire des ayants-droit de feu Ouezzin Coulibaly
que Thomas Désiré Coulibaly a informé les locataires, courant octobre 2012, que
d’importants travaux de démolition et de reconstruction seront entrepris sur la
parcelle CK 336 du lot 186 à Adjamé-sud Dallas (Etrangers). Ces derniers étaient
invités à libérer les lieux au plus tard le 31 du même mois. Dans le même temps,
l’information était notifiée aux intéressés par exploit d’huissier. Depuis plus
de 10 ans l’immeuble était occupé par divers services : maternité, boutiques,
ateliers de couture, imprimerie, maintenance informatique etc… Selon certaines
informations, la parcelle a été vendue à une banque de la place. Mais
apparemment, les anciens occupants des lieux n’ont pas été informés de la
transaction, ce qui leur aurait permis de se préparer. Quoi qu’il en soit, une
semaine après la notification, ces derniers continuaient de squatter les lieux,
tout en se démenant pour obtenir une prorogation du bailleur. Une demande
d’audience en date du 14 novembre a été adressée dans ce sens auprès de M. 
Thomas Coulibaly. Les locataires entendaient lui demander de leur accorder ce
qu’ils appellent un congé légal d’expulsion. Mais celle-ci n’aurait pas prospéré
puisqu’une mise en demeure leur a été adressée le 20 novembre, les enjoignant de
vider les lieux dans les 72 heures. Le jour J, des engins envoyés par la mairie
d’Adjamé étaient sur les lieux et ont entièrement démoli le bâtiment avec
boutiques et ateliers. Cette situation est vécue par les locataires comme un
véritable déni de droit. C’est en effet leurs lieux de travail qui ont été ainsi
détruits et cela sans égard pour leurs préoccupations. Certes, les propriétaires
du site estiment-ils ont parfaitement le droit d’en faire l’usage qu’ils
souhaitent. Pour autant cela ne les autorise pas à commettre un abus de pouvoir.
Convaincus que leurs droits ont été lésés dans cette affaire, les ex-locataires
sont partis en justice pour obtenir réparation. Une affaire en tout point
regrettable, dans la mesure où elle renvoie à la mémoire d’un illustre
personnage connu pour son combat pour l’émancipation des peuples noirs et pour
la fondation de l’Etat voltaïque. Affaire à suivre.

GBN

 


Chefferie coutumière
Le Mogho Naaba et
l’anachronisme des mythes

Les chefs coutumiers sont les garants
de la tradition. Incarnation des valeurs ancestrales, ils sont les derniers
recours dans la chaîne de résolution des conflits. La parole du chef est sacrée
dit-on, d’où son infaillibilité. Celle-ci se délivre généralement suivant une
procédure garante de l’infaillibilité du chef. Mais aujourd’hui, les choses ne
sont plus ce qu’elles étaient. Le ca s du Mogho l’atteste bien.

Au Burkina Faso, il est plus facile de voir le Mogho Naaba que le président
Blaise Compaoré. Au Ghana par contre, il est plus difficile de voir le chef
coutumier que le président. La dernière apparition publique du Mogho Naaba
remonte au 18 janvier 2013 à l’occasion de la rentrée télévisuelle dont il a été
le parrain. Ce n’est pas en soi un mal mais c’est un mythe qui s’en va avec ses
sorties de plus en plus fréquentes dans l’espace public. On l’a vu pendant les
mutineries de 2011où, à partir du palais présidentiel de Kosyam, il invitait les
différents acteurs à la retenue. Une sortie sans succès puisqu’il a fallu mater
les militaires. De la même manière, le mogho naaba est intervenu dans le cadre
de la lutte contre les mutilations génitales féminines. En sa qualité de leader
d’opinion, on s’attendait à ce que son intervention change la donne
radicalement. Là encore, les choses ne sont pas aussi simples, puisque la
pratique se poursuit en particulier sur le plateau mossi. Idem en ce qui
concerne la campagne contre l’exclusion sociale des femmes où les résultats, là
encore restent très modestes. En 2009, il s’était joint à la commission
épiscopale " justice et paix " pour demander la fin de ces pratiques. " Le monde
évolue et en tant que gardien des valeurs ancestrales, nous ne saurons
encourager de telles pratiques " avait-il déclaré aux autres chefs coutumiers et
aux populations en mars 2010 à l’occasion de la marche contre l’exclusion
sociale et les violences faites aux femmes. Mais force est de constater que ces
pratiques demeurent toujours. En se jetant à l’eau, le Mogho naaba fait sans
doute œuvre utile mais cela n’est pas sans conséquence sur l’image que l’on se
fait de lui et les risques de perte de crédibilité. On peut se demander quel
intérêt y a-t-il pour le Mogho naaba de s’exposer comme dans le cas de la
cérémonie de remise officielle du prix Miss étalon ? Disons que, quand un
gardien de la sagesse s’expose publiquement dans des événements mondains, il
finit par être considéré comme un politicien par l’opinion publique et son
crédit de confiance ne pourra que baisser.
Autre exemple, c’est le fait que
le souverain s’exprime sans intermédiaire. En la matière pourtant, Amadou
Kourouma a prévenu : "En Afrique un chef parle par l’intermédiaire de son griot.
S’il se trompe, il peut revenir en arrière en faisant comprendre que c’est le
griot qui s’est trompé." C’est pourquoi on dit qu’un " chef ne se trompe pas ".
S’il lui arrive de se tromper, il peut toujours l’imputer au griot. Alors que si
le chef s’exprime sans intermédiaire, il ne peut plus revenir sur ses
paroles.

Basidou KINDA


Energies renouvelables
SNV ouvre son bureau mondial
à Ouagadougou

L’organisation néerlandaise de développement,
SNV, dispose, depuis début janvier, d’un bureau sectoriel des énergies
renouvelables à Ouagadougou. Le 18 janvier dernier, elle a procédé au lancement
officiel des activités.

Faciliter l’accès des ménages et petites entreprises à des sources d’énergie
propre et fiable, créer un environnement favorable au développement des énergies
renouvelables. Ce sont entre autres, les raisons qui ont motivé l’ouverture du
bureau mondial du secteur des énergies renouvelables à Ouagadougou. Ce bureau a
pour mission d’appuyer les 8 bureaux nationaux en Afrique de l’Ouest et du
centre et les 21 autres représentations mondiales (Afrique de l’Est, Asie,
Amérique Latine) de la SNV. Selon elle, l’inaccessibilité à l’électricité est
source de pauvreté, de maladies et de destruction des ressources naturelles. En
mettant ce bureau sur pied, elle entend mettre le biogaz, la biomasse, les
foyers améliorés, l’électricité solaire à la portée des populations, protéger
l’environnement et réduire l’émission des gaz à effet de serre. Déjà, par le
passé, plus de 500 000 ménages ont bénéficié des installations de biogaz.
A
l’horizon 2015, la SNV compte renforcer les capacités et performances de 800
organisations partenaires de 10 pays intervenant dans le même domaine. Accroître
également l’utilisation des sources d’approvisionnement de 3 millions de
personnes à revenu modeste, augmenter le revenu de 600 000 personnes et créer
des emplois pour 100 000 personnes font partie de ses projets. Afin d’atteindre
ses différents objectifs SNV envisage investir 59 000 000 d’euros.

Gaston SAWADOGO (Stagiaire)


La méthode Tiao
Promettre, il en restera toujours
quelque chose !

Après la formation de son nouveau gouvernement,
Luc Tiao s’est soumis à l’exercice de la conférence de presse. Une situation
délicate, tant les prouesses non tenues enchaînent le prévenant LAT.

Les journalistes pouvaient-ils ne pas commencer par la question de la liste
des corrompus ? Non évidemment. Luc Tiao lui par contre ne cesse de varier sur
ses réponses. Maintenant, il accuse les burkinabè "de vouloir" du sang. Il ne
veut pas donc faire droit à ce qu’il appelle "un caprice des burkinabè, qui sont
morbides". C’est donc entendu. Il ne faut plus rien demander à Luc sur cette
question. Or c’est lui-même, sans que personne ne le lui demande, qui avait
promis qu’il allait scalper les "vampires" de notre économie.
Il ne veut
plus, non plus, qu’on lui parle encore de Guiro : " je n’ai plus rien à dire dans
cette affaire Guiro. Nous avons fait ce que nous pouvions". Donc acte ! En outre
il dit ignorer les conditions procédurales de la candidature de Guiro pour les
municipales de 2012. "J’ai découvert l’affaire Guiro comme tout le monde dans la
presse" Il n’y a d’ailleurs pas trouvé d’inconvénient. "Dans la mesure où
Ousmane Guiro était en liberté provisoire et n’ayant pas été condamné, il avait
la possibilité de se présenter aux municipales, si l’on reste dans le "droit
strict""
En politique, vraisemblablement, les promesses sont les choses les
plus faciles à faire. Alors, au gouvernement dit de "combat" qu’il vient de
former, il a assigné une longue liste de choses à faire, peut-être pas forcément
à réussir. La méthode serait "celle de l’eau qui dort". On ne devrait voir que
les résultats et non les actions. Ça promet donc. Pour réclamer des comptes, il
faut d’abord voir l’action. Avec Luc 3, on ne verra que les résultats : "Nous
travaillons en silence et les choses avancent". Pour l’instant il faut bien
écarquiller les yeux pour voir les choses qui avancent. Au niveau de la santé,
comment sauver Yalgado ? Le SYNTSHA vient de sortir d’une grève particulièrement
éprouvante pour les malades. Que va faire Tiao ? Il faut attendre les résultats
du travail silencieux. Les habitants de la Tapoa sont donc prévenus. L’appareil
de radiologie devrait leur parvenir en silence. Luc avait donné un délai, mais
c’était Luc2. Luc3 n’y est plus tenu. En effet, le 4 janvier 2012, il avait
promis, dans un délai d’un mois, un appareil de radiologie au centre médical
avec antenne chirurgicale (CMA) de Diapaga pour soulager les populations qui
sont obligées de parcourir 240 km pour se rendre à Fada en cas d’urgence.
Luc Tiao aura à prendre sans délai une décision douloureuse en ce qui
concerne l’université. Parce que pour normaliser les choses dans nos
universités, il faut beaucoup d’argent. Luc a parlé de plus de 1900 milliards de
francs CFA (plus que ce qui est prévu dans le budget national estimé à 193
milliards FCFA) pour sortir les universités publiques de la léthargie actuelle.
On le sait, l’Université de Ouagadougou rime désormais avec désordre. Quelle
solution ? A écouter le premier ministre cela est une évidence : "nous allons
prendre une décision définitive à la fin de ce mois (janvier). Une thérapie
choc… J’espère que si nous fermons l’université vous allez nous soutenir". Volet
logement, le premier ministre va devoir batailler fort contre des bailleurs
véreux qui ne sont jamais en règle de leurs impôts mais qui ne tardent pas à
augmenter les prix des loyers selon leurs humeurs. A ce sujet, il a promis une
règlementation " très bientôt " qui va fixer les prix des logements. Mais dormir
sur la natte d’autrui, c’est dormir à même le sol dit-on. Avoir un ’’chez soi’’
semble être la solution efficace. Luc Tiao a donc promis des états généraux "
très prochainement " sur le lotissement. En plus de ces fronts ouverts, il faut
inclure les promesses tenues pendants les élections couplées de décembre 2012.
Quand le premier ministre peut aller dire aux ’’parents’’ de son ministre Bertin
Ouédraogo que "c’est un bon ministre, il travaille bien " pour avoir leurs voix,
courber l’échine devient une nécessité pour honorer son image. Ce gouvernement
est donc dans l’obligation d’être combatif.
Basidou
KINDA


Tournée du club CJCN/SA dans la Gnagna et le
Séno
L’apport nutritionnel : une solution pour combattre la
malnutrition

La situation de la malnutrition au Burkina est
alarmante. Les statistiques font état de plus d’un enfant sur 3 de moins de 5
ans qui souffre de malnutrition chronique. Plus grave encore, un enfant sur 5
souffre de malnutrition aiguë. Ces mêmes statistiques révèlent que la cause du
décès d’un enfant de moins de 5ans sur 2 est liée à la malnutrition. Ces
résultats ont donc interpellé le Club des Journalistes et Communicateurs en
Nutrition et Sécurité Alimentaire (CJCN/SA) sur la nécessité d’œuvrer à lutter
contre ce fléau. Pour ce faire il a effectué un voyage d’étude les 29, 30 et 31
octobre 2012 dans les régions de l’Est et du sahel pour constater les efforts
faits dans le but de réduire le taux de mortalité des enfants lié à la
malnutrition. Au nombre d’une dizaine, les journalistes ont pu visiter des
structures qui ont en charge la production de farines nutritionnelles enrichies
à base de produits naturels et locaux. Parmi elles, l’unité de production du
groupement féminin " Yempabou " basée à Manni. Dans celle-ci, une équipe
dynamique composée de cinq femmes a démontré leur savoir-faire dans la
production d’aliments riches en minéraux et en vitamines destinés aux enfants et
aux femmes en âge de procréer. Le tri des céréales est minutieux. L’hygiène y
tient une place de choix. Pendant que certaines font le mélange du petit mil, de
l’arachide, du haricot, du soja, du sucre, du sel et des vitamines, d’autres
préparent les marmites modernes chauffées à un très haut degré pour la cuisson.
Cette manière de chauffer le mélange à un haut degré de température permet,
selon la présidente du groupement, Agathe Dabourgou : " de minimiser les risques
de maladies telles le choléra, la fièvre typhoïde et autres, dangereux pour les
enfants ". Un des produits finis issu de cette préparation est appelé le "
Yonhanma " qui est une farine de bouillie infantile enrichie en minéraux et
vitamines qui vient en complément du lait maternel à consommer à partir de 6
mois. Il ya aussi des compléments alimentaires pour eau blanche et aussi pour
farine ménagère. Ces produits sont élaborés avec l’appui technique du projet
Nutrifaso à travers le Gret. A Dori, c’est l’unité de production artisanale de
l’Association Burkinabè des unités Misola (AB Misola) et le Centre de
Récupération et d’éducation nutritionnelle (CREN) du Centre Hospitalier Régional
(CHR) qui ont été présentés à la presse. A la différence de Manni, seul le nom
du produit change, sinon les compositions alimentaires restent telles. L’unité
de production a été créée en 2003 et compte 26 unités réparties dans 12 régions
du Burkina. Le CREN quant à lui reçoit les enfants malnutris compliqués. Le
docteur Sandrine Kaboré a déclaré que ces enfants lui sont recommandés par les
CSPS et que leur cas sont souvent déjà critiques quand ils arrivent. Pour
l’instant, le docteur affirme que le partenariat entre le Gret et le CHR n’est
pas encore effectif mais qu’avec la présence de la chargée de communication et
marketing Diarratou Zeba, elle verra d’ici là comment intégrer cette farine dans
l’alimentation des enfants.

Michaël Pacodi
pacomik@yahoo.fr


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