CAN 2013 : Un vent favorable sur les Etalons

Publié le vendredi 1er février 2013

Le match nul arraché dans les ultimes secondes face au Nigéria par les Super Eagles lors du premier match des Etalons dans la CAN Af’Sud 2013 fait rêver. C’est vrai que le scénario n’est pas nouveau et qu’il faut attendre les autres matchs pour voir. Mais un vent favorable souffle sur les Etalons. L’union nationale est presque faite : le sort, une fois, est avec les Etalons et il faut capitaliser ces signes positifs.

 

La CAN Af’sud 2013 est-elle l’édition de la différence ? Tous les fils et les filles du Burkina Faso l’appellent de tous leurs vœux. On aimerait bien voir changer le scénario écrit d’avance qui veut que les Etalons disent « bonjour et au revoir » aux phases finales des CAN. Les nombreuses éliminations semblent avoir fait grandir la sélection. Déjà, le ministre des Sports et des loisirs a donné le ton à Ouaga refusant d’organiser une visite des joueurs chez le président du Faso avant le départ. « S’il faut aller chez le Président du Faso, ce sera après la CAN » a soufflé le ministre Yacouba Ouédraogo. Changement plein de sagesse, tant les rendez-vous avec le chef de l’Etat pendant lesquels les joueurs juraient de faire une « bonne CAN » restaient sans effet. Il n’y a pas que le ministre Yacouba Ouédraogo qui a changé de méthode. Le staff technique aussi. Et Moumouni Dagano nous l’a affirmé. « Nous avons opté cette fois-ci de ne pas jouer le premier match comme si c’était le match de notre vie. C’est vrai, l’adversaire s’appelait le Nigéria, mais nous avons 3 matchs pour nous qualifier. Il faut que les expériences passées nous servent » a-t-il commenté. Sur le terrain, on a certes vu des Etalons déterminés mais il y avait de la retenue, un calcul. En plus, Dieu cette fois-ci semble être burkinabè. L’exclusion d’Efé Eric Ambrose du Nigéria a offert l’occasion de jouer en surnombre. On a donc économisé des énergies tout en parvenant à égaliser ! En plus, le scénario du match a certainement renforcé le groupe. Le but de Alain Traoré inscrit à 3 secondes de la fin du match a fait du Burkina Faso l’exemple d’une équipe qui ne lâche rien. Sur tous les plateaux télé on ne parle que du retour au score des Etalons dans les ultimes secondes ! Et Alain Traoré une fois a marqué les esprits. C’est le sauveur ! Mais le travail bien remarquable de Jonathan Pitroïpa fait l’unanimité. Le garçon dont le retour à Renne pour jouer la demi-finale de la Coupe de la Ligue n’avait pas été bien apprécié par tous a fait pan à toutes les critiques. Il a sorti un match canon. Et l’esprit fair-play des Etalons vient parfaire le tableau. L’équipe du Burkina a joué tout le match sans avoir à encaisser le moindre carton jaune. Ça peut compter. Pourquoi s’extasier autant pour un seul point encaissé ? Il est vrai que les Etalons ne se sont pas qualifiés. Ils n’ont même pas fait le plein des points dans leur premier match. En plus, la situation actuelle n’est pas une nouveauté. En 2010, face à la Côte d’Ivoire, les Etalons avaient réussi un nul avant de tomber contre le Ghana et se voir exclure de la compétition. En 2004, pareil ! Après avoir contraint le mondialiste sénégalais en match d’ouverture de notre poule, les Etalons se sont écroulés après. C’est là que tous les propos de Moumouni Dagano le capitaine, prennent leur sens. Il faut briser le signe indien. La tâche ne sera pas facile. L’Ethiopie qu’on prenait pour un nain se révèle un os. L’équipe sait jouer au ballon. Du coup franchir cet obstacle nous paraît une préoccupation. Il est vrai, que ce match n’est pas le match de la vie pour les Etalons dans cette compétition. On peut bien se qualifier après avoir perdu lors de cette 2e sortie des Etalons. Mais épingler les Ethiopiens sur notre tableau de chasse peut bien nous positionner assez bien dans un ballotage positif, d’autant plus que chaque équipe n’a qu’un point après le premier match. Tous les analystes encouragent à une seule option. Attendre les Ethiopiens fin manipulateurs de ballons devant nos buts et procéder par des contres. En d’autres termes, il faut accepter une domination volontaire. Reste à gérer le souffle. Le prochain adversaire est visiblement plus frais sur le plan physique dû sans doute aux effets positifs de l’altitude. Depuis la fin du premier match, Paul Put et son staff qui ont pu se procurer le DVD du match des Ethiopiens n’arrête pas de visionner son adversaire en situation de jeu. Le lendemain du nul face au Nigéria, les joueurs ont eu quartier libre dès midi jusqu’à la nuit à 20h. Pendant ce temps l’encadrement est resté en conclave pour chercher une solution au onze éthiopien. Une chose est certaine, le match entre supporters s’annonce d’office déséquilibré. On ne sait par quel truchement mais face à la Zambie il y a eu une marée humaine favorable à l’Ethiopie. Tout le stade était habillé aux couleurs éthiopiennes. Et pas que ça. Les vuvuzéla réservent un accueil pestiférant à l’adversaire. Même la Zambie qui est pourtant à un vol d’oiseau de Nelspruit n’a pu concurrencer l’Ethiopie ! On comprend alors le déséquilibre face aux supporters burkinabè. Le ministre des Sports et des Loisirs, le colonel Yacouba Ouédroaogo a organisé et convoyé près de 200 supporters burkinabè sur le sol sud-africain. Aucun acteur ou groupe d’acteurs de notre football n’a été oublié. C’est stratégie ! C’est même poussé par l’envie de changer la chose que tant de monde se retrouve en Afrique du Sud. Selon une source bien introduite, le mot d’ordre était l’union sacrée. Car au sein des supporters présents en Afrique du Sud il y a des adversaires. Pour qui connaît l’adversaire dans le milieu, on comprend l’incompatibilité, l’intensité des conflits entre certaines personnes. C’est la loi du « ôte-toi que je m’y mette » qui compte. Partant, on dit souvent (à tort ou à raison) que certains Burkinabè poussés par l’opposition à X ou Y s’autorisent même le recours aux pratiques mystiques contre leur équipe car ne voulant pas accepter la prise du pouvoir de ceux qui sont aux affaires. « En amenant tout le monde, nous sommes embarqués dans le même bateau. Ceux qui font le wack contre leur équipe ne resteront pas en Afrique du sud en cas d’élimination » nous a expliqué une voix proche du ministère des Sports. Un piège donc pour certains. Bon ou mauvais ? Nous n’en savons rien. Toutefois, la seule certitude est que l’approche du ministre des sports tranche avec celle de ses prédécesseurs. En général, les opposants s’opposent en football et à la maison en cas de voyage des Etalons. La main tendue du ministre pourra -t-elle faire changer les mentalités ? Et si en dehors des victoires sur le terrain le voyage de Nelspruit permettait de faire la paix des braves entre acteurs du monde du football burkinabè ? Ce sera la plus belle des victoires. Zembendé que Sita a relayé à la tête de la FBF est du voyage. Jacob Barry, chassé du pouvoir par des supporters pour installer Ablassé Yaméogo après un conflit à rebondissement est là et partage la même table. Zico qui ne parlait pas le même langage que l’actuel bureau fédéral a répondu à l’invitation du ministre Yak. Bref, des hommes et femmes animateurs de notre football qui avaient de bonnes raisons de ne pas se voir en peinture sont réunis à Nelspruit, au pays de Nelson Mandela, l’homme de la paix. La victoire, la vraie, nous nous répétons peut venir de là. En plus, le ministre des Sports et des loisirs a sorti le grand jeu pour leur logement. Les supporters ont établi leur camp à l’hôtel Pine Lik-in, un établissement hôtelier de 4 étoiles s’il vous plait ! Au restaurant, c’est le buffet, au petit déjeuner et au dîner. Le séjour coûte en pension complète 98 000 F CFA par jour et par tête. A deux par chambre, chaque supporter paie 70 000 F CFA en pension complète. Il faut dire que les normes de l’Etat burkinabè quand un citoyen du pays est en mission ont été respectées à la lettre. C’est un taux quotidien de 100 000 F CFA par tête qui est servi à chaque supporter. L’argent de la chambre et de la restauration est prélevé directement à la source. Seule la différence est reversée aux missionnaires de l’Etat burkinabè. Les supporters n’en demandaient pas mieux. A chaque visite du ministre à leur hôtel, c’est un tonnerre d’applaudissements qui l’accueille. Si le supporter burkinabè paraissait les temps passés le mal loti lors de ces regroupements, ce coup-ci il peut se pavaner partout avec fierté, fier d’être Burkinabè ! Sur le plan des rendements, le confort pousse les uns et les autres à casser leurs cordes vocales. Comme dirait l’autre qui est fou ? Tous veulent voir le séjour se prolonger ! Et pour cela le ministre semble avoir réussi un coup.

 

Par J J Traoré

 


Commenter l'article (35)