Que faut-il attendre de Tiao 3 ?

Publié le mercredi 16 janvier 2013

Par Newton Ahmed Barry

Nous avions pronostiqué Tiao au perchoir, nous avons perdu. Apparemment, Blaise a décidé de le sucer « jusqu’à la moelle, avec son bon consentement. Luc a réussi deux choses. Le Retour du calme, mais pas forcément de la paix. La tenue du scrutin couplé, avec les hauts et les bas que nous avons dénoncés, dans ces mêmes colonnes.

 

Il lui reste deux choses à préformer.

Ce que Blaise Compaoré attend, vraisemblablement de lui, c’est d’organiser le référendum sur l’article 37. Il n’y a pas renoncé. Pour réussir une entreprise aussi périlleuse, il a besoin des Refondateurs.

 

Dans le gouvernement protocolaire de 2000, Hermann Yaméogo avait été d’une efficacité redoutable, pour contrer les activistes du Collectif. Au CCRP et aux assises nationales, les Refondateurs avaient fait bloc contre toutes velléités de modifier l’article 37. Cela leur avait coûté le refus du gouvernement de mise en œuvre des décisions des assises.

 

A la veille des couplées, Hermann Yaméogo, comme c’est très souvent le cas, quand il doit « muter », refusait toute rencontre avec la presse. Il promettait le faire après le scrutin. On se doutait bien que quelque chose se tramait. Quel va être, le rôle des Refondateurs, maintenant que la Refondation est passée ? S’ils y sont, c’est forcément pour jouer un rôle. Mais lequel ?

 

Le deuxième job de Luc, c’est de lutter contre la corruption et de faire rendre gorge aux corrompus. C’est l’espérance des burkinabè, même s’ils n’y croient pas trop. Deux exemples, pendant le scrutin couplé, ont fini de convaincre, que Luc a attrapé le syndrome « Tertius« . L’affaire Badini/Somkienda et la candidature aux municipales sous les couleurs du CDP de l’ex DG de la douane, Ousmane Guiro. Il bénéficie, bien évidemment de la présomption d’innocence. Mais quand on attend un jugement, on n’est plus totalement innocent.

 

En matière de lutte contre la corruption, il y a donc peu de chance, que Luc laisse, en cette matière, des traces indélébiles. Les lampions vont trinquer, c’est sûr.

 

Le fait que Blaise Compaore, ne se soit pas résolu à lâcher les rênes de la Défense, signifie bien que la crise de 2011 n’est pas totalement résorbée. Cela voudrait aussi dire, qu’il n’a pas dit son dernier mot, en ce qui concerne l’article 37. A la fin des assises, il avait espéré que « les burkinabè changent d’opinion sur le sujet ».

 

La victoire écrasante du CDP, avec la facilitation « des trois piliers du temple », au dernier scrutin peut signifier, que les burkinabè peuvent dire Oui à une consultation référendaire sur le sujet.

 

L’année 2013 sera donc décisive. Le gouvernement de Luc 3, n’est pas celui qui est prévu, après le texte constitutionnel révisé. La transition se poursuit.

 

Autre flop de notre part, François Compaoré n’a pas rejoint le gouvernement au poste d’un super ministère de l’Agriculture. Il avait aussi annoncé qu’il ne siègerait pas comme député. Il se serait donc exposé, ces derniers temps, pour rejoindre l’ombre après ? Qui peut y croire.

 

Comme toujours, l’élection n’a rien résolu, du point de vue de l’horizon politique.


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