Contre-jour de l’Eve 247

Publié le mercredi 16 janvier 2013

Cérémonie d’au revoir de Simon Compaoré
La
bourde du Larlé Naaba

3 janvier 2013. C’est la date que Simon
Compaoré a choisi pour dire adieu aux populations de Ouagadougou en tant que
maire sortant de la ville. La cérémonie a mobilisé une marée humaine dont des
frères politiques de Simon Compaoré sur la place de la Nation. Cet espace est
symbolique pour le bourgmestre. C’est en effet au même lieu qu’a eu lieu son
’’intronisation’’ (le mot est de Me Titinga à la cérémonie) en 1995. " C’est en
ces mêmes lieux, qu’en avril 1995, je recevais officiellement l’écharpe étoilée
des mains de monsieur Emile Ilboudo alors Haut-commissaire de la province du
Kadiogo (…) en qualité de maire de la commune de Ouagadougou " Des
interventions, il y’en a eu au cours de cette cérémonie. Celle du Larlhé Naaba
restera sans doute dans les mémoires et pour cause. Prenant la parole au nom de
la famille des coutumiers, l’homme s’est adressé " au camarade" Assimi Kouanda
en ces termes : "Excellence ministre d’Etat Assimi ’’Compaoré’’ " Lapsus ou
maladresse ? En tout cas cela a soulevé une clameur dans l’assistance, surtout,
dans la foule des commerçants venus soutenir leur ’’pote’’ Simon. Il faut croire
que Assimi Kouanda s’est senti gêné, aux entournures. Cette "Compaorisation" du
nouveau président du CDP ne renforce t-elle pas l’image de marionnette dont
certaines mauvaises langues l’affublent ? Vous confondre à une autre personne
peut témoigner d’une inattention à votre égard. Si "l’erreur est commune à tout
le monde" pour citer Sophocle, en politique c’est un défaut exponentiel qui peut
susciter beaucoup de questionnements. Assimi Kouanda, il faut le dire, est le
pilote du congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) depuis mars 2012 à la
grande surprise de nombre d’observateurs. Notre confrère Jeune Afrique disait à
ce propos : " Cet homme de l’ombre a été préféré aux traditionnels poids lourds
du parti présidentiel". Ces derniers ont été en effet, relégués au rang de
conseillers politiques. Frustration !? Le 2 janvier 2013, c’est encore la
surprise du chef. Assimi Kouanda est nommé ministre d’Etat. Certainement que le
Larlhé Naaba, comme nombre de gourous du CDP frustrés, n’avait pas rêvé
d’entendre un nom à consonance ’’Kouanda’’ à ce poste au point de l’oublier, de
surcroît publiquement. "Un faux pas, une syllabe achoppée révèlent la pensée
d’un homme." disait Louis Aragon.

Basidou KINDA


Bilan du chef de file de l’opposition
"Le
pouvoir divisera toujours l’opposition pour régner", dixit Me
Sankara

Le 29 décembre 2012, Me Bénéwendé Sankara a fait ses adieux. Les
résultats des législatives n’ont pas été favorables au parti de l’oeuf. Il y a
donc alternance à la tête du chef de file de l’opposition. Avant même la
désignation officielle de son successeur, maître Bénéwendé a pris les devants,
pour présenter son bilan et faire ses adieux. Si son parti a été le cobaye, il
se félicite néanmoins des résultats obtenus. Me Sankara a déploré les résultats
des élections couplées et se dit convaincu que le Congrès pour la démocratie et
le progrès (CDP) ne se lassera pas de les diviser pour asseoir son
règne.

C’est un Me Sankara à la démarche feutrée et à la voix timorée qui
s’adressait à l’assistance. L’institution Chef de file de l’opposition politique
est devenue "un pilier de la démocratie" au Burkina Faso. L’Union pour la
renaissance/ parti sankariste (UNIR/PS) peut donc "se targuer mais avec humilité
d’avoir joué à fond sa partition". Au regard des "mauvaises langues" qui se
demandaient si Me Sankara et son parti ne s’étaient pas engagés sur une voie
suicidaire, l’homme s’est réjoui d’avoir relevé un défi que beaucoup ont fui
depuis l’adoption de la loi en 2000.
"Nous pouvons avec modestie dire toute
notre fierté d’avoir un résultat concret à laisser à la prospérité et à
l’histoire politique de notre pays car le chef de file de l’opposition politique
est devenu une réalité" Mais l’institution a connu des hauts et des bas sous la
direction de l’UNIR/PS. Mais pour le chef de file sortant, cela est dû au fait
que son parti "a été le mouton de sacrifice."
Ce qui peut témoigner de
certains couacs pendant son mandat. Et comme il aime à citer son mentor Thomas
Sankara, "faire oeuvre de pionnier c’est oser tracer des sillons inattendus dans
lesquels d’autres s’engageront demain allègrement en oubliant que les premiers
ont été couverts d’insultes et d’opprobre" Il s’agit là d’un message fort à
l’endroit du prochain chef de file de l’opposition politique burkinabè. Me
Sankara reste convaincu que "le pouvoir n’hésitera pas à poursuivre le jeu de la
division de l’opposition pour mieux régner" et cela dans le but d’empêcher une
alternance démocratique. Analysant les élections couplées, le chef de file
conclut que "ces élections laissent un goût amer du fait que la fraude
électorale est devenue une idéologie défiant toute technologie pour ceux qui
s’obstinent à refuser le changement. Les différentes pratiques mafieuses ont
ainsi annihilé tous les efforts et les divers sacrifices consentis pour une
saine compétition électorale".
Ces efforts consentis sont le renouvèlement
de la commission électorale nationale indépendante (CENI), l’application de la
biométrie et la prise en charge des délégués des partis politiques dans les
bureaux de vote.
C’est par la résolution N°002-2009/AN/B/PRES du 23 septembre
2009 et conformément à la loi N°009-2009/AN portant statut de l’opposition
politique que le bureau de l’Assemblée nationale a désigné Me Bénéwendé
Stanislas Sankara Chef de file de l’opposition politique du Burkina. Cela en sa
qualité du président du parti d’opposition ayant engrangé le plus grand nombre
d’élus à l’AN à l’issue du scrutin du 6 mai 2007. Son mandat était ainsi placé
sous le signe de "la construction du dialogue politique en tant que nécessité
pour une nouvelle dynamique de la démocratie" n

Basidou KINDA


Zéphirin, pas encore installé mais déjà
interpellé

Voilà que Zéphirin DIABRE qui n’a pas encore endossé la tunique du chef de
file de l’opposition, a commencé a essuyé les foudres de certains opposants.
Effets d’une jalousie ou signe avant coureur d’une guerre ouverte entre
opposants ? L’interview du jeudi 27 décembre 2012 de Zéphirin DIABRE sur RFI a
suscité courroux et indignation chez le sieur OUATTARA Ibrahima, ténor du Groupe
des Démocrates Républicains(GDR). Sa réaction ne sait pas fait attendre. Dans
une missive adressée au mentor de l’UPC, il présume, sinon taxe ce dernier
d’être un partisan de ce qu’il appelle la démocratie de complaisance. Ce qui
constitue à son sens un handicap pour l’avènement d’un changement de régime au
Faso. Cette nouvelle attaque contre l’UPC nous fonde à nous demander si
l’opposition burkinabè sait vraiment ce qu’elle veut. Incapable de s’unir pour
faire bloc contre le CDP, elle trouve toujours des prétextes pour déclencher des
querelles qui ne consacrent davantage que son affaiblissement. Pendant les
campagnes électorales récentes, certains opposants susurraient que DIABRE qui
avait déjà été ministre de Blaise en 1991 n’est pas crédible. D’autres, à
l’instar du chef du GDR, sont allés jusqu’à s’en prendre à lui pour ses moyens
utilisés pendant les campagnes. Au nom de quoi un opposant peut vouloir imposer
une méthode de conquête du pouvoir à un autre ? Apparemment, Blaise a bien vu
pour avoir cautionné la mise en place du Chef de File de l’Opposition Politique
(CFOP) qui est une innovation de la démocratie burkinabè. Ses adversaires
politiques seraient beaucoup plus préoccupés à se faire la guerre pour le
contrôle de ce poste au lieu de concentrer leur énergie sur son pouvoir.

Hamidou TRAORE


Conseil syndical du Synatic
Un fort soutien
aux luttes sectorielles

Le 20 décembre dernier s’est tenu au centre national de presse Norbert
Zongo, le conseil syndical du SYNATIC 2012. Il a réuni les hommes de presse et
de médias y affiliés. Le conseil a d’abord examiné le rapport- bilan du syndicat
exercice 2012 avant de se pencher sur les problèmes qui minent la profession
aussi bien dans le public que dans le privé.
Considérant les actions menées
pour l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents du public
satisfaisantes pour la plupart, le conseil s’est réjoui du fait que certaines
des préoccupations ont été prises en considération par les autorités compétentes
en vue de leur résolution dans le dernier mois de l’année 2012. C’est
l’évacuation du contentieux lié au payement de technicien de la RTB qui
surveillent les émetteurs RFI qui était prévu pour être résolu avant la fin de
l’année écoulée qui a retenu l’attention des conseillers.
Dans le privé, les
conseillers se sont indignés par rapport aux conditions de travail et de vie des
travailleurs en dépit de l’adoption de la convention collective qui a été signée
par toutes les parties en 2009. Trois ans se sont écoulés et le constat est que
seul le journal l’Evénement s’est efforcé à appliquer la convention collective
dans le traitement de ses agents. Les conseillers ont salué les efforts de cet
organe de presse et appelé les autres responsables à s’y mettre. Les
syndicalistes ont débattu sur les conditions d’application de la convention
collective. Pour certains responsables de presse, les mesures d’accompagnement
du gouvernement sont un préalable à l’application de cet instrument de
traitement des agents des organes privés. Les conseillers ont relevé le fait que
ce "préalable n’a jamais été une conditionnalité à l’adoption de la convention
collective des journalistes". Pierre Dabiré, Justin Coulibaly, ayant pris part
aux travaux et à l’adoption de la convention en ont fait l’historique avant de
préciser aux conseillers ses détails.
Le conseil s’est aussi indigné de la
répression que des militants du SYNATIC subissent dans certains organes privés
comme les éditions "Le pays". Considérant que la liberté syndicale est un droit
constitutionnel et que la presse est un garant de la démocratie et veille au bon
fonctionnement des règles de démocratie (le respect du droit et de la liberté)
les militants présents au conseil ont adopté des actes en recommandation et en
motions (de condamnation et de soutien). Une motion de soutien a été prise pour
soutenir la lutte des travailleurs des Editions le pays qui de l’avis des
conseillés "vivent le martyr" au travail. Une motion de de soutien à la lutte
des étudiants de Koudougou, une recommandation a été prise pour le payement des
primes RFI aux techniciens de la RTB dans les délais raisonnables.
La grande
satisfaction est venue de Sidwaya les conseillers ont salué l’adhésion de plus
de 45 journalistes au syndicat à travers l’acquisition des cartes de membre.
Chose qui de l’avis des conseillers pourra permettre aux travailleurs de
l’organe de mieux s’organiser pour poser les problèmes qu’ils rencontrent dans
leurs service. Aussi l’action des agents de Canal3 a été saluée par le conseil
et vue comme l’exemple type à suivre par les journalistes afin que leurs
conditions de vie et de travail connaissent une amelioration.

Wilfried BAKOUAN


L’Apess met en œuvre l’Élevage familial moderne
de vie

L’association pour la promotion de l’Elevage en sahel et en
savane, regroupe, depuis le 7 janvier dernier, une quarantaine de ses leaders
pour opérationnaliser le concept de "L’Elevage familial moderne de vie", qui a
été théorisé dans son document stratégique, pour la période 2012-2016. L’Apess a
obtenu pour se faire, l’accompagnement de ses bailleurs traditionnels, mais
également de nouveaux comme la cedeao, en Afrique de l’ouest, à travers le
programme Ecowap et le Cebevira, en Afrique centrale. Ce programme sur 5 ans
devrait coûter environ 7 milliards de francs CFA
La rencontre de Ouahigouya
constitue donc le réglage qui précède la mise en œuvre. Ce sont les leaders
éleveurs du Cripa de Dori, qui regroupe le Mali, le Niger, le Bénin et le
Burkina Faso qui se sont retrouvés.
Avec le programme "Élevage moderne
familial de vie", l’association, une des plus performante sur les questions de
l’Elevage dans notre sous-région, veut anticiper les évolutions inéluctables qui
menacent la pratique de l’élevage traditionnelle. Ce programme met au centre
l’éleveur, son rapport avec l’animal dans un environnement maîtrisé. Il adresse
les questions de l’éducation, la place de la femme et des jeunes dans
l’exploitation.
Après, Ouahigouya, les deux autres Cripa, Thies au Sénégal et
Garoua, au Cameroun devraient organiser leur atelier pour débuter
l’opérationnalisation du DOS. Un premier bilan de cette mise en œuvre devrait
survenir dans deux ans. Il y a donc du travail.

NAB


Le savoir
Une quête nécessaire pour les
jeunes africains

"Jeunesse africaine et savoir " c’est le thème
développé par Souleymane Yaméogo du Centre National de Presse Norbert Zongo
(CNP/NZ). C’était le 22 décembre 2012 à la cité universitaire "La Chinoise" à
Goughin. "La jeunesse africaine a obligation de savoir", a dit le conférencier.
De son analyse, seul "le savoir libère l’homme". Si la jeunesse africaine veut
alors sortir de son état d’aliénation aujourd’hui, la quête du savoir s’impose à
elle. Pour M. Yaméogo la jeunesse africaine doit connaitre son passé pour avoir
des notions socio-culturelles solides lui permettant de faire face aux aléas du
présent et espérer un avenir radieux. C’est "la conscience historique comme
finalité de savoir au niveau des jeunes ". Mais la réalité, constate Souleymane
Yaméogo, c’est que les jeunes africains restent incultes quant à leur propre
histoire et leur propre culture. Le monde actuel est "un monde de domination "
celui qui s’ignore se verra imposer d’autres cultures. Alors, la jeunesse
africaine, espoir du continent doit travailler à " renverser les rapports de
force ".

Basidou KINDA


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