Education Calixe Kaboré agrandi le cercle des docteurs en philosophie

Publié le mercredi 16 janvier 2013

Décidément, l’école doctorale de philosophie donne un autre son de cloche sur la marche de l’Université de Ouagadougou. En effet, depuis 2008, au plus fort de la crise qui, depuis lors, secoue sans répit ce temple du savoir, cette école a produit 12 docteurs. M.Calixe KABORE est le 13e qui a décroché avec brio son parchemin ce vendredi 21 décembre 2012 devant un jury cosmopolite. « Le jury après délibération a décidé de vous accorder le doctorat en philosophie avec la mention très honorable » telles sont les propos du président du jury, M.Mahamadi SAWADOGO, propos qui ont propulsés parents et amis de Calixe dans l’ivresse de la joie. C’est aussi la décision qui a sanctionnée des années de recherches et d’efforts sans concession sur le thème « Art et Philosophie chez Theodor ADORNO : Essai d’esthétique négative ».

M.Daniel PAYOT, Professeur Titulaire de l’Université de Strasbourg de France ; M.Ludovic Fié DOH, Maître de conférences à l’Université de Bouaké de la Côte d’Ivoire et M.Mahamadi SAWADOGO, Professeur Titulaire à l’Université de Ouaga1 formaient le trio devant lequel le candidat a eu le privilège mais aussi la lourde tâche d’accoucher du fruit de son labeur sur les abscons réflexions d’ADORNO. Avant de donner la parole à M.KABORE, le président du jury s’est ému en confiant que c’était la première soutenance en esthétique à l’Université de Ouagadougou qui allait se dérouler. A l’évidence, le candidat s’est approprié les vertus de l’art enseignées par ADORNO car en même temps philosophe, il est artiste. Matérialisé par un document de 428 pages reparti en trois parties, le travail a été présenté avec art sur fond d’une tonalité d’esthétique. La présentation de M.KABORE s’est articulée en trois points : d’abord les motivations qui ont milité en faveur du choix du thème, ensuite les objectifs visés et enfin les difficultés qui ont émaillées cette entreprise de recherche. Les thèmes des mémoires de maîtrise et de DEA d’une part et le cours d’esthétique du professeur PAYOT d’autre part, qui a d’ailleurs encadré M.KABORE pour sa thèse, ont suffit à convaincre ce dernier à retenir ce thème. Si la première partie c’est-à-dire l’exposé du contenu du travail s’est effectuée, en bon artiste, avec beaucoup de relief, il a fallu que M.KABORE fasse preuve de stoïcisme et de combativité pour pouvoir résister et être à la hauteur de la batterie de questions du jury pour la seconde phase. Le jury a unanimement salué l’exploit du candidat pour avoir écrit son document dans un style soutenu, clair et avec un vocabulaire fourni. Quant au fond, le jury a reconnu qu’ADORNO est un auteur complexe à comprendre et à étudier, nonobstant cela, il a estimé qu’un effort important a été abattu par le doctorant dans la qualité de l’étude sauf que le candidat n’a pas été trop constant dans l’analyse critique des positions d’ADORNO. Cependant les membres du jury ont relevé des erreurs de forme qui devront être toilettées dans le document final. Monsieur Ludovic Fié DOH a enjoint au docteur en puissance de réserver ses dédicaces pour le document definitive.

 Hamidou TRAORE

Message de nouvel an
De quelle éducation
parle Blaise Compaore ?

Comme à l’accoutumée, Blaise Compaoré a présenté ses voeux de
nouvel an au peuple burkinabè. Annonçant ses ’’grands chantiers’’ comme le
disent certains, le président du Faso n’a pas occulté le volet éducation. En la
matière, il a salué un certain nombre de réalisations. Mais à danser avant la
musique on court le risque de se planter dit-on.

" La consolidation du capital humain reste un déterminant de l’émergence.
Aussi, le Gouvernement poursuivra-t-il le vaste chantier de densification de
l’offre d’éducation, de formation professionnelle et de santé. En ce sens, il
convient de saluer l’évolution remarquable dans l’implantation des universités
de Dédougou, de Fada N’Gourma, de Ouahigouya, et l’ouverture de nouveaux
établissements ( )." Il s’agit là de l’extrait qui nous a le plus marqué dans
l’adresse du chef de l’Etat à l’occasion du nouvel an 2013. Qui plus que lui
pour savoir que pour atteindre l’émergence il faut résoudre les problèmes de
l’éducation ? Personne, incontestablement ! Mais la réalité est là devant nous.
Les universités publiques et l’éducation dans son ensemble sont en proie à des
crises diverses. L’Université de Ouagadougou, moins de 40 ans d’âge, mais déjà
des problèmes d’infrastructures se posent avec acuité au point que des
Professeurs en sont venus aux mains pour des problèmes de salles de cours.
C’était en mai 2012. N’est-ce pas une honte dans un pays où le président est "
élevé à la dignité de Grand Croix de l’Ordre International des Palmes
Académiques du CAMES (OIPA/CAMES)" ? La plus haute distinction de cette
institution. Mais quand on veut se plaindre, celui qui est censé modérer le
débat public vous taxe de ’’Jaloux.’’ Jusqu’à présent les amphis que le
président du Faso, " dans sa magnanimité a bien voulu offrir " (les propos sont
du ministre Moussa Ouattara) aux universités publiques restent une promesse
chimérique. A l’Université Ouaga 2, les étudiants squattent la place des objets
d’arts du SIAO pour insuffisance d’amphithéâtres. Le site de cette Université à
Gonsé, à une vingtaine de km de Ouagadougou, dont la construction est lancée
depuis 2008 reste une cabane pour araignées. A l’Université Polytechnique de
Bobo, selon le bimensuel Eveil Education, les salles de la RTB2 et un magasin de
la Chambre de commerce de Bobo servent de local pour les étudiants des 1res
années 2012-2013 de SJP et SEG en attendant la finition des amphis du campus. A
l’Université de Koudougou, la grande majorité des étudiants prend les cours à la
SAP, l’ancienne société de fabrication de pneus. Les locaux de cette manufacture
ont donc été transformés en salle de cours. Des infrastructures inadaptées.
Quand il fait chaud, les salles sont des fours et quand il pleut, elles se
transforment en piscine. Autant de problèmes qui attendent des solutions
concrètes.
Il faut craindre que tout ce que le président Compaoré a salué
dans son message soit dépassé en un laps de temps, car ici au Faso on ne voit
pas plus loin que le bout du nez.

Basidou KINDA


14ème congrès de l’AEEMB
La foi au service
du développement

Tenu du 26 au 30 décembre 2012 à Ouagadoudou sous le thème " contribution de
l’AEEMB à un système éducatif performant : bilan et perspective ", ce congrès a
fermé ses portes par le renouvellement de la direction générale de
l’association. L’ancien bureau qui a déposé un bilan satisfaisant et salué par
les participants transmet par la même occasion la lourde tâche au nouveau bureau
élargi à 19 membres qui sera conduit par Issaka SAWODOGO de mettre en œuvre en
plus de son programme, le plan quinquennal qui devient d’office la feuille de
route de l’association dans son élan pour le développement.
" Ô vous les
croyants, ne voulez vous pas que Je vous indique un commerce qui vous éloignera
des supplices du feu de l’enfer et vous fera accéder aux délices du paradis ?
Vous combattrez dans le chemin de Dieu avec votre personne et vos biens et vous
croirez en ALLAH…" telle est l’injonction coranique qui détermine, qui galvanise
les membres de l’Association des Elèves et Etudiants au Burkina à déployer
autant d’effort pour le rayonnement de l’Islam en milieu scolaire et
estudiantin. En plus de formation religieuse et spirituelle, l’association donne
des cours académiques dans divers matières à l’intention de étudiants et des
élèves surtout passant un examen. Cette formation religieuse et intellectuelle
produit des personnes nanties de hautes valeurs morales et très compétentes pour
le compte du secteur public comme le privé. L’association va même plus loin pour
prendre en compte certains pans pratiques du développement. C’est ainsi qu’elle
a procédé à l’érection d’un Centre de Santé et de Promotion Sociale (CSPS) et
d’un complexe scolaire à Nagrin au bénéfice des cas sociaux. Et comme pour
joindre l’utile à l’agréable, la création d’une banque de projets vient donner
une bouffée d’espoir aux chômeurs qui trimbalent des projets mais qui peinent à
trouver le nerf de guerre pour leur réalisation. Le fait imposant de ce congrès
réside en l’adoption d’un plan quinquennal avec la vision d’un mouvement de
jeunesse organisé, fort et prospère à l’horizon 2017.

Hamidou TRAORE


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