Daisy Franck « Je n’ai pas encore trouvé définitivement mon style musical »

Publié le mercredi 16 janvier 2013

De son nom à l’Etat civil, Daisy Franck est une jeune artiste musicienne Burkinabè qui évolue dans la variété, avec un enrichissement de son genre avec des sonorités du terroir. Métisse, comme elle-même se définie, elle est d’une culture Gourounsi, à cheval entre le Nûni de la Sissili et des Kaséna du Ghana, d’où sa mère est originaire. Cool, décontractée, nous l’avons rencontré au centre culturel « Le Kassa Moulé » le dimanche 6 janvier dernier, lors du lancement du concept can 2013. Voilà ce qu’elle nous a confié.

A quoi répond votre nom d’artiste « Daisy Franck » ?

Daisy Franck parce que c’est mon vrai nom que j’ai décodé et recodé pour que ça fasse Daisy Franck, c’est-à-dire, Syambo Odette Françoise.

 

Quels sont les débuts de votre carrière ?

Véritablement, je dirai que ça a commencé en 2001 mais depuis toute petite, je savais que c’est le métier que je voulais faire. En fait tout ce que je faisais tournait autour de cela, c’est-à-dire, la musique, le théâtre, le cinéma, l’animation. Mon envie tournait autour de ça mais mon penchant pour la musique a eu le dessus et tout a commencé véritablement en 2001 comme je l’ai dit. J’ai participé à un concours national et je représentais la province du Nahouri avec Wépia Kourabié. Ensuite j’ai été sélectionnée parmi 10. On a dû recevoir une formation de six mois en techniques vocales, droit et solfège. On devrait sortir une compilation. Malheureusement, ils avaient eu leurs fonds au niveau du SIC après ça a fermé donc le projet n’a pas abouti. Juste après ça, en 2005, j’ai participé à nouveau à un autre concours dénommé « Fine, devient une star », organisé par la marque de cigarette Fine. J’ai été lauréate de ce concours. Le prix du concours stipulait que c’est pour la production d’un album qu’on offrait au premier ou à la première et c’est ça qui m’a valu mon premier album qui est sorti en 2006.

 

Et si on vous demandait de définir votre genre musical ?

Je pourrais dire que je fais une série de variétés. Je n’ai pas encore trouvé définitivement mon style dans lequel je désire évoluer, donc on peut dire que je touche à tout, je suis ouverte à tous les styles mais bon, pour l’avenir je pense que je me pencherai plus sur la musique traditionnelle travaillée en genre bluzzi-jazzi, arendj avec des instruments d’ici, ça donne une originalité. Je dirai en gros que je touche à tout. Il faut toucher à tout pour trouver ce qu’on a envie de faire.

 

Quand vous faite un a cappella et qu’on vous dit que c’est la Tracy Chapmann du Burkina Faso , ça vous fait quoi ?

Ca me fait plaisir, c’est touchant pour moi mais je ne dirai pas que je suis Tracy Chapmann. J’ai ma voix propre à moi. Chapmann c’est trop d’honneur. Moi je me dis qu’il y a beaucoup de travail qui doit être fait avant d’atteindre ce niveau parce que c’est le top des top. Moi, je suis toujours en bas donc c’est flatteur, ce n’est pas trop de modestie. Moi, je suis réaliste. Il faut trop de travail pour en arriver là. J’espère y arriver un jour.

 

Qui est Daisy Franck ?

Je suis une personne très franche, très véridique. Quoique je n’ai pas le monopole de la vérité et ce n’est pas tout le temps que je dis la vérité. J’ai été élevée dans le sens où je dois dire ce que je ressens. Je ne dis pas les choses pour plaire à quelqu’un, donc je dirai que je suis d’une très forte personnalité très franche.

 

Que pensez-vous de la culture Burkinabè, notamment le volet musical

La culture burkinabè c’est notre culture. On a de très grandes valeurs culturelles mal exploitées, je dirai. Que ce soit nous les artistes ou ceux qui l’écoutent parce qu’au fond on n’a pas confiance en notre culture, on ne pense pas que cette culture peut nous propulser au-delà de ce que nous pouvons imaginer. C’est normal. C’est toute une éducation. C’est maintenant que les gens ont commencé à prendre conscience. Aujourd’hui, les gens ont commencé à prendre conscience qu’il faut d’abord aimer ce qu’on a avant d’apprécier ce que les autres ont parce que si on aime ce que l’autre fait c’est se voiler la face. Soit fier de ce que tu as pour pouvoir être fier de ce que l’autre propose.

 

Y a des émissions où---

Je vais prendre juste l’exemple de Faso Academy. C’est une initiative que je salue. Franchement, je les remercie parce qu’ils (Ndlr : les initiateurs) ont contribué à lancer mon album « Ange Bonheur » mais ce n’est pas pour cela que je dis que c’est une bonne initiative. Aujourd’hui, « Faso Academy montre aux gens, à toutes ces personnes qui pensent que chanter c’est facile qu’il y a un travail qui se passe derrière. Les gens pensent qu’entonner une chanson comme ça, cela veut dire qu’on est chanteur. Non, non, non ! Les gens qui sont interprètes, aujourd’hui, on comprend qu’être interprète n’est pas chose aisée. Reprendre exactement ce que l’autre a fait est une chose très difficile contrairement à ce que toi-même tu peux composer. Ca prouve que la musique c’est un travail de longue haleine, c’est une création que quelqu’un met en place pour que ça puisse plaire aux gens, donc c’est une bonne initiative et ça apprend aux gens qu’il faut travailler avant de devenir un vrai artiste. Et les gens voient ça à la télé lorsque les gens chantent faux et ne sont pas dans le temps. Les gens voient que finalement, chanter n’est pas facile.

 

Quels sont les rapports entre Daisy et les autres artistes ?

De très bons rapports ! Jusqu’à preuve du contraire je n’ai jamais eu de problèmes particuliers avec aucun autre artiste ni avec aucun promoteur. Je dirai qu’il y a des rapports de respect, d’échanges, de partages si on a l’occasion.

 

Quelle est l’origine de Daisy ?

Daisy est d’origine burkinabè à 50% et d’origine ghanéenne à 50%, parce que ma mère vient du Ghana et mon père du Burkina, donc je dirai, entre guillemets que Daisy est métisse, métissage du Burkina et du Ghana.

 

En cette année 2013 quels sont les vœux de l’artiste que tu es au public ?

Dire que ce que le Burkina a fait ou ce qu’il n’a pas fait en 2012, je suis très philosophique du moment où je pense que ce qui a été fait en 2012 a été prédit pour 2012 et ce qui n’a pas été fait en 2012 était probablement prédit pour 2013, et ce qui doit être fait en 2013 sera fait en 2013. Ce qui est sûr, l’essentiel est que cela puisse être fait. Ce n’est pas le moment où le temps. Je ne souhaite que la santé déjà,la vie parce que quand on a la vie on a la santé. Quand on a la santé, on a les deux réunies. Maintenant on peut parler d’argent, de prospérité dans nos affaires, et j’ai beaucoup de foi en Dieu parce que c’est l’être suprême qui peut donner la vie, la santé et nous on travaille maintenant pour le reste. Comme le dit une de mes collègues, Safoura, Dieu fait le reste.

Par Wilfried Bakouan


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