Renouvellement des structures sportives Des duels à mort pour un bénévolat !

Publié le mercredi 16 janvier 2013

Le renouvellement des instances dirigeantes du sport burkinabè ont donné droit à des combats sans merci. Pour sauver des mandats ou pour venir ou revenir aux affaires, tous les coups sont permis. Et dire qu’on est en sport !

 

Le délai imposé par le ministère des Sports et des Loisirs aux différentes fédérations sportives pour s’octroyer une nouvelle légitimité est expiré. Dès le premier janvier, on pourra dire exit les anciennes équipes fédérales. Mais les ukases du patron du sport ne sont pas passés telle lettre à la poste. Les différents matchs, combats ou épreuves entre dirigeants ou prétendants ne se sont pas passés en toutes sportivités. Il y a eu trop de coups en dessous de la ceinture. Au rugby, par exemple, le processus de renouvèlement a été entamé sans que le président sortant n’en soit averti. En effet, le renouvellement des structures commence par les clubs, puis les districts, les Ligues avant que les fédérations ne passent par la voie des élections. Et selon les textes, les districts supervisent les élections des clubs. A leur tour les districts sont supervisés par les ligues qui sont placés sous la supervision de la Fédération. Les rugbymen ont jugé utile renouveler le district de Bobo-Dioulasso sans prévenir la « Fédé ». En fait, c’est le président de la Fédération qui a été mis à l’écart. C’est la dissidence de son équipe qui lui a fait ce bébé dans son dos. Evidemment le jour de l’élection du bureau fédéral, le président a refusé le mandat de la nouvelle structure bobolaise. Les élections ont alors été ajournées ! Mais c’est en boxe que les coups ont été d’une violence notable. Le président sortant, Nazaire Tapsoba vomi par ses collaborateurs ou simplement non partant, c’est selon, s’est rallié à la candidature d’un de ses vice-présidents, Valentin Ouédraogo. En face, il y a eu un visage très connu du milieu du sport, le très multidisciplinaire Georges Marchal.

Les deux parties ont répondu présentes sur le ring. Les formalités d’avant élection ont été faites sans problème. Mais quand est venu le moment de passer au vote, le ciel va s’assombrir. En effet, le camp opposé à celui de Marshal va révéler que le dossier adverse est non conforme. Une pièce scannée a été sortie des dossiers de Marshal. Or, cette qualité de pièce n’est pas acceptée. En plus, le document serait un faux. Partant, il a été demandé une invalidation de la liste de Marshal. La défense de Marshal ne s’est pas faite attendre. Le camp accusé dit ne pas reconnaître le document présenté. Il dit avoir eu le « bon pour » du même secrétaire général qui a révélé le problème lors du dépôt qui a attesté que le dossier était sans incohérence. En fait, le camp Marshal crie au complot. Car les textes n’autorisent pas la réception des dossiers incomplets. Si le secrétaire général sortant qui est candidat à sa propre succession a accepté le dossier lors du dépôt il n’y a plus de raison de revenir là-dessus. Le dialogue de sourd a été total ! L’impasse infranchissable. Car au-delà de tout, le faux constaté sur le document pose un problème. Qui en est l’auteur ? Voilà la question. La police se serait saisie de l’affaire. Mais en attendant, la fédération est placée sous la gestion du ministère des Sports comblant ainsi le vide laissé par la Fédé de Nazaire Tapsoba qui, conformément au texte avait rendu son tablier pour permettre la mise en place d’une nouvelle équipe dirigeante. Le renouvellement de la fédération de cyclisme n’a pas non plus été un fleuve tranquille. Là on est passé par la cage justice avant de voir le processus s’achever par une victoire avec un score stalinien du président sortant Alassane Ouangraoua. Il a eu comme adversaire un personnage connu du monde du cyclisme, Adama Diallo. Mais le camp de Diallo a perdu la course dès les élections de la Ligue du centre. En effet, au terme d’une première session les deux camps n’ont pas parlé le même langage. Le camp de Diallo a trouvé qu’il fallait invalider la liste favorable au président Ouangraoua car sur la demande du candidat président, Mousbila Sankara le numéro de téléphone n’a pas été mentionné comme le veulent les textes. En retour le camp de Sankara a aussi dit qu’il fallait réserver le même sort à liste adverse car elle propose des candidatures parrainées par le club AS-BESSEL, un club non encore affilié donc inéligible. Face au blocage, recours a été fait au ministère des sports et des Loisirs qui a décidé d’une nouvelle date pour les élections tout en demandant cette fois-ci aux deux parties de respecter l’esprit de la loi.

Le camp opposé au président sortant a trouvé cette décision contraire à la loi. Il a décidé de l’attaquer en justice. Il sera débouté. Les élections de la Ligue du centre ont finalement pu se dérouler et ensuite celle de la fédération. En natation, il y a eu des moments d’interrogations, d’opposition au processus mais finalement Poussi Kaboré est revenu aux affaires, battant le candidat et président sortant. Ce dernier a visiblement été surpris par les choses. Pourtant c’est lui qui a signé les différentes correspondances qui fixent la date des élections. A 4 jours des élections, il tente de repousser la date au motif qu’il aurait signé les documents fixant la date des élections par inadvertance ! Sa pirouette n’est pas parvenue à freiner encore moins à arrêter le train. A chaque période de renouvellement des structures de gestion du sport burkinabè, on assiste à des passes d’armes, à des conflits, à des bagarres d’une autre époque pour le contrôle des fédé. Pourtant, il est bien entendu que le sport est animé par des bénévoles. Toute la question est donc la suivante : pourquoi tant de combats pour n’être qu’un simple bénévole ? Méditez-y !

Par J J Traoré


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