Assemblée nationale Pas de progrès dans la représentation du genre

Publié le mercredi 16 janvier 2013

Pour la représentation équitable du genre, c’est remis à plus tard. L’année 2012 avait semblé être celle de la prise de conscience. Peut-être cela est-il dû à l’arrivée au ministère de la Promotion de la femme d’une farouche activiste. Qu’elle vous plaise ou pas, il faut reconnaître que Nestorine Sangaré aura tout fait pour faire bouger les lignes sur la question du genre. Le moins qu’on puisse dire c’est que la moisson a été maigre tant au sein des instances électives que gouvernementales. Luc Tiao n’a pas appliqué au niveau de son gouvernement ce que son parti avait préconisé pour les instances électives. Et pourtant, le challenge était beaucoup plus aisé quand il s’agit d’une procédure nominative. C’est cette procédure qui a permis à François Hollande d’instituer une parité complète au niveau de son gouvernement. Plus difficile est la procédure élective où le jeu de la concurrence soumet les femmes aux réalités et pesanteurs culturelles et sociologiques. Les politiques ont beau imposer des quotas, la réalité de terrain ne suit pas toujours. Encore que l’on ne fait pas toujours preuve de bonne volonté dans la mise en œuvre des quotas. Le CDP a fixé un quota de 30% mais la compréhension qui en est ressortie était tellement large qu’elle ne pouvait produire que des effets limités. En effet, il suffisait que dans l’ensemble de la liste du parti il y ait 30% de femmes pour que la consigne soit respectée. Dans les circonscriptions où il n’y a que deux sièges, le parti au pouvoir s’est efforcé de respecter la parité. Mais le plus souvent les femmes étaient reléguées à la deuxième place. Et comme les deuxièmes sièges étaient fortement disputés par les autres partis, les chances des femmes se trouvaient d’autant plus réduites. On aurait pu par exemple imaginer que les hommes prennent davantage les arènes des provinces d’assaut pour céder plus de places aux femmes dans les listes nationales. Des scénarii existent si tant est qu’on veut réellement promouvoir la représentation de la femme dans les instances électives. On a fait beaucoup de bruit pour au finish n’obtenir que 15 sièges pour les femmes dans le tout nouveau parlement. Avec le jeu de chaises musicales opéré à la faveur de la composition du nouveau gouvernement, six autres sièges se trouvent libérés au profit des femmes. Ce sont donc 21 femmes qui se retrouvent à l’Assemblée nationale si les nominations s’arrêtent là. Mais la liste des femmes au parlement pourrait encore s’allonger par des nominations de députés dans les ambassades ou dans les grandes boîtes où l’Etat conserve encore quelque pouvoir de nomination. Dans le précédent parlement, les femmes étaient au nombre de 17. Si l’on considère que le nombre des députés est passé de 111 à 127, on peut en conclure que la progression du genre est nulle. En la matière, seul le Rwanda à réalisé sa révolution culturelle. Là-bas, le parlement est constitué à 56,3% par les femmes. La Suède vient en seconde position avec 47,3%. Le Burkina comme les autres pays africains tirent le reste du monde vers le bas où le curseur pointe le chiffre de 18,4%. Question de mentalités nous dira t-on. Soit. Faut-il laisser les choses dans leur cours naturel ou alors doit-on faire preuve de volonté politique pour faire bouger les choses ? Sur ce terrain tout comme sur le terrain des candidatures indépendantes, il y a encore des combats à mener pour que les choses changent.

 

Germain B. NAMA

 


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