Lucarne citoyenne de l’Evé 245

Publié le vendredi 16 novembre 2012

Natama Jean Baptiste : Une compétence
promue

Les Burkinabè n’excellent pas dans la reconnaissance de leurs compétences. Un
peu comme s’ils se complaisent dans le nivellement des valeurs. Quand un
burkinabè creuse la différence, il s’en trouve pour banaliser : « on a mangé de
la sauce de potasse ensemble » ( lezemzèdo). Pour dire, il n’est pas plus que
moi. Ce n’est pas de jalousie çà ? Franchement, tous ceux qui ont observé ce
bonhomme doivent reconnaître qu’il n’est pas n’importe qui. Révélé au grand
public par un leadership tranchant au sein du MAEP, JB Natama a toujours étonné
par la clarté tant dans l’expression que dans les idées. A la tête du MAEP, il
n’a pas non plus donné dans la flagornerie comme pourrait l’y incliner son
statut de militaire. L’homme est en effet un colonel de l’armée. On était
habitué à un autre langage chez nos militaires, le langage rude sans la nuance
qui est la marque des esprits cultivés (faut pas fâcher même si nous s’amuse
pas). Eh bien c’est cet homme là qui vient d’être appelé au bureau de madame
Zuma, la nouvelle présidente de l’Union africaine. Bien sûr, ce n’est pas un
concours qui l’y a amené, mais c’est tout de même sur la base de critères
pointus que le choix a du se décider. Et quand on connaît l’homme on n’est guère
surpris ! Bravo donc à M. Natama dans ses nouvelles fonctions


LAT rattrapé par son blabla

La lutte contre la corruption est aujourd’hui un thème à la mode. C’est une
quête des OSC même si elles ne sont pas des parangons de la vertu, mais c’est
surtout une demande pressante des bailleurs de fonds qui ne sont pas loin d’en
faire une conditionnalité dans l’octroi des financements. Recevant le rapport de
l’ASCE, LAT en avait vanté le « sérieux » et « la rigueur ». Dans la foulée, il
avait demandé que lui soit transmise rapidement la liste des présumés coupables
pour sanctions. Il en avait même avancé une date : le 10 octobre. Voilà un mois
que la date est venue à expiration. Et rien ! Entre temps, le premier ministre
est revenu sur la question pour émettre des doutes sur la rigueur du travail.
Parmi les présumés coupables il y en a qui n’aurait pas été entendu. Quand on a
une si haute responsabilité, on évite de parler deux deux comme dit l’homme de
la rue. Ça fait désordre. Surtout quand on a la forte impression que le premier
ministre n’a pas toutes les cartes en main. On ne comprend pas par exemple qu’il
n’y ait pas eu de mesures conservatoires pour éviter que des gens qui traînent
des casseroles se retrouvent sur des listes électorales. Difficile d’être
rigoureux quand on est plongé dans la politique à 300%.


SIAO : La fête était belle quoique
brouillonne

Il devait relever le défi et il l’a fait. Nommé à seulement quelques
encablures de l’édition 2012 du Salon, le commissaire général, Zongo Abdoulaye
s’est débattu comme un beau diable pour réussir le pari de la participation. Ses
efforts ont été couronnés. Plus de 500 participants venus d’une quarantaine de
pays, c’est très honorable. On s’est arraché les stands malgré les coûts assez
prohibitifs et les affaires à ce qu’on dit n’ont pas été moroses. Tant mieux
donc. Mais il faut sans doute aussi attendre les appréciations avisées des
spécialistes notamment dans le domaine de la créativité pour tirer un bilan de
satisfaction. Reste qu’au fil des éditions, le SIAO est de plus en plus victime
de son succès populaire. Le SIAO est une véritable fête populaire. L’engouement
des visiteurs, la journée continue aidant, atteint son paroxysme les après midi
et en soirée. On eût dit que toute la population de Ouagadougou se déporte sur
le site ou dans les environs, histoire de goûter à l’ambiance festive.
Conséquence, la foule est telle que les pavillons sont incapables d’offrir des
espaces de circulation. A l’extérieur, c’est quasiment une ambiance de festival
Woostock ou si vous préférez, Soul to soul. Est-ce que c’est ça qu’on recherche
 ? Ce qui est sûr, c’est que dans une telle ambiance, l’insécurité est reine. Il
faut craindre que ça devienne un repoussoir pour ceux qui y voient l’occasion de
faire quelques affaires.


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