Création d’emplois au Burkina : Aviculture, au secours !

Publié le vendredi 16 novembre 2012

Le jeudi 25 octobre 2012, a eu lieu à Boulsa, chef-lieu de la province du Namentenga, le lancement de la 3ème composante du programme spécial de création d’emploi, PSCEIII. Sous le patronage du Premier ministre Luc Adolphe Tiao, la cérémonie a permis aux autorités et aux bénéficiaires d’accorder leurs violons sur ce qui sera le PSCE III. Projet de promotion de l’aviculture traditionnelle améliorée, des Kits d’élevage ont été distribués symboliquement aux bénéficiaires, pour le lancement de la composante. Une visite de stands a permis de voir les potentialités du secteur au Burkina Faso

 

Boulsa, Chef -lieu de la province du Namentenga a été la rampe de lancement de la composante III du programme spécial de création d’emplois (PSCE). Le 25 octobre, devant le premier ministre Luc Adolphe Tiao accompagné d’une délégation de ministres ; le ministre des ressources animales a procédé au lancement officiel de cette composante du PSCE. Dans la délégation, on a compté Achille Tapsoba, concerné par le thème de ce jour à plus d’un titre, Salif Kaboré, Jean Bertin Ouédraogo, Laurent Sedego et bien sûr le ministre de tutelle, le MRA. Tout ce monde pour apporter à 20 jeunes (10hmmes et10femmes) de quoi sortir de la misère et partant pouvoir se prendre en charge. Avant le début de la cérémonie de lancement, le cortège du PM s’est ébranlé devant le domicile (palais) de Naaba Sonré, chef du Namentenga. Là, on a certainement imploré les mânes de Naaba Namendé pour que la cérémonie connaisse son éclat, vu les enjeux du thème et les attentes des jeunes, particulièrement frondeurs ces dix dernières années. Puis, retour sur le lieu de la cérémonie. Après les salamalecs, chants, danses et autres speakering, le MC présente les enjeux de la cérémonie de ce matin à la foule installée sous les trois tentes affrétées pour la circonstance. Le folklore est à son paroxysme et la foule est visiblement impatiente d’entendre dans les détails le motif de son déplacement.

Jean Sambo Sawadogo, maire de Boulsa est le premier à monter sur le podium pour saluer en guise de bienvenue, l’avènement de la composante III du PSCE. L’occasion pour le maire d’avancer ses doléances. Les difficultés de sélection des bénéficiaires des kits d’élevage du programme l’amènent à demander que soit augmenté leur nombre de « 25 ou 30 » au lieu des 20 prévus. Aussi l’occasion faisant le larron ou le politique, allons-nous dire, l’opportunité a été saisie pour plaider en faveur du bitumage de la voie Boulsa-Pouytenga, véritable cauchemar pour les usagers. Et Mme le gouverneur de la région du centre-nord prenant la parole a vu plus grand. Elle a plaidé pour le bitumage de la même route, non pas en se limitant seulement à Boulsa mais jusqu’à Kongoussi en passant par Kaya, c’est-à-dire le désenclavement de sa région.

En cette période où le programme d’alphabétisation bat son plein, le représentant des bénéficiaires des kits prit à son tour la parole. Dans son discours en mooré. Il assure les autorités de l’engagement des jeunes et des femmes dans la composante III du PSCE à travers l’aviculture villageoise améliorée. C’est une opportunité pour les jeunes dira t-il de sortir de la pauvreté en subvenant aux besoins élémentaires de santé et d’éducation. Et, Karim Zidwemba, représentant des bénéficiaires s’est réjoui de la parité genre dans le choix des bénéficiaires, car dit-il « la femme c’est la famille donc si elle en bénéficie, c’est une famille qui sortira de la situation de pauvreté ». Mme le gouverneur qui a embouché la même trompette que le maire pour solliciter du bitume pour leurs routes a fait un exposé des potentialités de la région qui est sous sa charge. Composée de provinces (Bam, Namentenga, Sanmatenga), la région est à vocation agropastorale (et bientôt avicole si l’on en croit les engagements des producteurs traduits par Zidwemba Karim, leur représentant). Tout en prenant langue avec ses prédécesseurs du parloir, Tenga Jérémie Ouédraogo, ministre des ressources animales a fait remarquer que l’élevage est le troisième pourvoyeur de devises pour le Burkina Faso. C’est dire qu’après l’or et le coton, c’est l’élevage qui tient l’économie nationale. Le caractère social du poulet, fait de l’élevage de cette espèce un pan important du secteur. L’aviculture se veut aujourd’hui, un moyen pour de nombreux ménages de subvenir à des besoins primaires essentiels. D’où la satisfaction du représentant des bénéficiaires du fait de l’implication des femmes au programme. L’écoulement du poulet local, les techniques de production avicole sont facilement maîtrisables par les producteurs ruraux et le court cycle et le peu de besoin de moyens de financement ont été relevés par le ministre Jérémie Ouédraogo pour insister sur l’importance socio-économique du poulet au Burkina Faso. Cette importance de l’aviculture villageoise au Burkina Faso est traduite par l’existence d’une panoplie de structures technique et administrative pour le renforcement des capacités des éleveurs.

Pour ce programme, 10 jeunes et 10 femmes par communes (351) recevront chacun un kit qui permettra de jeter les bases d’une aviculture améliorée pendant les 5 prochaines années. C’est un paquet technique d’une valeur de 694 000FCFA chacun. Une remise symbolique de kits a ponctué cette cérémonie.

 

Composition du kit :

- un coq producteur et dix poules reproductrices

- un habitat d’une superficie de 25m² équipé de matériel d’élevage comprenant 9 mangeoires, 7 abreuvoirs et une lampe à pétrole, de l’aliment volaille pour les premiers mois d’une valeur de 191 100FCFA

- des produits vétérinaires comprenant des vaccins, des produits pour déparasiter et des désinfectants d’une valeur de 50 000FCFA.

 

Apport du projet :

- 35 100 emplois au profit des femmes et des jeunes

- Production et commercialisation de 36 000 000 de poulets

- Procurer 72 milliards de franc CFA aux éleveurs bénéficiaires

- Lutter contre l’insécurité alimentaire des groupes vulnérables

- Amélioration des conditions de transport de la volaille locale par l’acquisition de cage de contention

- Acquisition et implantation de 396 nouveaux kiosques de grillade

- Amélioration des conditions d’abattage de la volaille locale par l’implantation d’abattoirs de volailles dans chaque région

- Renforcement des capacités organisationnelles des femmes et des jeunes.

 


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