Festival " Rendez-vous chez nous " L’immigration déconseillée aux élèves

Publié le samedi 3 mars 2012

Les élèves du lycée de Komsilga ont séché les cours le jeudi 09 février dernier. La raison en était que les organisateurs du festival " rendez-vous chez nous " qui est à sa 3e édition ont trouvé dans la cours de l’école un cadre pour inviter les élèves à célébrer avec eux la nouvelle forme de théâtre : le théâtre de rue. Créé en 2009 pour promouvoir la richesse culturelle africaine et servant de cadre pour sensibiliser les jeunes, ce festival a choisi cette année d’aller vers un public plus large dans la rue pour faire passer leurs messages. Cette fois, cette association à but non lucratif s’est intéressé aux scolaires en prenant le temps de les réunir autour d’une pièce théâtrale. Les élèves du lycée départemental de Komsilga ont donc pu suivre un art nouveau pour eux qui se situe dans la manière de rendre la pièce. Un monologue, c’est ce qui leur a été présenté par le théâtre acclamation du Burkina. Dans une mise en scène de Sira Diarra et une interprétation de Safoura Kaboré, les spectateurs ont pu vivre l’émotion d’une histoire fondée sur les réalités tristes de la vie en Europe. La scène se passe dans un maquis où, las de subir les humiliations, le dédain, le racisme, la violence des hommes en Occident, Jazz, une jeune Africaine décide de se confier à une amie. Le choix du lieu répond à l’adage qui dit : " c’est dans le vin que se trouve la vérité " pour marquer la rupture d’avec le silence qui hantait Jazz et qui, à petit feu rongeait l’âme de cette dernière. Plus qu’une révélation, c’est une confession qui retrace la difficulté que certaines filles vivent en Occident, digérant les sévices dont elles sont victimes se résumant par les viols, la culpabilité, le rejet. Considérée comme un objet de plaisir, Jazz suffit les affres d’un univers dont la pitié et le sentiment ont perdu leur goût. La où elle passe, sa dignité est mise à rude épreuve. N’ayant pour force que les pleurs et transformant entre temps ces complaintes en habitudes, elle se laisse violer par son propre patron qui n’a d’yeux que pour fouiller ces entrailles, recherchant le plaisir sous toutes les formes perverses. La vie de Jazz mimée par Safoura Kaboré n’aura été que pire cauchemar, basculant d’un rêve illusoire que l’eldorado était en droit de lui offrir à une hécatombe dont l’issue est ce deuil qui la couvrira dans toute sa vie. L’interprète allie danse et chant pour donner au rendu la symbolique des valeurs africaines où danses et chants rythment le quotidien des Africains. Avec un langage courant qui tient compte de l’accent occidental dans le rendu, les élèves les plus attentifs ont pu comprendre le message mais sans pour autant pouvoir le restituer, signe qu’un public plus aguerri doit être pris en compte. En attendant, les amoureux de ce genre ont jusqu’au 12 février prochain pour se racheter. Ceux qui préfèrent les autres créations comme le cirque, les marionnettes, la danse, etc seront aussi satisfait les prochains jours car à travers ce festival, l’art va vers la population c’est pourquoi il est entièrement gratuit.

Michaël Pacodi
pacomik@yahoo.fr


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