Crise universitaire de Koudougou : La guerre des titans s’annonce

Publié le vendredi 2 novembre 2012

Malin sera celui qui devinera avec exactitude la fin de la crise à l’UK. Tant il y a des péripéties d’un moment à l’autre. Aujourd’hui, ce sont les syndicats d’enseignants qui se contredisent sur le sujet à travers des déclarations. Et la coordination des élèves et étudiants burkinabè (CEEB) dans la même position que l’autre, appelle les scolaires à la mobilisation. Si on ne joue pas balle à terre (lire éditorial), la guerre des titans est inéluctable.

 

Une grève de nouveau dans les universités publiques du Burkina. L’Union générale des étudiants du Burkina a lancé un mot d’ordre de grève de 48 heures allant du 24 au 25 octobre 2012. Cette nouvelle décision répond à la grève du 11 octobre dernier qui n’a pas eu gain de cause venant de la part des autorités. Les militants de l’UGEB avaient déterminé une autre action si toutefois l’issue de la grève du 11 octobre était infructueuse. « Si les autorités n’intègrent pas les étudiants sanctionnés, nous allons passer à la vitesse supérieure » avaient-ils dit. Il y a alors lieu de s’inquiéter de l’avenir de l’année universitaire en cours, surtout que les syndicats des enseignants sont aussi rentrés dans la danse en prenant des positions tranchées. Le 17 octobre, le syndicat national des enseignants chercheurs (SYNADEC) section de Koudougou a fait une déclaration dont la voici la teneur : « Le SYNADEC approuve de ce fait les différentes sanctions prises à l’encontre des étudiants reconnus coupables d’actes de violences et d’entraves aux activités pédagogiques. Il les trouve justes, mesurées et légitimes. » Il se dit également prêt à opposer une résistance en cas de remise en cause des décisions du conseil de discipline qui a sanctionné 16 étudiants de l’Université de Koudougou. Deux jours avant cette déclaration, soit le 15 octobre, les ministres Jérôme Bougouma et Moussa Ouattara ont effectué une visite éclair à Koudougou. Il s’agissait pour eux de rencontrer les protagonistes en vu de discuter pour un retour de la paix à l’UK. Déjà, le SYNADEC reste méfiant et dénonce toute ingérence politique qui viendrait à obliger le conseil de discipline à faire machine arrière sur sa décision. « Le SYNADEC condamne toute volonté de récupération politique de cette situation tragique » dit la déclaration. Dans la même logique de prise de position, la Fédération des syndicats nationaux des travailleurs de l’éducation et de la recherche (F-SYNTER) se range du coté des étudiants. Dans sa déclaration, elle revient sur les causes qui ont produit les conséquences aujourd’hui à l’UK. Pour la F- SYNTER, au lieu de s’en prendre aux étudiants, il serait mieux de trouver des solutions aux « effectifs pléthoriques dans les amphithéâtres, insuffisance d’infrastructures, manque d’enseignants, de personnel d’encadrement, conditions salariales peu attractives » Autant de problèmes auxquels elle ajoute le système Licence-Master-Doctorat (LMD) qui a été selon ses propos « hâtivement introduit sans accompagnement structurel conséquent ». La F- SYNTER dénonce ainsi des « mesures arbitraires » à l’endroit des étudiants et en recommande l’annulation. Le 20 octobre, c’est la coordination des élèves et étudiants burkinabè (CEEB) qui lance son coup de gueule à qui veut l’entendre. Elle dénonce la situation qui prévaut actuellement à l’université de Koudougou (UK) mais aussi « les circonstances tragiques de la mort de l’élève Kouraogo Moumouni à Pouytenga le 02 octobre 2012 et de la mort par balle de l’écolier de Bobo Dioulasso le 17 octobre 2012 » Pour la CEEB, la seule condition pour un retour à un climat serein dans les différents grades d’enseignements au Burkina est la prise en compte d’un certain nombre de ses revendications à savoir : la vérité et la justice pour Kouraogo Moumouni et Kouraogo Ousmane, la vérité et la justice pour l’écolier de Bobo, l’annulation pure et simple des sanctions iniques prises à l’encontre de leurs camarades étudiants de l’UK. Pour marquer sa solidarité avec les étudiants de Koudougou, la CEEB a décidé d’observer le mot d’ordre de 48 h de grève lancé par l’UGEB. « Des instructions fermes ont été données aux structures d’élèves et d’étudiants membres de la CEEB pour qu’elles mènent une campagne soutenue de mobilisation dans le but de faire du mot d’ordre de 48h un succès éclatant. » précise la coordination.

 

Basidou KINDA


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