Orgueil mal placé ! Seuls les imbéciles ne changent pas

Publié le mardi 23 octobre 2012

Les maliens n’étant pas tous des imbéciles, ils sont revenus donc sur leur position initiale refusant toute intervention extérieure dans leur pays. Mais rien n’est encore gagné si on s’en tient à la Marche de protestation de ‘’la bande à Mariko’’ se tenant les bras et hurlant toute leur haine face à la CEDEAO. « Nous n’avons pas besoin de la CEDEAO ici. Nous ne voulons voir aucun soldat de la CEDEAO dans notre pays. Qu’ils libèrent nos armes bloquées dans les ports de la sous-région et nous combattrons. »

Mais pourquoi en Afrique, on aime tant le ridicule ?

Vous, vous êtes restés là les bras croisés dans vos débats sans queue ni tête de prétendue souveraineté jusqu’à ce que les Islamistes prennent tout le contrôle d’une grande partie du pays (pas seulement le Nord comme on a tendance à le croire), détruisent les mausolées, coupent les pieds et les mains des gens et maintenant se mettent à fusiller de soi-disant criminels condamnés avant tout procès et c’est maintenant que vous vitupérez contre la CEDEAO ?

Ceux qui ont été formés avec l’argent des contribuables maliens pour se battre et protéger le pays ont fui et déserté les casernes dès les premières rumeurs annonçant l’arrivée des fous dits de Dieu. Les professionnels de l’armée, hauts gradés, officiers et sous-officiers sont allés se terrer laissant dans le désarroi total de pauvres soldats qui n’ont eu d’autre choix que de prendre leurs jambes à leur cou. Et maintenant, vous avez le culot, l’outrecuidance et l’indécence de protester contre la venue des ‘’étrangers’’ des pays de la CEDEAO, donc des Africains, vos frères ? Vos voisins du Mali, de la Côte d’ivoire, du Ghana, Togo, Bénin, Guinée, Niger et autre Nigéria sont devenus donc vos étrangers ? Vous ne les reconnaissez plus ?

A quoi cela sert-il de faire partie d’organisations régionales comme la CEDEAO si lorsqu’un pays traverse une crise aussi grave que celle que connaît le Mali, on ne peut lui venir en aide et essayer ne serait-ce que de limiter les dégâts déjà énormes causés par ceux qui n’ont aucun amour de leur pays et ne sont guidés que par leurs seuls intérêts mesquins et égoïstes ?

A quoi cela sert-il de se dire voisins, pays frères, amis, Africains si on laisse brûler la case voisine sans intervenir ?

Le feu par nature se propage très rapidement. Doit-on attendre que ces fous de Dieu envahissent d’autres pays de la sous-région pour réagir ?

Que vient faire cette notion d’orgueil, de fierté dans une situation aussi tragique de vie ou de mort ?

Si ces opposants à toute intervention extérieure étaient lucides, ils auraient trouvé une solution avant même que la catastrophe ne leur tombe dessus.

Certes, nul ne connait encore précisément les tenants et les aboutissants d’une telle intervention. Personne ne peut évaluer ni prévoir le coût financier, humain de cette opération et ses conséquences sur le futur du Mali en termes économiques, sociaux et politiques.

Certes, Haïti continue à payer à la France son tribut pour sa fameuse indépendance qui, en réalité comme pour le reste de tous les pays africains n’a eu réellement lieu que sur papier uniquement. Ça n’explique pas le chaos social, politique, économique et humain de l’Ile et ça ne dédouane pas non plus les responsables et simples citoyens haïtiens de la gestion calamiteuse de leur pays. Mais nous savons tous d’où sont venus les Haïtiens, non ? Ceci expliquerait bien mieux cela.

Certes, on ne sait pas combien aura coûté en fin de compte l’intervention française et étrangère en Côte d’ivoire et il est tout à fait légitime que des citoyens africains inquiets se posent la question. Mais quand la vie humaine est en jeu, que des êtres humains meurent de faim, de maladies et d’exactions innommables, il n’y a plus de temps à perdre en discours métaphysiques. Il faut agir tout simplement. Après, on verra. Quand il y a le feu, on court chercher de l’eau pour éteindre tout de suite et on ne réfléchit pas au coût de l’eau. Alors si l’incendie qui ravage actuellement le Mali peut être éteint par l’eau venant du Burkina, du Niger et des autres pays voisins, alors, mes frères et sœurs maliens, laissez passer les pompiers.

La CEDEAO seule, ne peut rien. C’est sûr et certain. Elle avait déjà déposé les armes avant même de les prendre. De tergiversations en tergiversations sur les moyens dont elle disposerait pour mobiliser les troupes, les équiper (on a bien entendu les différents responsables pleurnicher pour quémander l’aide de la France), il semble plus que probable depuis la dernière Assemblée Générale de l’ONU, qu’une intervention sous le mandat de l’ONU avec une aide logistique de la France et des États-Unis se fera.

Mais quand ?

That’s all the question !

Alors, mes frères et mes sœurs maliens, please, laissez passer l’option du ‘’bouc-émissarisme’’.

C’est un dicton mooré qui dit :

« Pa franb damba yélé yé. Pa wenk damba yélé yé. Yon wan sa lagè. » « Ce n’est pas la faute des cueilleurs ni des mangeurs. C’est le plat qui est vide. »

 

Angèle Bassolé, Ph.D.Écrivaine et Éditrice,

Ottawa, Ontario.

 abassole@yahoo.com


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