Religions : La lettre et l’esprit

Publié le mardi 23 octobre 2012

Il est une réalité que j’essaie en vain de comprendre. Et pourtant la chose me taraude depuis longtemps. Il s’agit de la manière dont les religieux les plus avertis cachent la vérité de leur religion au commun des mortels ! Bien sûr qu’on ne peut tout dire à tout le monde tout de suite, surtout si les gens n’ont pas encore le minimum pour appréhender la vérité. Bien sûr que tout le monde ne peut pas gérer les réalités complexes avec la même hauteur de vue, ce qui est toujours nécessaire dans des choses complexes comme la spiritualité, la froideur de la réalité, la laideur de certaines actions relatives à des personnes vénérées ou à des époques difficiles dans la mise en œuvre de chaque foi religieuse ! Tout cela est vrai. Qu’en est-il cependant lorsque la religion devient une grave entrave à la cohésion sociale, et que les leaders restent cois ? Qu’en est-il lorsque pour des ambitions de leadership, des actes contraires au mieux-être de l’être humain, sont commis ? Que devrait-il en être lorsque visiblement les malheurs et les douleurs des multitudes prennent des proportions inquiétantes ?

 

On reste toujours estomaqué lorsqu’on voit de nos jours ce que des musulmans causent comme dégâts de tous genres, ou lorsque des vies humaines innocentes sont prises par des fanatiques… et que des dirigeants musulmans qui sont censés être plus versés que le commun des mortels dans les méandres de l’Islam, se contentent d’affirmer la main sur le cœur que « L’islam est une religion de la tolérance. » ! C’est quoi la tolérance lorsqu’on décide brusquement que parce qu’on est persuadé que l’Islam est la « meilleure religion de la terre », tout le monde entier doit devenir musulman ! Qu’on se mette à tirer sur tout ce qui bouge pour forcer tout le monde par la peur à se présenter comme musulman ! C’est quoi la tolérance lorsqu’à la moindre égratignure de sa foi, on devient fou furieux au point de s’imposer le devoir d’assassiner tout sur son passage, sans le moindre égard pour les plus faibles de la société, les femmes et les enfants notamment ? C’est quels genres de musulmans tolérants qui coupent des mains et des pieds, qui assassinent les fautifs de délits ou de crimes, exactement comme au temps du prophète ? Est-on certain que si Mohamed revenait sur terre aujourd’hui en 2012, il adopterait toujours les mêmes dispositions qu’aux temps de l’Hégire ? Certaines législations en son temps ont amené les gens à apprécier positivement les règles islamiques comme de véritables progrès dans le traitement de l’être humain (traitement de la femme, des lois barbares de l’époque, etc.). Ces dispositions doivent-elles être pour autant rigides jusqu’à la fin des temps ? L’erreur est commune surtout au niveau des religions révélées, de croire qu’une loi ou une règle divine édictée est définitive. C’est ici que se fait la différence entre ceux qui réfléchissent sur la religion et ceux qui se contentent de l’appliquer. Si une loi qui est d’essence divine est éternelle en effet, il faut cependant faire la différence entre sa lettre et son esprit. Si celui-ci est éternel, celle-là est relative au temps, aux contacts entre humains, aux influences des autres religions, au niveau du progrès scientifique, etc.

 

Qu’on ne s’y trompe pas, ce que je viens de dire concernant l’Islam, est tout à fait valable pour les deux autres « religions révélées ». Il ne s’agit donc pas ici d’une attaque contre l’Islam ! De toute manière, il faut savoir que de tous les hommes, les Africains sont parmi ceux qui n’ont jamais jugé un homme par rapport à sa foi ou à sa religion ! On parle ici naturellement des Africains qui ont comme valeur la tradition (ce que je m’efforce d’avoir), et non pas du tout de ces égarés dans les ruines des religions de l’intolérance, des spiritualités frelatées, des spécialistes du reniement de soi.

 

Samory Touré aurait un jour affirmé : « Quand un homme refuse, il dit NON ! ». Loin d’amener les hommes à leur religion en torturant, en coupant des mains et des pieds, en lapidant à mort publiquement, jamais les musulmans ne réussiront à faire de tous les hommes des musulmans ; au contraire ils les révolteront ! Car à un moment ou à un autre de leurs tourments, les hommes seront amenés toujours à dire : « NON ! ». Les Africains n’ont-ils pas bon dos d’affirmer : « C’est un non-sens quand un singe croit insulter son semblable en lui disant que ses yeux sont engoncés ! » ?

 BETEO D. NEBIE

(neb_beteo@yahoo.fr)

 


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