SITHO 2012 : Un bilan diversement apprécié

Publié le mardi 23 octobre 2012

­La 9e Edition du Salon International du Tourisme et l’Hôtellerie de Ouagadougou(SITHO) fermait ses portes ce dimanche 30 septembre. Tenue du 27 au 30 septembre au SIAO sous le thème : « Tourisme et Transport au Burkina Faso : Quelle stratégie pour une meilleure desserte ? », l’édition de cette année a mobilisé plus de 9 000 participants composés de nationaux et de ressortissants de dix pays hôtes. La presse a été conviée à la présentation du bilan de l’évènement. Ainsi le Comité National d’Organisation(CNO) de par la bouche de son président, M. Jean-Claude DIOMA, a exprimé un bilan satisfaisant comparativement aux éditions précédentes mais tout en reconnaissant que beaucoup reste à faire. Ce satisfecit sera battu en brèche par la réaction de l’assemblée constituée de journalistes et d’exposants représentant des pays invités.

Coïncidence ou simple hasard de calendrier ? Un fait marquant de cette édition est qu’elle a commencé le jour dédié au tourisme à l’échelle mondiale. En effet, le 27 septembre de chaque année a été baptisé Journée Mondiale du tourisme. Ouvert donc le 27 de ce mois, c’est de concert avec le reste du monde que le SITHO a été célébré. Conférence publique, panel-débat, animation culturelle, sessions Business to Business (B to B), dégustation de mets…ont été le moment fort de la manifestation. 157 tentes ont été dressées au profit des exposants et la plupart des pays invités ont envoyé des délégations. Et dans le cadre du B to B, 79 rencontres professionnelles ont été enregistrées. C’est en substance ces résultats obtenu qui fondent le ravissement du CNO. Ainsi le secrétaire exécutif sur la base de ces données martèle que l’objectif recherché est largement atteint. Mais avant de terminer ses propos le président a déploré la quasi absence des agences de voyage. Cette autosatisfaction n’a cependant pas rencontré l’assentiment de l’auditoire. Ainsi journalistes et exposants ont d’abord regretté le fait que le public burkinabè n’a pas massivement répondu présent aux différentes activités, ce qui dénote la faiblesse de la publicité. La date de la tenue du SITHO a aussi été critiquée. D’abord son rapprochement avec le SIAO ne favorise pas une forte participation des pays africains, européens et américains ; ces derniers préfèrent venir une bonne fois pour la célébration du SIAO. Aussi, il a été déploré le fait que quand la musique battait son plein les étudiants de la faculté de Droit étaient en examen sur le même site. En outre, cette 9e édition coïncidant avec l’hivernage, l’accès aux sites était difficile quant cela n’était pas impossible. Une exposante venue Tchad a fustigé le manque de suivi des invitations adressées aux pays. En plus, la traduction de la pertinence du thème a été aussi un autre point d’inquiétude. Un journaliste a voulu savoir s’il y avait de réels motifs de croire qu’à l’issue de la réflexion il aura effectivement une meilleure desserte. En reprenant donc la parole, M.DIOMA a toute suite voulu être clair sur le manque d’engouement : le SITHO n’est pas le SIAO. Au SITHO l’accent est mis sur la qualité du public, c’est une affaire des professionnels du domaine du tourisme que sont notamment les hôteliers, les agences de voyage, les promoteurs des sites touristiques etc. C’est un peu le principe : telle manifestation, tel type de public. Quant à la mise en œuvre concrète du thème retenu pour l’occasion, le président laisse entendre que son organe est une force de proposition pas plus. La réalisation des stratégies pour une meilleure desserte reste une affaire des décideurs politiques. En rebondissant à d’autres préoccupations le CNO a reconnu qu’il y a effectivement lieu de trouver une date idoine pour la programmation des prochaines éditions. Les participants n’ont pas évité à l’instar de M. Mamadou TALL du Sénégal de relever les maux dont souffre le tourisme africain de façon générale. Il y a le fait que le tourisme est très mal vendu et ce, par l’absence d’une grande promotion autour des offres touristiques en Afrique de l’ouest. Mais au-delà de la lecture que chacun a pu faire du bilan, des recommandations et doléances ont été faites afin de booster véritablement le secteur du tourisme. Ainsi il a été plaidé pour la mise place d’un secrétariat permanent du SITHO qui devra se charger des affaires courantes. Rappelons que le Ministre de la Culture et du Tourisme, Monsieur Baba HAMA dans son discours d’ouverture a suggéré la mise ensemble des efforts pour réussir le pari de la desserte de nos destinations, du désenclavement et de l’accessibilité des sites de nos attractions touristiques. Il est même allé plus loin en soutenant qu’en cette ère de développements technologiques et de standardisations, nos aéroports aussi se doivent de répondre de plus en plus à des exigences de sécurité, de confort et d’esthétique. Le ministre a aussi fait un clin d’œil au Mali, durement éprouvé par la crise qui le traverse et ce, pour dire que le tourisme est fortement tributaire de la paix, de la stabilité et de la sécurité. En tout état de causes les organisateurs affichent une réelle volonté de mieux faire. Ils ont même exprimé l’intention de céder l’organisation du SITHO à des personnes morales ou physiques privées qui s’y connaissent mieux en la matière. Pour son plein succès, des exposants ont suggéré d’alterner l’organisation du SITHO et du SIAO n

 

Amidou TRAORE

(Stagiaire)


Commenter l'article (0)