Un nouveau docteur en philosophie à l’UO

Publié le mardi 23 octobre 2012

Le cercle restreint des docteurs s’est élargi ce samedi 06 octobre. En effet, Monsieur Gaoussou OUEDRAOGO soutenait sa thèse de doctorat en philosophie dans l’Amphithéâtre Nukukior Claude OUEDRAOGO de l’UFR. Sciences Humaines devant un jury d’envergure sous regionale. La réflexion et l’analyse de M.Gaoussou portaient sur « la finalité politique de la doctrine éthique de Spinoza ».

« Nous avons décidé à l’issue de la délibération, d’accorder le statut de docteur en philosophie à M. Gaoussou OUEDRAOGO avec la mention très honorable ». C’est le verdict accueilli par des cris de joie qui a sanctionné 4 ans de dur labeur du candidat. On était porté à croire que tout allait de mal en pire à l’Université de Ouagadougou. Eh bien ! l’ Ecole Doctorale des lettres, sciences humaines et communication apporte un démenti cinglant et non des moindre à cette croyance. Pour preuve, depuis 2008 elle a accouché de douze docteurs et projette générer trois autres d’ici la fin de l’année. Dirigée par l’éminent Professeur Mahamadé SAVADOGO, cette école s’illustre également dans le processus de l’intégration sous régionale. Ainsi voici la 2e fois qu’à son initiative, une soutenance de thèse de doctorat est présentée devant un jury composé de brillants professeurs venus de la sous-région. C’est dans cette dynamique que M. Gaoussou a d’abord été encadré par le professeur Ramatoulaye Mbengue-Diagne de l’Université Cheick Anta Diop de Dakar et M. Mahamadé SAVADOGO. Ensuite, en plus de ces deux professeurs, M.Ramsès Thiémélé BOA, venu de l’Université de Cocody d’Abidjan, M.Cyrille KONE, président du jury et M. Jacques NANEMA tous les deux de l’UO donnaient au jury toute sa couleur sous régionale. Le travail devrait être présenté en trente minutes. On a senti Barush Spinoza le philosophe hollandais se réincarner dans le candidat, tellement celui-ci s’était approprié sa doctrine. M. Gaoussou part du constat selon lequel notre monde est déchiré par plusieurs crises et toutes les solutions proposées se sont avérées inefficaces quant à leur éradication. La panacée pour lui réside dans la mise en œuvre de la pensée spinozienne. Rappelons que la pensée du Hollandais s’articule essentiellement autour de deux points : d’abord l’éthique qui prépare le terrain de la politique, ensuite la politique qui est le cadre d’expression de l’éthique. Pour Spinoza, aucun régime politique n’est meilleur que les autres, tous s’équivalent. Ainsi donc la monarchie n’est pas tout à fait mauvaise comme beaucoup le pensent. Il suffit de baliser le pouvoir par des garde-fous juridiques afin qu’il ne verse pas dans les dérives de toutes natures. Il en est de même de l’aristocratie qui par application du principe le pouvoir doit arrêter le pouvoir pourra être salutaire pour le peuple. La doctrine de Spinoza a été présentée comme une lumière pour le contemporain. La thèse de M.Gaoussou a été matérialisée par un document de 417 pages. Il faut noter que ce dernier a été le premier parmi les quinze candidats retenus sur un total de 800 postulants de toute l’Afrique. Cependant la naissance de l’œuvre qui a bénéficié d’une bourse de l’Organisation Internationale de la Francophonie ne s’est pas réalisée sans embûche. L’accès à nombres de livres était impossible soit parce qu’ils étaient introuvables ou soit à cause de la langue ; certains livres étant écrits en latin. Persévérance et combattivité ont permis à l’étudiant de surmonter les obstacles. La phase d’échange entre ce dernier et les membres du jury a été particulièrement décisive. Pilonné par une batterie de questions les unes plus tranchantes que les autres, le candidat s’est montré très stoïque et combattif tant et si bien que le jury a unanimement salué l’exploit et la qualité des réponses. « Le jury a été séduit par l’aisance avec laquelle le candidat s’est défendu » a laissé entendre le président du jury à la fin de la soutenance.

 

Amidou TRAORE

(Stagiaire)


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