Université de Koudougou : Le verdict !

Publié le lundi 15 octobre 2012

Le conseil de discipline de l’Université de Koudougou à rendu son verdict. Six (6) étudiants sont exclus définitivement des enseignements publics et privés du Burkina Faso.

 

Journée fatale à l’Université de Koudougou le 3 octobre dernier. Seize (16) étudiants ont, en effet, été sanctionnés en conseil de discipline. Sur les 16 étudiants, deux (02) ont vu leur session annulée tandis que les quatorze (14) autres ont écopé de sanctions allant de l’exclusion temporaire de 1 à 5 ans à l’exclusion définitive des universités publiques et privées du Burkina (Voir liste). Ils sont « coupables d’actes d’indiscipline au sein du campus universitaire de Koudougou » selon la déclaration portant sanction à l’encontre des dits étudiants signée le 3 octobre par le Pr Bila Gérard Segda, président de UK. Par actes d’indiscipline on entend, « agression d’étudiants, d’enseignants et boycott des activités académiques » précise Francis Nikiéma, qui endosse la sanction maximale. Ce dernier, en plus de l’annulation des sessions de l’année académique 2011-2012 qui devaient lui consacrer sa maîtrise en histoire, écope d’une peine d’ « exclusion définitive de tous les établissements d’enseignement supérieur publics et privés du Burkina Faso . » Sur quelle disposition ce verdict sans appel est-il fondé ? A cette question, Francis Nikiéma répond : « c’est un nouveau décret ‘’anti-démocratique’’ de décembre 2011 et qui a été revu le 24 juillet 2012 ». Il s’agit du décret n°2012-646/PRES/PM/MESS du 24 juillet 2012 portant régime disciplinaire applicable aux étudiants et aux candidats aux examens et concours organisés par les Universités publiques du Burkina Faso. Francis Nikiéma se retrouve dans cette situation parce que ce serait par lui que le pire est arrivé à savoir « l’agression » le 4 septembre 2012 de Mahamoudou Oubda, enseignant et chef de département d’Histoire et Archéologie de l’UFR/ Lettres, Sciences Humaines et des trois étudiants dont Issaka Bako et Ibrahim Hema. M. Oubda aurait été « calomnié d’avoir pris part à une évaluation pendant un mot d’ordre de l’ANEB, alors qu’il n’en était rien » dit l’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB). N’étant pas d’accord avec cette « campagne d’intoxication », les membres de l’ANEB ont donc exigé que M. Oubda démente ou confirme ses propos en présence des étudiants. Et pour ce faire, le groupe l’aurait alors séquestré en l’amenant de force du deuxième étage au rez-de-chaussée. 

Le comité exécutif de l’UGEB appelle l’ensemble de ses sections à organiser des Assemblées générales d’explication et à observer un mot d’ordre de grève de 24 heures demain jeudi 11 octobre 2012 dans toutes les Universités publiques du Burkina. En la matière, une note a été adressée au Ministre de tutelle, Moussa Ouattara pour l’en aviser. Les sections de l’UGEB de Paris et Dakar vont manifester également leur soutien à ceux de Koudougou a fait savoir Rodrigue Arnaud Tagnan, secrétaire à l’information de l’ANEB de la corporation de l’UFR/ LAC de l’Université de Ouagadougou. L’UGEB a aussi introduit, le 8 octobre dernier, une requête d’audience auprès du ministre des enseignements secondaire et supérieur pour discuter de la situation qui prévaut à Koudougou. Dans l’après-midi du 8 octobre, le président de l’UK, Gérard Segda, a animé un point de presse sur les mesures prises. Pendant ce temps, les militants de l’UGEB sillonnaient les organes de presse à Ouagadougou pour remettre une déclaration livrant leur version des choses. L’UGEB dans sa déclaration exige l’annulation des sanctions « iniques » infligées à leurs camarades, le départ des forces de répression du campus de Koudougou et la reprogrammation des cours et évaluations boycottés par les étudiants.

 

Listes des étudiants sanctionnés

 

Source : délibération n°2012-0001/MESS/SG/UK/CD du 3 octobre 2012

 

Basidou KINDA


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