Accident de la circulation : Des morts qui accusent des soldats français

Publié le dimanche 30 septembre 2012

 

Pour cet accident de la circulation, l’enquête n’est pas achevée hors le dossier semble évoluer vers sa clôture. Deux jeunes fonctionnaires fraichement sortis de l’école ont perdu la vie avant d’avoir pris service. La nuit du 25 au 26 aout leur aura été fatale. Un accrochage probable avec un véhicule conduit par des coopérants militaires français. L’accident est dû à l’état de la route tentent d’expliquer les militaires. Mais des signes montrent aussi que les français qui se sont constitué en témoins et non en protagonistes ne sont pas tout à fait zain. L’enquête qu’aurait dû mener les services de la gendarmerie à été classées de façon simpliste. Les parents des victimes semblent ne pas être en accord avec les services de la Brigade de police judiciaire (BPR). Le dossier est justice, mais l’assureur, lui il a classé aussi l’affaire en se fiant au PV de la gendarmerie. Hors dans le PV, les protagonistes se contredisent.

 

Ousmane Larba Sawadogo et Jean Gobda Natama étaient sur une moto TVS Néo X3 dans la nuit du 25 au 26 août 2012. Ils ont été fauchés par des coopérants militaires français qui étaient à bord d’un véhicule banalisé de marque Toyota Avensis. Ces français-là sont de l’Ecole nationale des sous-officiers d’artillerie de Kamboinsin. D’après les dires du conducteur du véhicule, les deux jeunes étudiants, tous des élèves fonctionnaires, ont d’abord heurté un dos d’âne avant que leur moto ne vienne cogner le véhicule. Dans la version relatée par les parents des victimes, les coopérants se sont constitués en témoins de l’accident et ont expliqué comment cela est arrivé. Mais des indices montrent que les choses ne se sont pas passées comme le prétend le conducteur de la Toyota Avensis. De la version des protagonistes constitués en témoins, les deux infortunés sont tombés et ce n’est que la moto seule qui est rentrée en collision avec leur véhicule. Or, déjà, le 27 Août 2012, lorsque Adama Sawadogo est allé à la Brigade de prévention routière pour savoir comment le drame est arrivé, avec lui le père de Jean, il a constaté des traces (apparentées) de sang desséché tout le long du véhicule. Puis, « des traces d’impact sur le côté gauche, un creux qui ne comportait pas d’éraflures ». Conclusion, il y a contradiction entre la version du chauffeur et les indices trouvés sur le véhicule : quelqu’un l’a touché et cela est peut-être dû à un choc de la tête d’une des victimes. Une chose est sûre, le choc entre une motocyclette et une voiture laissera obligatoirement des égratignures sur la peinture du dernier.

 

Des balbutiements

 

A la brigade de prévention routière compétente en matière d’accident, les parents des victimes n’ont guère eu le cœur net, lorsqu’ils demandent de faire un prélèvement sur les traces (de sang) visibles sur le long du véhicule. « La gendarmerie nous a répondu qu’elle n’est pas habilitée à contacter un médecin pour l’opération ». Celle-ci a finalement produit une réquisition qui a permis aux parents des victimes de faire appel au médecin pour le prélèvement. A l’arrivée de ce dernier, avec beaucoup de retard, sous un orage, l’opération n’a pu se faire pour deux raisons. La première, il fallait faire un prélèvement de traces de sang déjà séché, or le médecin a prévu du matériel de prélèvement de sang frais. La deuxième est que le véhicule de l’accident sur lequel les prélèvements devaient être faits est resté sous la pluie sans protection aucune, chose qui a lavé les tâches à prélever. Un véhicule qui devait être mis sous scellés, exposé aux intempéries, c’est une pièce à conviction perdue. Encore que celle-ci a déjà été enlevée par son propriétaire, Brice Nombré, gérant de l’agence « Saïd Global Service (S-A-G-S) » que nous avons rencontré est resté aussi bien frileux que vague dans la brèche que nous lui avons ouvert. A la question posée de savoir dans quel état il a trouvé son véhicule qui était entre les mains de ses clients, sa réponse a été empreinte d’une certaine méfiance : « pardons ! Laissez-moi dans mon coin ». Sans autre forme de procès, la discussion s’est arrêtée là, tout en prenant, bien sûr, le soin de nous renvoyer à la gendarmerie. Qu’est ce qui est si indicible dans cette affaire d’accident ? Un accident est un accident ! Mais, une certaine langue de bois est observée autour de celui-là, c’est donc inquiétant et il faut y voir clair. Nous avons interrogé une source digne de foi ; c’est un confrère qui avec un de ses amis sapeur-pompier ont secourus les infortunés quand ils les ont trouvé allongés sur la route après qu’eux aussi revenaient de vadrouille. Celui-ci nous explique dans quel état ils ont trouvé les accidentés et le véhicule mis en cause dans cet accident. « Après le gendarme couché (entendons par ce terme un ralentisseur), on a vu les deux jeunes couchés, mon compagnon était sapeur-pompier, il les a repositionné pour attendre que les secours arrivent. Il y avait un véhicule positionné devant à 40 mètres à peu près. Un monsieur nous a dit que c’est le véhicule qui est devant-là qui a cogné les deux jeunes là ». Le monsieur en question était témoin oculaire à ce qui se dit. « Je me suis approché d’eux et je leur ai demandé et ils ont dit la même chose que ce qui est écrit dans le PV de la gendarmerie », nous a aussi confié notre confrère qui était sur les lieux.

Si on s’en tient donc à la seule version des occupants de la Toyota, des soldats français ont assisté à la mort de ces jeunes gens sans rien faire. Le secourisme est un des b.a.-ba dans la formation des militaires, surtout dans un pays comme la France. C’est une lapalissade !

  La moto des victimes


Le puzzle est endommagé !

 

Quelque chose ne va pas ! Entre les dires des occupants de la Toyota mis en cause par les ayants droit des victimes, et ce que les derniers avouent avoir constaté à la gendarmerie, il y a des points de désaccords. La gendarmerie aussi a fait le lit des atermoiements à la réception des ayants droit. Alain Natama, père de Jean, dans sa déposition à la gendarmerie a posé une question pertinente. Dans le PV, il est écrit ceci : « Pour moi les gendarmes tentaient de protéger les coopérants français car, quand j’ai posé la question de savoir pourquoi ils n’ont pas rejoint les blessés plus tard pour s’enquérir de leur état de santé, ils me répondirent (surtout le conducteur) que c’est le commandant de brigade qui leur avait dit que ce n’était pas la peine, mais qu’ils pouvaient revenir le lundi 27 août à 8 heures ». Aussi, y avait-il sur les lieux, un véhicule de type 4x4 arrivé avant les secours et la gendarmerie, source PV. Que faisait-il là ? Qui en étaient les occupants ? C’est à ces questions que les occupants de la Toyota devraient répondre. Nous avons essayé de les joindre mais, personne au bout du fil pour nous répondre, quand nous avons tenté d’avoir un rendez-vous avec eux. Pour les coopérants (eux tous dans le PV), c’est la motocyclette qui a percuté seule leur voiture. Or, des traces apparentes de sang ont été remarquées sur le long de la dite voiture par les parents des deux jeunes. Nul ne comprend aussi pourquoi le prélèvement n’a pas pu se faire sur le véhicule en vue de faire des analyses pour confirmer ou infirmer les prétentions des ayants droit. Que de tergiversations ont conduit à ce que cela ne soit pas fait. Quand la pluie a commencé à tomber, les parents- Alain Natama et Adama Sawadogo- ont demandé que le véhicule impliqué dans l’accident soit couvert pour permettre au médecin de procéder au prélèvement une fois l’orage passé. Ceux-ci se sont heurtés à un refus. Nous n’avons pas pu vérifier cela du côté de la BPR, mais nous avons pu voir la bâche à laquelle allusion est faite et, il est écrit dans le PV signé par le commandant de brigade (qui n’est plus à son poste depuis le 06 septembre, selon nos renseignement, il a été muté à Tenkodogo) et deux des Opj auteurs du constat.« …entre temps, la pluie se préparait, et j’ai demandé à monsieur Kini qui avait été faire le constat de nous trouver une bâche afin de couvrir le véhicule pour que la pluie n’efface pas les traces. Il me répondit qu’ils n’ont pas de bâche. Je lui répondis : et la bâche qui est de l’autre coté ? Il me dit que cette bâche couvre des motos abîmées de leur service. Je lui dis que c’est pour juste une ou deux heures de temps, le temps que la pluie n’efface pas les traces de sang. Il me répondit par la négative. Je lui propose de faire garer le véhicule sous le hangar qui est en face. Là aussi, il m’a dit qu’il n’en est pas question car le hangar est réservé au véhicule de leur patron… » Même dénonciation dans la déposition de Adama Sawadogo. Tout porte à croire qu’il y avait quelque chose à cacher dans ce dossier ! Les ayants droit ont donc décidé d’ester en justice.

Le puzzle n’est plus ou est difficilement reconstituable.

Aux dernières nouvelles, l’assureur du véhicule a estimé que son client n’est pas impliqué dans cet accident. Pas si étonnant. Après un tel rapport de la gendarmerie, après l’effacement des traces pouvant servir de pièces à conviction, on ne pouvait attendre mieux de l’assureur. A-t-il fait une enquête approfondie ? Non, car dans la lettre de non garantie adressée par celui-ci à un des parents des accidentés, il est écrit que « après exploitation du procès-verbal de constat de la police, il ressort qu’aucune responsabilité civile de notre client... ». Tout compte fait, on aurait gagné en permettant aux ayants droit d’avoir recours à tous moyens, légaux bien sûr, pour élucider cet homicide. Maintenant que les parents portent plainte, que va-t-on leur reprocher ? Ils exagèrent peut-être ! Or, il est de leur droit de savoir tout sur les conditions de la disparition des leurs.

Par Wilfried BAKOUAN


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