Elections couplées : Le temps de François est arrivé !

Publié le dimanche 30 septembre 2012

Une nouvelle ère sans doute, avec un scrutin qui devrait signer « le Crépuscule des temps anciens ». Du moins le rêve t-on. Les burkinabè qui ont déjà fait 1978, en provoquant le premier ballotage présidentiel de l’Afrique, ne sont pas des inaptes à la démocratie. C’est vrai que chaque fois qu’on écoute « le collectif sauvons le Togo » et l’on regarde les performances électorales de l’opposition togolaise, pour ne parler que d’elle, on se dit mais, c’est pas possible ? Les burkinabè peuvent faire mieux. Quelques prémices semblent montrer que cette fois peut-être le début de la fin d’une certaine léthargie.

D’abord le fichier électoral. Il est le moins mauvais et probablement le plus proche de la réalité que nous ayons eu depuis 1991. Ensuite l’ambiance dans laquelle les listes ont été déposées pour ce scrutin. On a vu, et peut-être signe des temps, le CDP retenir les listes jusqu’à la dernière minute, avant d’aller les déposer. D’ordinaire le parti n’avait pas à s’entourer de tant de précaution. Les mécontents ne pouvaient pas grand-chose. Cette fois, la direction du parti a senti le péril. Mais elle n’est pas sortie de l’auberge pour autant. Nul ne peut aujourd’hui dire que la direction pourra gérer les mécontents, tellement ils sont nombreux. C’est une véritable purge qui a été opérée, pour chasser définitivement, tous ceux qui ont été l’âme et l’histoire du parti. La nouvelle version CDP, construite sur le « mépris d’hier » se présente au burkinabè pour adoubement. Au même moment, même si l’opposition est toujours dans sa désespérante incurie, apparaît pour la première fois, une proposition alternative. Elle n’est pas encore connue dans ses moindres méandres, mais ce sont des gens qui ont fait montre d’une certaine organisation. Or l’organisation précède incontestablement la réussite. Il faut maintenant organiser le débat nécessaire, en de pareilles circonstances pour savoir ce que chacun a dans son ventre. Osons donc croire que nous ne sommes pas condamnés à regarder les bonnes élections chez nos voisins et à applaudir les alternances qu’ils réussissent, même imparfaitement.

Par Newton Ahmed BARRY


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