Le match des listes

Publié le dimanche 30 septembre 2012

Pour une fois le dépôt des listes a constitué un premier enjeu de la bataille à venir. Le CDP a été celui-là qui avait le plus à craindre. Déposer le premier, c’était permettre aux mécontents de s’égailler. Le chiffon rouge de la radiation du parti agité, ne semblait visiblement pas suffisamment dissuasif. On a alors rusé, en déposant les listes à la dernière minute. L’UPC, que l’on soupçonne, de servir de réceptacle aux exclus éventuels du CDP, n’en aurait pas fait un point important de sa stratégie. Parce que lui aussi, avait une pléthore de candidatures de valeur. Les autres partis ont fait comme d’habitude : « chaque fois, c’est même chose pareille ».

Le combat des listes est à présent terminé. D’après les premières informations, en attendant la publication officielle des listes validées, le CDP et l’UPC seraient, en termes de qualité des prétendants, ceux qui se dégagent. Sur les principales villes du pays, ont devrait assister à un intéressant « derby » entre les deux avec des arbitrages, par endroits, de partis localement bien implantés. Mais s’ouvre aussi, la période des contentieux. Visiblement il y a eu, au regard de la stratégie cachotière du CDP, des gens qui ont préférés prendre les devants, en déposant des listes parallèles sous la bannière d’autres partis. Maintenant que les choses se sont officialisées, la chasse aux doubles inscriptions est ouverte. Ouali Armand de l’UPC que nous avons joint, en début d’après midi du lundi 24 septembre, disait en être préoccupé, dans sa circonscription, le Poni où il serait, selon toute vraisemblance, en pôle position. C’est en tout cas lui qui pilote l’UPC Poni.

 

Quelques remous probables

Dans la journée du lundi 24 septembre, il était encore difficile de voir clair dans les listes, principalement du côté du CDP. Un ami, nous a laissé entendre vers 11 heures qu’il ne savait pas « sa situation exacte », il ne lui avait pas été possible de savoir exactement son sort. Pendant les primaires, il avait été classé second chez lui. Il en a conclu « que ça ne sentait pas bon ». Renseignement pris, il n’avait peut-être pas tort de s’inquiéter. De deuxième titulaire, selon le choix des militants, il avait finalement été retenu comme suppléant. Comme lui, les prétendants ont eu un mal fou à se situer sur leur sort. L’approche retenue, selon un des bienheureux élus, a consisté à appeler individuellement les « admis » à un entretien. Mais c’était tout. Les autres étaient encore dans l’expectative. Mais ce qui est sûr, rien de ce qui a été décidé à la base n’a prévalu. La meilleure illustration a été la rétrogradation de François Compaoré en deuxième position sur la liste du Kadiogo et le grand écart qui a fait passer Kafando de 14e titulaire à premier de la liste. Mais cela s’explique sans doute. Pour sûr, la petite rétrogradation de François Compaoré, donne un argument au SEN pour retoucher l’ensemble des listes. Si on a pu faire ça à François pourquoi on ne le ferait pas aux autres.

 

La suite logique du congrès

Les premiers enseignements des listes montrent une chose au CDP. Le nettoyage entamé au congrès se poursuit. La prise en main de la FEDAP/BC est affirmée, par la décision finale de l’instance dirigeante du parti. Les corrections qui ont été faites, en dernier ressort, replacent en pôle position, les FEDAP/BC. Le changement du personnel a donc été affirmé et sera présenté aux burkinabè pour validation. C’est un gros risque, mais il est cohérent et il est dans la logique de ce qui a été entamé depuis mars 2012. C’est évidemment un tournant important. Si les burkinabè valident cette orientation, il n’y a pas de raison de la contester après. De ce point de vue, la nouvelle direction a du mérite. Elle propose à la sanction des burkinabè, ce qu’elle veut faire et comment elle veut le faire. Le seul bémol, c’est quand même le cas de François Compaoré, il ne faut pas se cacher et tirer les ficelles. Il aurait du mérite en se positionnant ouvertement comme le porte-étendard du parti au Kadiogo. On ne peut avoir fait un excellent score, comme ce fut le sien avec la base, et ne pas accepter conduire la bataille. Or là comme on le voit, il semble qu’il veut manger le piment dans la pauvre bouche de Arthur Kafando. Si le résultat est bon, François en tirera les dividendes. S’ils sont mauvais, il n’est pas en première ligne et donc, c’est Arthur et Assimi qui l’auront plein dans la gueule.

François Compaoré veut s’éviter l’humiliation de Karim Wade à Dakar.

Newton Ahmed Barry


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